Russie  : Poutine perd la bataille du rouble

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Gérard Vespierre
Gérard Vespierre (Crédits : Valérie Semensatis)
Vastes manœuvres militaires, avec la Chine et la Mongolie. Entretiens asiatiques à Vladivostok. Conférence à Téhéran sur la Syrie. La Russie se présente en acteur géopolitique mondial. Mais dispose-t-elle des moyens de ses ambitions ? Le peuple russe est fort mécontent du recul de 5 années de l'âge de la retraite. Et la monnaie russe ? Où en est-elle ? Par Gérard Vespierre, chercheur associé à la FEMO, Associé-fondateur de Strategic Conseils.

La puissance d'un pays ne peut être, dans notre monde complexe, uniquement basée sur des capacités militaires. La puissance d'un pays, dans un 21e siècle de profonde mutation, énergétique, technologique, doit fondamentalement s'appuyer sur une économie puissante, et cette règle n'est pas nouvelle...

La puissance d'un pays peut se mesurer en nombre de divisions de blindés, d'ogives nucléaires, mais aussi plus prosaïquement dans son économie et plus encore dans la force de sa monnaie. Qui ne se souvient du Roi Dollar, et de l'Impérial Deutsche Mark des années 1960, jusqu'au passage à l'euro?

La Russie entend jouer un rôle de puissance géopolitique et militaire. Mais a-t-elle les moyens économiques de cette puissance dans le long terme...? Qu'en est-il par exemple de sa monnaie...? Comment le rouble a-t-il évolué au cours des dernières années, et en particulier depuis l'arrivée au pouvoir de Vladimir Poutine...?

Le rouble depuis l'an 2000

Le graphique ci-dessous visualise l'évolution du rouble par rapport au dollar. A l'arrivée de Vladimir Poutine au pouvoir, le rouble valait 3,5 cents US. Malgré la multiplication par 6 du cours du baril de pétrole brut, entre les années 2000 et 2014, en dollar courant, le cours de la monnaie russe a continué à s'affaiblir.

Pour une économie principalement assise sur les matières premières et en particulier énergétiques, pétrole et gaz, on aurait pu s'attendre, avec une telle progression du prix du pétrole, à constater une réelle embellie économique et en conséquence une amélioration du taux de change de sa monnaie.

Or c'est justement l'inverse qui se produit... Le rouble perd sur cette période 15% de sa valeur.

cours du rouble

Après une période de stabilité de plusieurs années, autour de 3,5 cents US pour 1 rouble (en mettant de côté les variations liées à la crise monétaire de 2008), le taux de conversion du rouble a connu une première vibration négative, non pas au début du décrochage des prix du baril, en septembre 2014, mais dès juin 2013 au lendemain des premières menaces prononcées par Vladimir Poutine envers l'Ukraine. Si ce pays s'avisait de se rapprocher de l'Union européenne.. il fallait que l'Ukraine s'attende à des rétorsions ! Le rouble accusait alors une perte de 10%, 5 mois plus tard, à 3 cents US, 10 mois avant la chute des prix du pétrole.

Les acteurs économiques, les marchés financiers ont horreur des menaces, donc des incertitudes, et traduisent leurs craintes du futur par un taux de risque, dans ce cas, une décote du taux de change.

Quelles ont été les variations du pétrole pendant la gouvernance de Vladimir Poutine ?En quinze ans, de 1999 à 2013, c'est-à-dire de l'année précédant l'arrivée de Vladimir Poutine au pouvoir à l'année précédant la chute de prix du baril de pétrole, ce dernier est passé du prix moyen annuel de 18 dollars (en 1999) à 108 dollars (2013). Pendant les 14 premières années de la gouvernance Poutine/Medvedev, le cours moyen du baril a été multiplié par ... 6!

De plus, pendant cette même période le volume de pétrole brut produit par la Russie est passé de 6 millions de baril par jour à 10,5 millions de barils par jour... Des revenus du pétrole donc au total multiplié pratiquement par ...10! Formidable accroissement de ressources... 14 années glorieuses en terme de revenus pour l'Etat russe, puisqu'un tiers de ses revenus provient de l'exportation du gaz et du pétrole... Le rouble aurait donc dû pendant cette période s'apprécier de façon substantielle...

