Sanctionner, renoncer et se recentrer

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(Crédits : Reuters)
Le mouvement des gilets jaunes montre que les raisons du mal-être sont profondes et que les remèdes classiques ne fonctionnement plus. Que faire? Par Cécile Philippe, Institut économique Molinari.

Dans une société civilisée, les exactions, les incendies, les vols, les destructions ainsi que toutes les autres violences physiques et matérielles ne devraient pas être acceptées. Elles devraient être sanctionnées moralement, par tous ceux qui croient au règlement pacifique des conflits, et par les autorités. Il ne s'agit pas de minimiser la peine, la peur ou l'exaspération de ceux qui manifestent depuis plusieurs semaines, mais de rappeler que la résolution consensuelle et pacifique des conflits est une clef du vivre ensemble. C'est dans ce cadre que le renoncement du gouvernement à des réformes inutiles, complexes et coûteuses permettra un recentrage nécessaire autour du vrai enjeu, la baisse de la dépense publique.

Il faut expliquer la paix

On oublie trop souvent que c'est un véritable miracle de pouvoir sortir de chez soi sans craindre que quelqu'un vous cherche des ennuis voire d'être assassiné par un rôdeur. Plus encore, c'est un accomplissement sans précédent que de parvenir à coopérer avec de parfaits étrangers. Grâce à nos règles morales, nos conventions, nos institutions, nous sommes en mesure de dépasser nos instincts tribaux privilégiant les liens du sang. Cela nous permet d'élargir nos loyautés à des groupes beaucoup plus larges allant jusqu'à la Nation, voire plus loin. Dans un grand nombre de cas - notamment dans les échanges commerciaux internationaux -, nos loyautés sont mondiales. Bref, dans le règne animal, nous sommes une exception, comme le souligne à juste titre Steven Pinker. La violence est naturelle et c'est donc la paix qu'il faut expliquer. Quand on en bénéficie, on devrait veiller à la protéger en comprenant justement ce qui est important à sa préservation.

L'un de ces éléments, c'est l'emploi des forces de l'ordre pour cesser la violence physique, tout en permettant à la violence verbale de s'exprimer. C'est faire en sorte que les gilets jaunes puissent clamer leur exaspération face à un pouvoir d'achat en berne, sans que cela dégénère dans la rue. Car qui en France peut nier qu'il y a un problème de pouvoir d'achat ? Comment certains peuvent-ils encore défendre l'idée qu'il est possible d'augmenter les taxes ? Dans un pays champion de la fiscalité sur le salarié moyen, il est clair que nos pouvoirs publics détiennent la palme de l'optimisation fiscale. Il n'y a plus de marge pour augmenter les prélèvements obligatoires. Les déplacer crée des mécontents et réduit les rentrées fiscales, en diminuant encore davantage les incitations à créer de la richesse.

La mauvaise idée du prélèvement à la source

Par conséquent, les récents renoncements fiscaux du gouvernement Philippe sont de bon augure. Ils sont sans doute insuffisants. Pensons à ce qui risque de se passer en janvier avec la mise en place du prélèvement à la source et une opinion publique chauffée à blanc. Mauvaise idée dès le départ, cette réforme l'est encore plus aujourd'hui. Quand nous allons recevoir nos nouvelles fiches de paie et constater visuellement - en l'absence d'une remise en ordre des dépenses publiques - l'importance du fardeau fiscal, la colère risque de gagner encore en intensité.

Véritable serpent de mer, le prélèvement à la source a été appliqué en France de 1940 à 1948 avant d'être abandonné en raison de sa complexité. Près de vingt ans plus tard, Michel Debré avait lancé une initiative en faveur de sa réintroduction en 1966. Elle avait été abandonnée suite à l'hostilité des organisations syndicales à l'égard de cette mesure réduisant facialement les salaires nets. Valery Giscard d'Estaing a été tenté, lui aussi, par la démarche en 1973. À nouveau, le gouvernement recula de peur que le prélèvement à la source n'entraîne des revendications généralisées de la part de salariés qui auraient pu considérer, à la lecture de leur feuille de paie, que leur pouvoir d'achat était en berne. Plus proche de nous, Thierry Breton avait travaillé sur la question en 2007, tout comme Jean-Marc Ayrault en 2013, avant que Manuel Valls remette le sujet en selle en 2015. Le président Emmanuel Macron a hérité d'un cadeau empoisonné de l'ère Hollande. Il ferait bien d'y renoncer pour se recentrer...

Renoncer n'est pas capituler

Car renoncer n'est pas capituler mais, au contraire, revisiter ses priorités et modes d'actions. Le mouvement des gilets jaunes montre que les raisons du mal-être sont profondes et que les remèdes classiques ne fonctionnement plus. La méthode traditionnelle, le déplacement de fiscalité entre catégories de contribuables, s'est enrayée. Il va falloir traiter différemment le mal français, trop de dépenses publiques, trop de charges et un Etat qui vit à crédit. C'est avant tout parce que nous avons choisi de confier la protection sociale à un monopole coûteux. Mieux payé que le Suédois ou le Danois, le salarié moyen français dispose de 21 % de pouvoir d'achat en moins que le premier et de 33 % en moins que le second. À elles seules, les charges sociales (28.039 euros pour un salarié moyen, 1er rang de l'UE) représentent plus que le pouvoir d'achat réel (24.582 euros, 11e rang).

