Taxis - VTC : il faut une règlementation unique

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(Crédits : DR)
Sur le marché du transport public de personnes, les différences s'estompent. Les avantages concurrentiels des uns ont fini par être rattrapés par la prise de conscience des autres d'un monde en pleine évolution. Les positions se rapprochent jusqu'à rendre difficilement tenables les différences réglementaires actuelles.

 Jusqu'à une époque très récente, le conflit opposant taxis et VTC était perçu comme une bataille, entre partisans d'une innovation de rupture, au service de consommateurs par eux libérés, et conservateurs arc-boutés sur des privilèges d'un autre temps.

 Il est vrai que la réaction très violente des taxis contre l'arrivée d'une concurrence qu'une très large majorité attendait depuis longtemps a des allures de défense d'avantages acquis aujourd'hui incompréhensibles, donc indéfendables. De leur côté, les VTC n'ont-ils pas offert une façon plus simple de commander une voiture avec chauffeur, un service d'une qualité supérieure et des prix si ce n'est inférieurs, du moins compétitifs ? A voir.

 Une convergence de fait

Car ce qui a pu être vrai il y a trois ans, au moment de l'arrivée de ces nouveaux acteurs sur un marché qui n'avait connu aucune innovation depuis des décennies et dont les acteurs vivaient endormis derrière un monopole par définition confortable, ne l'est plus aujourd'hui. La facilité d'utilisation ? De nombreuses appli existent désormais, avec des fonctionnalités équivalentes, chez les taxis et les VTC, de sorte que cet élément n'est plus discriminant.

La qualité de service ? Personne ne peut aujourd'hui contester le fait que les nouveaux entrants ont vu leur qualité diminuer drastiquement depuis quelques temps et que, de leur côté, les taxis ont fait des efforts dont on les pensait incapables.

Les prix ? L'introduction de forfaits aéroports pour les taxis et le maquis tarifaire des VTC, avec des différences significatives d'un acteur à l'autre et même, en fonction de l'offre et de la demande chez certains, ne permet plus d'affirmer qu'il existe une différence significative de prix entre taxis et VTC.

Les avantages concurrentiels majeurs sur lesquels les VTC ont rapidement pris une part de marché importante aux taxis n'existent plus. Un partout, balle au centre.

 Une réglementation unique s'impose

 Cette situation, nouvelle, est une bonne nouvelle pour le consommateur final. Car elle garantit que la disparition d'un monopole ne se traduira pas par l'apparition d'un autre.

Encore faut-il que le cadre réglementaire, qui représente les règles auxquelles tous les acteurs sont soumis, soit cohérent avec cette situation de fait, celle d'une convergence aux yeux du consommateur entre les VTC et les taxis, les deux professions remplissant le même rôle à leurs yeux et devant donc être soumises aux mêmes règles. Or, de ce point de vue, le régulateur est hors sujet.

 Comment être à la hauteur ?

D'abord, en supprimant certaines règles absurdes qui pénalisent les VTC et leurs clients. Avec l'arrivée des VTC, dont la supériorité concurrentielle était initialement très forte par rapport aux taxis, le régulateur a voulu protéger une profession pour lui importante, en imposant certaines règles dont notre administration féconde a le secret. Le retour à la base imposée entre deux courses aux VTC par exemple. L'exclusion des VTC de certaines voies réservées, sur les autoroutes aux heures de pointe ou les couloirs de bus. Ou encore la mise en place d'un examen particulièrement difficile aux candidats VTC pour l'obtention de leur carte professionnelle afin d'en limiter l'afflux. Tout cela ne fait pas de sens et renforce l'image d'une profession dont on limite l'essor pour en protéger une autre qui, objectivement, n'a plus besoin de personne pour se défendre. Cela retarde aussi une convergence entre deux secteurs qui, de fait, cohabitent et se concurrencent sur le même marché.