Mais, l'arbre pétrolier n'est pas parvenu à cacher la forêt des réalités économiques. Au cours de cette même période, le rouble a en effet vu sa valeur passer de 3,5 cents US à 3 cents US soit une perte de 15%. Perte de valeur de la monnaie alors que le pays voyait ses revenus pétroliers multipliés par 10... On comprend dès lors beaucoup mieux l'impact de la baisse des prix du pétrole sur la valeur de la monnaie russe.

La période de la chute du prix du baril

Après cette période pétrolière très favorable allait survenir la révolution du pétrole de schiste aux Etats-Unis. Ces derniers par ce nouveau type de production pétrolière augmentaient leur production journalière moyenne, chaque année, à partir de 2012, de 1 million de barils par jour. Cet accroissement de production conduisit à une réduction des achats de pétrole de l'Amérique sur le marché mondial, donc à un excédent d'offre, et à son corollaire la baisse des prix à partir de septembre 2014.

Le graphique ci-dessous compare l'évolution du cours du baril de Brent (base 100 en septembre 2014) avec le cours du Rouble (base 100 à la même date). De cette date jusqu'à l'été 2017, soit pratiquement 3 années, le rouble et le cours du Brent suivent parfaitement, en parallèle, les mêmes évolutions.

rouble brent

Mais un décrochage et une inversion de tendance apparait à l'été 2017. Malgré la remontée continue du prix du Brent, le taux de change du rouble est resté stable (1,7 cent US) jusqu'au printemps de cette année, pour descendre à 1,4 cent US, en opposition avec la remontée du brut (rectangle bleu sur le graphique).

Les causes du décrochage

Comment expliquer cette absence de remontée de taux de change du rouble malgré la hausse continue du prix du pétrole... ?

Pendant l'été 2017, les Etats-Unis ont décidé de durcir leurs sanctions contre la Russie, en ciblant les sociétés russes du secteur de l'armement et de l'aviation, Rosoboronexport, kalachnikov, Sukhoï, Tupolev. Et ces dispositions sont d'autant plus impactantes qu'elles ne visent pas directement ces entreprises mais leurs clients qui pourraient avoir des liens avec les Etats-Unis. Les nouvelles dispositions de la loi américaine CAATSA, (Countering America's Adversaries Through Sanctions Act) proposent d'appliquer des sanctions à toute entreprise étrangère établissant des échanges commerciaux avec ces sociétés russes sous sanction, tout en bénéficiant de liens avec des entreprises américaines ou de financement en dollar.

Le secteur des ventes d'armement étant le principal secteur industriel d'exportation après le pétrole, les conséquences économiques ont été un nouvel affaiblissement de la monnaie russe, en décrochant par rapport au baril.

A cela il convient d'ajouter que le cours du rouble n'a pas été dans la période 2016-2018 la priorité du gouvernement. L'objectif numéro un a été de faciliter la reprise de l'économie russe par une baisse des taux d'intérêt. En effet, pendant cette période de deux années, la banque centrale russe a fait passer son taux de 11% à 7,25% par des baisses alternativement de 25 ou 50 points de base, et ceci en moyenne toutes les 6 semaines. Une telle stratégie baisse le rendement monétaire, donc ne favorise pas l'achat ou la conservation de roubles.

Les causes de l'inversion

Une nouvelle phase apparaît au printemps 2018. Malgré la remontée du prix du pétrole, le rouble continue de s'affaiblir, une situation encore jamais rencontrée.

A la situation économique russe de faible croissance (1,7% en 2017) vont venir s'ajouter les conséquences de deux situations politiques l'une américano-russe, l'autre... anglo-russe, nommément les conséquences des ingérences russes dans l'élection présidentielle, et la tentative d'assassinat sur le sol britannique de l'ex-agent russe Sergueï Skripal.

