Trump, ça marche ! ... Mais jusqu'à quand ?

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La Tribune publie chaque jour des extraits issus des analyses diffusées sur Xerfi Canal. Aujourd'hui, Trump, ça marche... Mais jusqu'à quand ?

Et si Donald Trump avait économiquement raison contre les experts ? La preuve par 4.

À 4,2% au deuxième trimestre, la croissance américaine est à un pic depuis 2014. Mieux, elle s'appuie sur une contribution parfaitement équilibrée de tous les composants de la demande (de la consommation des ménages aux exportations, en passant par les investissements et la dépense publique). Le PIB américain devrait ainsi atteindre une croissance proche de 3% cette année selon nos prévisions. Mais ce n'est pas tout. Il y a aussi le dynamisme du marché du travail, dont la traduction est un taux de chômage au plancher, bloqué en dessous de 4%. Il faut remonter au début des années 2000 pour trouver une telle séquence. Les États-Unis étaient alors en pleine euphorie portés par la bulle internet. Côte bourse c'est aussi l'embellie : le S&P 500, indice basé sur les 500 plus grandes sociétés cotées aux Etats-Unis, est à son pic historique et a gagné près de 30% depuis l'investiture de Donal Trump en janvier 2017. Enfin, c'est aussi l'euphorie du côté du marché immobilier avec des prix en hausse sur une base annuelle de 6%. Les effets de la grande récession sont effacés et les prix surplombent désormais leur ancien record de juillet 2006 de plus de 3%.

Pas de surchauffe à court terme

Finalement l'économie version Trump ça marche. Surtout, les Cassandres qui avaient prédit l'apocalypse en sont pour leurs frais. Mais les discours changent, désormais beaucoup pointent les risques à plus long terme avec au bout du chemin la récession et plus dure sera la chute.

Avant de trancher, il faut revenir sur la feuille de route suivi par Donald Trump. Contre l'avis de tous les experts, le nouveau président appuie de façon déterminée sur l'accélérateur budgétaire : baisse des impôts des entreprises, des ménages les plus riches, hausses des dépenses publiques militaires et en infrastructures. En toute logique, le risque est double, c'est celui de la surchauffe de l'économie et du dérapage des déficits jumeaux c'est-à-dire des déficits budgétaire et extérieur. Côté surchauffe, la cote d'alerte est loin d'être atteinte : l'inflation sous-jacente est en hausse mais à 2,3% elle reste à un niveau proche de la cible fixée par la Fed, sans dérive excessive. Côté, salaire la hausse est bien installée mais là aussi bloquée en dessous de 3%, elle reste très loin des sommets atteints avant la grande récession. Bref, les tensions restent limitées.

Et pour cause, il reste un réservoir de main d'œuvre disponible. Le taux de participation de la main d'œuvre est passé de 67% environ à 62 entre le début de la crise et 2015 et n'a que très partiellement remontée la pente. Bien entendu il existe un halo d'emploi mal comptabilisé autours du travail collaboratif, mais il semble bien néanmoins qu'il reste des marges de manœuvre avant de voir flambée les salaires aux Etats-Unis. On est loin d'une surchauffe.

Les États-Unis se financent facilement

Côté déficits en revanche, les faits semblent acter : côté commerce extérieur, la balance commerciale est sur une pente glissante et se rapproche très vite de son déficit record. Idem, du côté du déficit public qui dépassera en moyenne 4% du PIB cette année. À moyen terme, ces deux dérapages non-contrôlés devraient conduire en bonne logique économique à une forte hausse des taux, une baisse des bourses et des marchés immobiliers avec en bout de course un ralentissement de l'ensemble de l'économie voire une récession. CQFD.

Sauf que cela ne se passe pas comme çà avec les Etats-Unis, véritable pompe aspirante de l'épargne mondiale. Et il existe bien un excès d'épargne dans le monde que ce soit celui de la zone euro, du Japon, de la Chine, ou d'autres émergents et comme la planète entière continue de faire confiance au dollar (monnaie de réserve mondiale) et aux bons du trésor américain, les Etats-Unis se financent facilement à des taux restant faibles et sans dépréciation de leur monnaie. Et comme si cela ne suffisait pas, les désordres en Turquie, en Argentine, au Brésil font fuir les capitaux qui viennent s'investir aux Etats-Unis. Les Etats-Unis tomberont bien un jour à nouveau en récession mais ce n'est pas pour 2019 ni même en 2020 date de la prochaine élection présidentielle.

>> Plus de vidéos sur le site Xerfi Canal, le médiateur du monde économique

 