Cette façon de faire est unique. Elle réduit par ailleurs considérablement les capacités d'action de l'Etat, dont les ressources sont diminuées à due proportion de celles accaparées par la protection sociale. La situation est d'autant plus tendue que notre système coûteux ne délivre plus ses promesses : les retraites et les soins de santé sont en voie de rationnement administratif. Les « assujettis » se rendent compte que le rapport coût/qualité n'est plus au rendez-vous. Première de l'Union européenne en taux d'imposition réel du salarié moyen, la France n'est que 12e en termes de santé perçue et de satisfaction vis-à-vis de la vie.

Il est donc urgent que le gouvernement revisite ses priorités et modes d'actions. Il est l'indispensable de baisser la dépense publique et les impôts, afin de redonner du pouvoir d'achat aux Français et des marges de manœuvre financières à l'Etat. Pour cela, le gouvernement devrait renoncer aux réformes inutiles et coûteuses pour se mettre en ordre de marche pour baisser la dépense publique, en s'appuyant plus sur les mécanismes concurrentiels qui fonctionnent chez nos voisins. C'est ce qui permettra d'annoncer une baisse radicale de la fiscalité et de restituer du pouvoir d'achat aux Français.

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a écrit le 09/12/2018 à 10:06 :
Une étude d'économiste indépendant et non marxiste soutenait que la SS serait gagnante ainsi que les assurés et les malades en récupérant les sommes investis dans les mutuelles et les assurances privés !
N'oublions que le pays qui dépense le plus au monde en pourcentage de PIB pour la santé sont les USA, système totalement privé, qui sont un des plus inégalitaires dans la couverture médicale et qui réduit le plus les soins aux patients.
a écrit le 08/12/2018 à 13:03 :
Cet article est scandaleux de mauvaise fois .Le salaire brut français ,ce que l'entreprise debourse au total est dans la moyenne européenne .Nous avons des assurances sociales obligatoires un vrais joyaux que le monde nous envie .Ne rien payer du toubib au labo ,du pharmacien à l'hopital avoir quoi qu'il arrive une retraite correcte assurée.Dans les autres pays comparatifs ,LES GENS METTENT LA MAIN A LA POCHE DANS TOUT LE PARCOURS MEDICAL !!Les français n'ont pas de pouvoir d'achat !!!!!!Nous sommes le pays occidental OU NOUS ECONOMISONS LE PLUS alors que nous avons une retraite assurée ce que n'ont pas les autres pays qui cotisent en bourse !Faut arreter de dire des mensonges et dans quels buts ces manipulateurs de l'opinion le font ils ......
a écrit le 07/12/2018 à 23:46 :
Quelles âneries! Privatiser la sécu, c'est ce que rêve les AXA et Cie. Les mutuelles ça coûte plus cher que la sécu. La bonne solution c'est la sécu couvrant 100% des soins, ça fera des économies et une meilleure couverture.
Cette Cécile Philippe fait semblant de comprendre le malaise social, mais ce qu'elle propose c'est la continuité imbécile des "réformes" à la Macron.
Bon, c'est normal, l'Institut Economique Molinari! j'ai tort d'y accorder plus d'attention.
Réponse de le 08/12/2018 à 9:38 :
Baptisé du nom de Gustave de Molinari, économiste et journaliste franco-belge, qui a œuvré toute sa vie à promouvoir l'approche politique économique libérale, l'IEM se présente comme un organisme de recherche et d'éducation ayant pour objectif d'influencer les parlementaires, les journalistes et les faiseurs d'opinion dans le but de favoriser une politique économique libérale. Bref, du pro Macron cet institut.
a écrit le 07/12/2018 à 20:27 :
Ressources intrinsèques . Source : Eurostat . 2017 .
Belgique Tchéquie Allemagne France Italie Pays-Bas Autriche Suède UK
6.505 € 4.664 € 9.605 € 5.125 € 5.079 € 6.265 € 9.688 € 9.127 € 5.331
3,82% 22,08% 28,02% 4,35% -1,30% -7,17% 10,19% -0,98% 2,33%
6,42% 2,28% 0,37% 4,66% 3,30% 4,12% 5,60% 8,84% 6,88%
401 € 9.616 € 264.596 € -40.956€. 55.773 € 70.883€ 932 € 1.277€ -156.313