Dans un rapport, la commission des Affaires étrangères de la Chambre des Communes indique qu'il est nécessaire de renforcer les sanctions nationales et internationales, contre la Russie et que la "taille des marchés financiers londoniens et leur importance pour les investisseurs russes donnent une emprise considérable au Royaume-Uni sur le Kremlin". De telles prises de position ne peuvent avoir que des répercussions négatives sur le rouble.

Dans le domaine pétrolier, ExxonMobil annonce le 1er mars sa décision de se retirer de ses projets communs avec la société russe Rosneft. Ce retrait s'accompagne d'un versement de 200 millions de dollars, en dédit de cette annulation de contrat. Ces deux géants des hydrocarbures avaient signé en 2011 un partenariat stratégique et avaient multiplié ensuite les projets communs à l'étranger, comme en Russie.

ExxonMobil justifie sa décision par le renforcement des sanctions américaines ces derniers mois, sur fond d'accusations d'ingérence dans la présidentielle américaine de 2016, le dirigeant de Rosneft, Igor Setchine étant de plus, un proche de Vladimir Poutine. Perspective négative sur la principale richesse russe, les hydrocarbures, et donc impact sur la monnaie russe.

Mais l'impact le plus significatif est intervenu quelques semaines plus tard, au début du mois d'avril. Bien qu'étant accusé de faiblesse vis-à-vis du Kremlin, le Président des Etats-Unis a annoncé le 6 avril un ensemble de mesures contre 14 entreprises russes et 24 de leurs dirigeants, ou officiels russes. La société la plus touchée fut le groupe de production d'aluminium Rusal (7% de l'aluminium mondial) qui en a perdu 50% de sa capitalisation boursière, soit 3,5 milliards de dollars.

Le lundi suivant la Bourse de Moscou perdait 11% de sa valeur. Le rouble ne pouvait que suivre, en descendant à 1,4 cent US.

Les conséquences de cette situation

Après avoir baissé régulièrement ses taux d'intérêt, la Banque centrale russe a marqué une pose de six mois, et vient, après ce nouveau glissement du rouble, en septembre, de décider d'inverser sa politique et de procéder à une remontée de son taux de 25 points de base, à 7,5%.

Si une telle mesure est naturellement destinée à « envoyer un signal au marché », à savoir, la Banque centrale est prête à prendre les décisions nécessaires à la défense de sa monnaie, il n'en demeure pas moins que cela va à l'encontre de la politique économique visant à alléger le coût d'investissement, des entreprises, et des ménages. En outre, cette nouvelle baisse du rouble en 2018 va relancer l'inflation par la hausse des prix des produits importés, qui cette année devrait approcher les 4%. Ces difficultés économiques ont conduit le gouvernement russe a annoncé en septembre la révision à la baisse, à 1,3% seulement, du taux de croissance de l'économie pour 2019.

Enfin, au vu de ce panorama chiffré, il convient de réfléchir aux nombreux commentaires et déclarations qui considèrent les sanctions économiques internationales à l'encontre de la Russie comme inefficaces...

La situation de l'économie russe tend à démontrer le contraire, dans ses fondamentaux comme dans ses perspectives, surtout si l'on intègre la hausse régulière du prix du pétrole depuis maintenant plus d'un an. Il atteint même un niveau supérieur à 80 dollars, à cause des... sanctions américaines... contre l'Iran. Cette hausse inattendue donnera-t-elle quelques répits au rouble et à l'économie russe ?

Les sanctions contre les uns pourraient-elles profiter à d'autres?

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Commentaires
a écrit le 15/10/2018 à 8:33 :
Toujours garder a l'esprit. L'ours russe est fort. Ne jamais sous estimer la Russie. Trump va s'en rendre compte sous peu.
a écrit le 12/10/2018 à 11:34 :
j'aimerai bien voir les commentaires
a écrit le 11/10/2018 à 18:46 :
" Poutine perd la bataille du rouble" Euh... contre qui, le dollar peut être ? C'est douteux quand on voit le bilan la FED, la dédolarisation qui se met en place, les 103 millions d'américains sans emploi. Poutine encaisse pas trop mal les "sanctions" US : PIB 2018 prévu :1,8%, dette publique 14 % , taux de chômage 5,4, dette extérieure brute 30 (source WIIW ). D'une part, les "sanctions" US sont néfastes pour les européens : cas de l'Iran en particulier, mais aussi agriculture et industries. D'autre part, elles stimulent l'auto-suffisance de la production russe et réduit ses importations. En attendant la chute du dollar, Poutine, comme les chinois, accroit les réserves d'or.
Réponse de le 14/10/2018 à 10:57 :
Le ''Gag'' d'Alban qui fait le propagandiste :)

103 millions d'américains sans emploi ?