Pour clarifier une situation devenue incompréhensible aux yeux des consommateurs, le gouvernement doit accélérer la mise en œuvre d'un cadre juridique clair qu'il a déjà esquissé (tant en termes de formation et d'exercice de la profession, que de respect des règles sociales), associé à une gouvernance rationnelle et pérenne. La condition pour que ce secteur à forts potentiels, puisse donner le meilleur de lui-même au service des attentes du client final et devenir ainsi créateur de valeur.

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Commentaires
a écrit le 21/10/2016 à 10:59 :
Cher Mr G Connan
vous n'êtes pas en quête de vérité bien au contraire ,la concurrence profite déjà des même avantages que les taxis, les couloirs de bus , la charges sur la voie publique , le racolage aux aéroports et aux gares sous le nez des autorités. donc comme des milliers de vos collègues vous ne comprendrai jamais la colère de mes collègues car vous refusez d'entendre et de dénoncer les veritable problèmes voilà pourquoi vous êtes boudé par vos lecteurs la vérité ne sort pas. plutôt que de vous insulter si vous avez une conscience professionnelle et le goût de la vérité dans son intégralité je vous invite vous votre journal à visage découvert à dénoncer chacun des protagonistes dans cette affaire plus complexe que vous me la laisser paraître (les compagnies de taxis les g7 bleus, la préfecture de police sans oublier les politiques) à bonne entendeur
a écrit le 13/10/2016 à 10:19 :
Encore un torchon à la solde des puissants, une clarification le taxi est pénalisé par un horodateur où il est conditionné par 11 h de travail heure creuse et pleine sans pouvoir choisir vtc 24/24 h , RSI TVA taxe sur le bénéfice, concernant la formation je pense que les taxis la subissent de plein fouet , je demande à ce que on aura les mêmes avantages que uber et on vous céde les couloirs
a écrit le 12/10/2016 à 22:11 :
Mr Connan,
Si vous aviez dû payer la licence de taxi à 200 milles euros, comme l'artisan taxi l'avait fait, vous trouveriez alors peut-etre legitimes que les reglmentations soient legerement favorables aux taxis.
a écrit le 12/10/2016 à 20:59 :
Cher Monsieur je donne ma vision ..combien coûte un chauffeur pour 300 heures par mois :) je ne parle pas des stagiaires qui eux travaillent gratuitement pour la société dans le cadre légal de leur formation :))
a écrit le 12/10/2016 à 17:34 :
Bonjour
Je tiens à rectifier certains faits, nonobstant votre parti pris. En aucun cas les taxis ont refusé la concurrence. Ils ont seulement demandé que cette dernière soit équitable. Or nous ( les taxis) nous nous sommes retrouvés mis devant le fait accompli. Les taxis n'ont pas établi les règles tarifaires. C'est le législateur qui a décidé en faisant mine de nous consulter. De plus comment avoir le même service que les vtc,!!!?
Ils ont des belles voitures et elles seraient plus propres? Nous prenons des gens dans la rue ou alors par appel. Un taxi dépose un client et s'il en prend un autre tout de suite, pensez-vous que la personne suivante va attendre si on lui di que l'on va nettoyer??? Sérieusement,.
Les taxis sont jamais contents? Je vous invite à transporter certains parisiens et vous comprendrez! Même le Dalaï-lama finirait par ne plus etre zen.
Nous sommes obligés d'investir des sommes faramineuses. La plupart des taxis sont obligés de faire au moins ,130€ sans le carburant avant de toucher quoi que ce doit alors qu'il suffit au vtc d'acheter juste une voiture et un smartphone. On fait des règles pour les uns et pas pour les autres.