Soit la Valeur Ajoutée des branches Agriculture + Industrie , hors construction, + les Exportations de Service + les Recettes et Dépenses en provenance ou à destination du Reste du Monde : le total des revenus du ménage France ( sans les trocs de services qui font le plus gros du Revenu National Brut ) divisé par le nombre d'habitants , en euros courants
Soit la Variation en pour cent de 2008 à 2017
Soit la variation du nombre d'habitants de 2008 à 2017 - pour info .
Soit le solde du Commerce Extérieur de biens , en millions d'€ en 2017 .
Constat : la France cumule les mauvais résultats , elle est la deuxième plus mal en point des économies de l'Europe de l'Ouest , après le Royaume-Uni , et en plus les investissements en machines et équipements productifs de l'industrie manufacturière par an et habitant sont la moitié de ceux des autres pays , stock et acquisitions ; ce qui est un verdict de mort si ça ne change pas très vite .
Second constat : les augmentations de revenus des dix dernières années ont été une inflation , non une allocation de ressources
Et donc la révolte des gilets jaunes est née de la détresse et de la pauvreté croissante et ressentie , la France devient une nation de mileuristas sans la frugalité et la patience des Espagnols .
C'est une émeute de la faim que le Pouvoir ne pourra rien faire pour apaiser ou éteindre durablement , sinon abroger la Cinquième République et y substituer une démocratie fédérale à l'Allemande , en renvoyant le travail de résurrection aux Régions .
Il faut une nouvelle Révolution pou abattre un nouvel Ancien Régime en faillite comme l'ancien .
a écrit le 07/12/2018 à 18:07 :
"que les remèdes classiques ne fonctionnement plus"

Les remèdes classiques ???
a écrit le 07/12/2018 à 17:50 :
Je ne sais pas si vous avez essayé de rester à genoux sans protection.

C'est plutôt inconfortable. Au bout de 10 min, c'est pénible, au bout d'une 1/2 heure, sauf entraînement c'est douloureux.

Certains des gosses "interpellés" ont été obligés à rester près de 4 heures dans cette position avant d'être évacués par la police, c'est de la torture. Pas étonnant qu'ils pleurent.

Je pense que certains policiers ont terminé leur carrière hier et Mr Castagneur aussi.
Réponse de le 08/12/2018 à 0:44 :
Une information tronquée est toujours gênante, si ces jeunes ont été arrêtés, ce n'est peut-être pas par hasard. Il me semble que les banlieues parisiennes sont connues pour ne pas être tendres avec les policiers et les pompiers. Vous l’ignorez peut-être mais les pompiers de Paris et de RP sont régulièrement agressés par certains jeunes au point que certains d'entre-eux se retrouvent défigurer par des brûlures causées par des coktail molotov, tout ça pour oser vouloir éteindre un incendie volontaire... et cela depuis une trentaine d'années.
Les mouvements lycéens actuels sont particulièrement violents, quoi d'étonnant si les forces de l'ordre ont été attaquées qu'elles arrêtent des jeunes ? Emmener au poste de police 130 personnes ne se fait pas en un claquement de doigts et obtenir de jeunes plus ou moins excitables qu'ils restent tranquille n'est pas facile, sinon les profs de France et de Navarre ne seraient pas si souvent débordés.
Peut-être auriez-vous préféré que les policiers laissent la situation se dégrader et que certains jeunes soient grièvement blessés dans des échauffourées afin que les autres puissent s'amuser aux dépens des forces de l'ordre sans entraves ?
Je me souviens, il y a une bonne vingtaine d'années, d'une jeune lycéenne et de ses copains remontés de retour d'une manif parce que les CRS auraient été particulièrement durs avec elle en utilisant les lances incendies pour la repousser. Au début de la conversation, ces jeunes gens m'ont affirmé n'avoir rien fait pour mériter ça, ensuite, ils ont fini par raconter qu'elle était passée par dessus les grilles de la Préfecture et que la scène s'était donc déroulée dans la cour de la Préfecture barricadée pour éviter les débordements lycéens... mais pour eux, une violation d'une propriété, c'était rien... Personnellement, j'avais trouvé que mieux valait pour elle, la lance à eau qu'une matraque en pareil cas.
Réponse de le 08/12/2018 à 17:04 :
151 "jeunes" interpellés
130 ont du être relâches, on n'a rien pu prouver contre eux.
une vingtaine de jeunes présentés à un juge...
Peut être 15 seront effectivement condamnés.

Il y a donc 130 innocents qui ont été soumis à des traitements inadmissibles, en dehors de tout contrôle judiciaire, surtout concernant des mineurs dont le plus jeune avait 12 ans.

Une plainte a été déposée pour « violences sur mineurs de 15 ans et plus par personne dépositaire de l'autorité publique », « actes de torture et de barbarie sur mineurs par personne dépositaire de l'autorité publique et en réunion », « violations de libertés individuelles » et « diffusion illégale d'images de personnes identifiables mises en cause dans une procédure pénale ».

Affaire à suivre.

D'autant plus que cette manie des interpellations comme méthode de répression des opposants politique semble être devenue la règle.

Aujourd'hui, plus de 1000 interpellations dont des centaines avant même le début des manifestation, 700 gardes à vues.... combien de procédures judiciaires derrière?

La semaine dernière il y a également eu des centaines d'interpellations plus ou moins musclées, moins de 50 sont arrivées devant un juge.

Quand une démocratie envoie autant d'innocents en prison, même momentanément, dans un but politique ça devient un problème.

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