Taux d'emploi aux États-Unis selon l'OCDE, 70,7 % de la population au 3e trimestre. En Russie ? 60,5 en reprenant la même méthode de calcul :)

Et il annonce encore que le GRU est blanc comme neige alors même les responsables du FSB annoncent que l'affaire Skripal à était mal ficelé par leurs collègues ?!? :) Il n'a pas à honte d'écrire cela alors que les journalistes RUSSES ont mème démontré que ces deux gus étaient bel et bien des agents dont un décoré par Poutine lui même ?
a écrit le 11/10/2018 à 9:32 :
L'auteur ne comprend pas bien dans l'économie russe, ou essaie d'induire en erreur.

Malgré la politique étrangère dure de la Russie (l'empoisonnement faux de Sergei Skripal en grande-Bretagne (skripal vivant-sain), ou la fausse "ingérence dans les élections américaines" (après les élections n'ont même pas fait le recomptage manuel des voix) ne font pas partie de la politique étrangère de la Russie), dans le domaine financier de la Russie un échec complet.
Nos autorités financières sont pleinement obéissantes au FMI.
Ils exécutent ses instructions à fond. Le FMI a ordonné d'arrêter de stabiliser le taux de Rouble en 2014. Et le ministre des Finances et le chef de la banque centrale ont respecté l'ordre.
Par conséquent, le taux de change du Rouble, personne ne règle les spéculateurs de devises (étrangers) font ce qu'ils veulent avec lui.
Par conséquent, il s'avère une situation étrange, les prix du pétrole augmentent, et le taux de change du Rouble diminue.
Sur le plan financier, nous sommes une colonie pathétique de sociétés transnationales.
a écrit le 11/10/2018 à 7:03 :
Sohu (Chine): Répondez aux États-Unis! La Russie a annoncé qu'elle utiliserait l'euro comme monnaie calculée pour le trading de pétrole! Le dollar n'inspire pas la sympathie?