J'ai deux amis chauffeur de vtc qui honnissent uber. C'est des problèmes familiaux car ils font des heures de fous pour gagner leurs croutes. D'ailleurs beaucoup ont troqué leurs costumes pour des jeans baskets car ils n'ont plus les moyens d'en acheter et de payer le pressing. Vive l'uberisation de l'économie. Vive la clochardisation des travailleurs pour que les bobos de Neuilly et du 16ème puissent rouler en voitures de luxe au prix d'un dumping social inouï.C e qui m'étonne cher monsieur ce sont les gens come vous qui font preuve d'une véritable lache té intellectuelle. Me direz-vous ? N'êtes-vous pas payer pour ça !
a écrit le 12/10/2016 à 16:31 :
Les même règles pour tout le monde combien paye un Vtc pour commencer son activité comme auto entrepreneur statut précaire bien-sûr ?
Le taxi y 3 ans an arrière au même temps avec l'arrive des vtc paye en Mayenne :
Formation pour devenir chauffeur de taxi : 3000€
la licence : 230000 €
Droit de mutation :7000€
Frais de garantie :7000€
de pré bancaire
Frais de dossier :3200€
Véhicule : 30000
Calculer bien et puis repond moi sur le coût des vtc après on peut discuter sur l'égalité .
Réponse de le 13/10/2016 à 11:00 :
La licence de taxi est gratuite c'est vous qui avez installé une forme de racket vous vous êtes tiré une balle dans le pied, nous vtc nous sommes comme vous on paye les charges et de plus la législation vtc nous impose des véhicules
a écrit le 12/10/2016 à 11:49 :
Encore un de ces articles qui nous parle de l'intérêt exclusif du client. La bel affaire si les chauffeurs de taxi et de VTC tourne 70 heures dans Paris pour gagner des clopinettes à la fin pourvu que le client puisse asseoir son si précieux postérieur dans une voiture de luxe avec un pauvre bougre corvéable à merci qui doit être à la limite de lui cirer les pompes. Tout ça pour un prix proche du ticket de bus! Cher MONSIEUR QUI NOUS PARLEZ SI BIEN DE L'OFFRE INTERROGEZ VOUS SUR L'ASPECT SOCIAL DU PROBLEME POUR CHANGER!
Enfin dites moi pourquoi conserver deux statuts différents pour se partager le même marché et finalement aligner les réglementations. Tout ceci est complètement absurde.
Enfin sachez que la règlementation des taxis que vous n'évoquez pas du tout est largement plus contraignante que celle des VTC et que la fusion des règlementations ne va pas dans le sens d'un assouplissement pour les VTC mais exactement l'inverse.
a écrit le 11/10/2016 à 17:58 :
"Les prix ? L'introduction de forfaits aéroports pour les taxis et le maquis tarifaire des VTC, avec des différences significatives d'un acteur à l'autre et même, en fonction de l'offre et de la demande chez certains, ne permet plus d'affirmer qu'il existe une différence significative de prix entre taxis et VTC."

M. Connan semble ignorer que les prix chez Uber sont en moyennes de 50 à 100% moins cher que pour le même trajet en taxi, sauf forfaits aéroports.

Démonstration :

1. En Uber X le tarif de la prise en charge est de 1€, contre 3€ minimum pour les taxis, voire davantage si le taxi vient de loin.

2. En Uber x le tarif horokilométrique est de 1€ le kilomètre et 25cts la minute, contre 1,48€ et 0,48 cts pour les taxis.

3. En Uber x il n'existe pas de zonage (A, B et C chez les taxis), ni tarifs de nuit, ni supplément, contrairement aux taxis.

Bref, le VTC est nettement moins cher que les taxis, il n'y a pas photo...
Réponse de le 12/10/2016 à 11:35 :
Vous oubliez cher monsieur de parler de la majoration du tarif appliquée par Uber en cas de forte demande qui agace particulièrement les utilisateurs sans parler de la rémunération des chauffeurs qui selon un reportage diffusé sur plusieurs chaînes serait d'environ 3,75€ de l'heure!

N'y aurait-il pas un vrai problème de tarifs en réalité chez UBER?

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