http://business.sohu.com/a/258054404_255047?spm=smpc.ch15.fd.4.1538914193082I0Ve5TY
a écrit le 10/10/2018 à 20:12 :
>>Mais a-t-elle les moyens économiques de cette puissance dans le long terme...?
Evidemment, non. Les raisons sont : A. son PIB n’est pas énorme et le PIB per capita faible.
B. la production du pétrole est à un niveau bien élevé, mais il reste peu de pétrole facile à extraire. Déjà une baisse de la production a commencé sur les gisements clés. Tout cela avec une dépendance critique des fournisseurs occidentaux au niveau des technologies.
C. Les dépenses liés à l’armée, forces d’ordre etc., c’est au moins 25% du budget de la Russie, certains disent vers 40%. C’est trop, même par rapport à l’époque de l’URSS. Egalement, cela crée des conflits entre les « siloviki » et le reste de la population.
D. L’efficacité des dépenses est telle que malgré cette manne financière (achat d’armement, une bonne part des fournisseurs d’armement sont au bord de la faillite. Plusieurs (mais pas tous !) secteurs ont du mal à développer et à produire, par exemple, le secteur naval hors sous-marins.
F. c’est le pont essentiel. La plupart des élites russe y compris soi-disant « patriotique » ont toujours des actifs et des familles en Occident, en commençant par le chef d’Etat. Donc, il y a un gros conflit dans les élites lié aux exercices « géopolitiques » et aux sanctions. Les sanctions frappent surtout les élites, même si certaines sont sensibles au niveau économique et technologique. Pour l’instant elles sont assez faibles, mais il y a encore un gros potentiel d’endurcissement, et on le verra.
Réponse de le 11/10/2018 à 7:07 :
Waouh! Que devrions-nous faire maintenant?
Réponse de le 11/10/2018 à 8:23 :
Très bien, si vous ne comptez qu'en dollars. Mais en Russie, le budget est constitué de roubles. Et si vous traduisez les chiffres en parité de pouvoir d'achat, la Russie est la 6ème économie mondiale. À venir uniquement en Chine, aux États-Unis, en Inde, au Japon et en Allemagne. Dans le même temps, la différence entre l'Allemagne et la Russie n'est que de 10%. Si la valeur des dollars augmente en Russie, cela signifie que le budget russe reçoit un profit important en roubles! Et si le budget russe a beaucoup de roubles, il peut le dépenser pour différentes choses, y compris des armes. La Russie est sauvée par le fait qu'elle produit 90% de ses composants pour des armes sur son propre territoire. Les ouvriers reçoivent un salaire en roubles, des matériaux sont achetés pour des roubles, des armes pour des roubles vendues à l'armée russe! Mais pour l'exportation, cela vaut pour des dollars, pour le moment.
Réponse de le 11/10/2018 à 12:20 :
@Ceprei: Vous? D'abord pour dire que faire, il faut comprendre qui est "vous". Vous savez, la stratégie dépend de la position et de la situation de la personne à agir. Pour l'instant, je ne peux que vous répondre par une ancienne blague soviétique: Il faut s'enrouler dans un drap et lentement s'avancer vers le cimetière. Lentement pour ne par créer la panique.
Réponse de le 11/10/2018 à 12:36 :
@SUSUL: Les calculs par PPA permet de mieux comparer la quantité des produits/services créés, mais pour la puissance extérieure il faut compter en dollars/euros. 25-40% pour les "siloviki", c'est beaucoup trop, peu importe en roubles ou pas. Le prix et les couts en roubles? Oui, mais ils s'alignent pour la plupart sur ceux dans le monde. Par contre, ce n'est pas le cas pour les salaires en Russie. En tous cas ce que vous dites n'annule pas mes points B,C,D et F (j'ai supprimé, par hasard, le point E).
a écrit le 10/10/2018 à 20:11 :
ll est trop simpliste de parler uniquement sur le cours de la monnaie dans le contexte de la puissance et le développement économique. En tous cas il y a une certaine confusion des notions, pas uniquement dans cet article, mais en général.
>>La Russie entend jouer un rôle de puissance géopolitique et militaire.
Le mot clé est « éntend ». La puissance géopolitique et militaire de la Russie est basée dans sur les restes de l’armement nucléaire. Certes, la situation dans l’armée a énormément progressé par rapport aux années 90, mais j’ai de forts doutes qu’elle est capable de vaincre facilement une bonne armée du pays moyen (e.g. Turquie, Pologne). Pour ce qui concerne la géopolitique, certains pensent que les interventions russes dans différents endroits sont une signe de la puissance, tandis qu’en réalité c’est la signe des graves problèmes avec le pays, et, je n’exclue même que ce soit la signe d’agonie. Mais, effectivement, la Russie peut causer des problèmes. Cependant, en cours des dernières années, la Russie de Poutine a perdu presque tous les alliés réels ou potentiels, des sympathies dans de nombreux pays traditionnellement favorables, sa réputation, les semblants de l’idéologie dont elle possédait, et a montré sa faiblesse au niveau économique et technologique et même militaire (par exemple, 30 avions et hélicoptères perdus en Syrie, c’est pas rien).
a écrit le 10/10/2018 à 18:34 :
Magnifique article.
On pourrait presque croire.
Juste un détail: La Russie à pour politique officielle de développer la substitution aux importations. Un rouble faible l'arrange en surenchérissant les produits étrangers. Ca fonctionne comme une barrière douanière. Pourquoi l'article n'envisage t'il pas que le Kremlin puisse seréjouir de la chute de rouble qui soutient sa politique? (Je n'ai pas dit que ca arrangeais la Population merci de lire correctement)
a écrit le 10/10/2018 à 10:25 :
Les résultats économiques de la Russie, moins prospère que la France, ne sont pas extraordinaires, mais ils n'ont rien de catastrophique malgré les sanctions, l'isolement géo-politique et l'effort de guerre : 1,5 % de croissance en 2017 (probablement plus en 2018 avec la hausse du cours du pétrole), 7e PIB du monde en parité de pouvoir d'achat (le rouble est sous-évalué), chômage de 5,5 %, taux de pauvreté 13 %, en synthèse indice de développement humain (IDH) de 82, à peu près comme la France. La Russie bénéficie de son voisinage avec la Chine et l'Europe.
a écrit le 10/10/2018 à 8:59 :
En fait , il y a 2 cours du rouble.
Le cours en economie libre qui se situe dans les 50 roubles par euros.C'est un cours justifié par le fort niveau d'exportation de matières premieres, mais ces exportations sont tellement importantes qu'elles conduisent a une surcote du rouble pour les productions industrielles, De meme que l'or du nouveau monde en enrichissant l'espagne avait reduit sa competitivité economique, La russie est victime de cette richesse.
Le cours de 70 roubles par euros est le cours en economie de guerre.Les sanctions a répetition forcent la russie a etre competitive sur tous les produits, Elle ne l'est pas a 50, mais elle l'est a 70.La guerre occidentale contre la russie n'etant pas prete de s'arreter , on va rester dans les 70 et la russie du fait de ses exportations va degager un tel surplus que son probleme est de l'utiliser.La réponse actuelle est l'achat d'or.
La russie grace aux sanctions est condamnée a etre competitiive dans tous les domaine, et c'est ce uq'elle est en train de gagner.
a écrit le 10/10/2018 à 8:39 :
"Ingérence russe, de l’obsession à la paranoïa" https://www.monde-diplomatique.fr/2017/12/MATE/58207 (article gratuit)
a écrit le 10/10/2018 à 8:07 :
AH ! si la Russie regagnait l'Europe ! quel changement pour nous tous !! nous deviendrions invulnérable sue le plan économique ! de plus nous sommes du même continent avec des valeurs dont les racines sont identiques mais cette foutue politique nous en empêche !!
a écrit le 09/10/2018 à 23:30 :
Celui qui a fait cette analyse est totalement ignorant. Sans aller plus loin, expliquez nous, cher Monsieur, pourquoi 1 dollars américain = 120 yen japonais ?
La dernière bataille de Poutine est celle de "nationaliser" la banque centrale russe. Le jour où cela arrivera, le rouble sera épauler par les ressources dont aucun autre pays dispose. Mais pour l'instant, et à cause de la chute de l'URSS, ne fait que ce que bon lui semble.
a écrit le 09/10/2018 à 20:28 :
Avec un taux de chômage réel de 30 % de la population active -hors fonction publique- avec l' explosion notoire des chômeurs de catégorie A cad ceux en recherche d' emploi mais sans emploi-, il semble évident que la France fait envie et la situation fournit d' abord le prétexte à scalper -là encore- les acquis ..

http://www.economiematin.fr/news-le-vrai-chiffre-du-chomage-en-france-30-preuves-et-explications-
http://maviemonargent.info/les-vrais-chiffres-du-chomage-en-france/

Je peux aussi vous alimenter sur les vrais chiffre du chômage us qui est du même tonneau, 45 millions d' abonnés aux Food Stamps et 50 déclarés invalides !

Toujours pas une petite envie de Russie ?
Réponse de le 09/10/2018 à 21:53 :
non, vraiment pas. Sinon quel temps à Moscou ces jours si camarade?
Réponse de le 09/10/2018 à 22:53 :
@nico Tu vois, t' es vexé ...! Pas de quoi, nasdrovia, sans rancune ?
Réponse de le 10/10/2018 à 1:51 :
Les vrais chiffres du chômage : 20 % en France et 15 % aux Etats-Unis.
La voilà la vérité qui fait mal !
Réponse de le 10/10/2018 à 19:33 :
@Mickey: 1. Déjà vos chiffres sont mal calculés, même si le chômage réelle est supérieure aux chiffres officiels. 2. Quel est le rapport avec l'envie de la Russie? En Russie tous les chiffres officiels sont encore plus bidons, beaucoup d'emplois sont payés même au dessous de SMIC qui est vers 150 euros. Vous voulez pas une généreuse retraite de 80 Euros? C'est pourtant l'exemple de quelqu'un de ma famille! La moyenne est vers 200 euros avec le niveau de prix comparable à la France sauf énergie et certains services.
a écrit le 09/10/2018 à 19:59 :
La faiblesse monétaire russe tient plutôt aux mauvais choix de politique monétaire effectués pour répondre aux conséquences de la crise ukrainienne. Face à la montée des sanctions des occidentaux, des fuites massives de capitaux ont été opérés de russie. Pour y faire face, le taux de la banque centrale est montée de 6 à 17% à son plus haut en 2015. La décrue s'est ensuite opérée au fur et à mesure que la situation s'est stabilisée avec les différentes promesses de cessez le feu. L'intervention russe en syrie (qui est à mon sens une erreur) a reprovoqué des tensions et au fur et à mesure des sanctions, il a été de plus en plus difficile de continuer la décrue des taux. L'erreur est d'avoir voulu gérer le marché monétaire en mode marché justement : la hausse des taux jusqu'à 17% a totalement étouffé l'économie russe et a plus expliqué ses difficultés que le pétrole. Il aurait fallu répondre aux fuites de capitaux par le contrôle des capitaux. la Chine pendant la crise fin 1990, l'avait fait avec succès. Le contrôle des capitaux évite la montée des taux et l'étouffement de l'économie. Il évite ainsi l'effondrement du rouble et la difficulté supplémentaire qui consistait à rembourser des emprunts en dollars (naîveté des russes qui après la chute de l'urss ont cru être traité comme une nation européenne comme les autres et ont empruntés en monnaie étrangère... C'est d'ailleurs le début de cette déception, qui a commencé fin des années 90 au vu des conséquences des politiques dites "libérales" qui a expliqué la venue de poutine au pouvoir. Poutine qui a ensuite été bien content de trouver les pouvoirs du président russe élargis grâce à Eltsine, (celui qui se pliait joyeusement à ce pseudo libéralisme inspiré par les US), et à sa présentation du pseudo coup d'Etat de 1993 : Poutine n'est que la conséquence de la politique US, comme d'habitude j'ai envie de dire...)
Réponse de le 10/10/2018 à 9:08 :
Il n'y a pas eu de sortie de capitaux de russie a proprement parlé car il n'y avait pas de capitaux etrangers a sortir.Juste des problemes de refinancement par les societes russes ayant eu la legereté de s'endetter en devise.Actuellement la plupart des société russe sont tres rentables et autofiancent leurs investissement plutot que d'emprunter.La hausse des taux a été le systeme de lutte contre la speculation anti russe decelnchée de l'etranger.Ce n'est pas de la paranoia.Il y a eu un mailing massif venat de l'etranger qui annoncait une quasi faillite de sberbank, sans aucune autre justification que de provoquer une panique bancaire. Pour memeoire, sberbank est probablement la banque la plus solide financierement au monde.La baisse concertée du petrole afin de couler la russie organisée par les accidentaux a egalement joué un role.Comme la russie a l'habitude de tous ces coup tordus, sont economie est devenu presque insensible a ces levier, d'ailleurs sa croissance va probablement depasser celle de ue cette année, malgres les sanctions.
Réponse de le 10/10/2018 à 20:06 :
@leon: Votre information vient de Sputniknews ou une source encore plus "fiable", parce que c'est trop même pour eux? Il ya des capitaux étrangers, et il y a bien la fuite des capitaux russes (19 mlrd. USD pour le troxième trimestre). Pour ce qui le Sberbank, certes, elle est stable, mais de là à faire des éloges. Pour moi qui connait personnellement des personnes dans son management moyen-supérieur, c'est ridicule.

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