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Commentaires
a écrit le 21/09/2018 à 13:04 :
On se demande a lire les thuriferaire du sieur trump, s'ils se tiennent au courant de l'actualite financiere ?
De grandes nations sont en train de liquider leurs avoirs en $ Pourquoi ? Qu'ils se posent la question. Certaines alliances et pas des moindre, ont ete signees il y a peu.
L'egemonie US est en train de tourner casaque, l'avenir tres proche le demontrera.
Réponse de le 22/09/2018 à 13:50 :
par exemple les avoirs chinois en obligations $ ne representent que 10% des avoirs totaux , le japon à peut pres la meme chose ; qui liquide ? ; ça fait longtemps qu'on entends ça en discours , mais dans les faits le $ monte ...
a écrit le 21/09/2018 à 0:03 :
En fait si je résume l'article, les cassandres se sont trompés, la croissance devrait tenir jusqu'en 2020 parce que le monde a confiance dans le dollar par contre le déficit commercial et budgétaire se creuse.
C'est bien pour cela que quand il y aura récession, ça fera très mal, ça coïncidera certainement avec le moment où la Chine deviendra première puissance économique mondiale. Et alors que les USA voudront s'appuyer sur le dollar pour remonter la pente, le monde regardera ailleurs, la dette y sera pour quelque chose...
Réponse de le 21/09/2018 à 13:42 :
Allons John ,un peu de sang froid.Les Us tiennent parce qu'ils font du déficit budgétaire et de la cavalerie de dette privée et corporate et qu'ils on l'armée la plus puissante.Si vous croyez que les chinois ne font pas pareil mais en pire sans l'armée qui va avec...Quand a l'europe,elle est plombée par l'italie ,la grèce l'espagne ,la france,le portugal et meme l'irlande et j'en oublie,elle n'a pas d'armée et une crise migratoire qui la ruine
Réponse de le 22/09/2018 à 15:49 :
@gérard
"Les Us tiennent parce qu'ils font du déficit budgétaire et de la cavalerie de dette privée et corporate et qu'ils on l'armée la plus puissante."
Pour l'armée la plus puissante, je pense que ça sert parfaitement leurs intérêts, pour le reste, ça revient à prendre des amphétamines pour affronter sa journée de travail, c'est mal.
a écrit le 20/09/2018 à 22:43 :
Bof, on disait pareil de Reagan et 2 mandants de forte croissance boursière...
a écrit le 20/09/2018 à 20:05 :
Trump est en passe de réussir là où tous les autres présidents us ont échoués, à démondialiser. Chapeau, bravo l' artiste!
Réponse de le 20/09/2018 à 20:26 :
Vous avez raison , une bonne politique économique ne met pas des années pour avoir des résultats . Il démontre enfin de compte que la politique de l'U.E
en la matière est mauvaise et appauvrit les peuples , quant aux petits bras qui disent depuis un an vous allez voir ce que vous allez voir et bien je ne sais même où commencer tellement c'est ténu en résultats .
Réponse de le 20/09/2018 à 21:22 :
@Bijo L' UE n' a pas de résultats parce qu' elle ne peut tout simplement pas en avoir, elle a vécu du transferts des économies du sud sur les frontières à l' est pour satisfaire à la géopolitique us propriétaire de l' UE et n' a rien créé d' excédentaire depuis son origine.

Il faut savoir à présent tirer la conclusion, le démantèlement s'impose de facto dans l' intérêt des peuples européens.
Réponse de le 20/09/2018 à 23:49 :
@globeau/bijo/le bulot
Où avez-vous vu dans l'article que le peuple américain s'enrichissait?
Au contraire le taux de participation à la main d'oeuvre est très bas, ce qui veut dire que des millions de gens ne cherchent même pas un emploi et sont rayés des chiffres officiels du chômage.
Alors à qui profite la croissance? Moi quand je vois que la bourse a pris +20%, j'ai ma petite idée.
Quant au déficit commercial, il se creuse, drôle de démondialisation !
Résumons: une croissance à crédit qui profite aux riches et qui tiendra jusqu'en 2020. Et quand la récession arrivera, le peuple remboursera la dette.
a écrit le 20/09/2018 à 18:27 :
La dé-globalisation en marche surprend les pollueurs, alors qu'ils venaient juste de créer un nouveau business au niveau mondial grâce aux climatologues!
a écrit le 20/09/2018 à 17:52 :
comment on peut dire que ça marche ?!?
le taux d'activité des américains a baissé à 62,7% en août. le taux d'activité reste inférieur de 4,6 points au pic de l'année 2000 (St Louis Fed). alors qu'il a augmenté dans les autres pays développés sur la même période. et en plus de ça, les US ont un pourcentage énorme de travailleurs bas salaires (OCDE). l'emploi dans les fast-foods est plus dynamique que dans les autres secteurs (New York Times, 03/05/2018).
la pauvreté reste donc à un niveau très élevé de 17%, contre 8% en France (OCDE, avec un seuil de pauvreté à 50% du revenu médian). le taux de pauvreté des enfants est de 29%, contre 17,5% en France (UNICEF, 06/2017 ; avec seuil de pauvreté à 60% du revenu médian).
l'immobilier est inabordable parce-que les US construisent trop de logements de luxe et peu de maisons/appartements à prix modéré ("Major apartment developer : there is an acute crisis headed our way", CNBC, 16/02/2018). le pourcentage de propriétaires reste bas à 64,3% contre 69,2% en 2004 (St Louis Fed).
le taux d'épargne est faible. 78% des travailleurs à temps plein ne peuvent mettre de l'argent de côté (Careerbuilder, 08/2017). les salaires réels ont baissé en 2017 ("Wage growth is missing in action and workers are not happy", Bloomberg, 04/07/2018).
mauvaise santé des américains. système de santé très cher et peu efficace.
dette publique brute de près de 125% du PIB. énorme déficit public. hausse non négligeable du déficit commercial. dette des ménages de 81% du PIB (gros problème de la dette étudiante, notamment).
etc...

non, j'vois pas.
qu'est-ce que ce serait s'il n'y avait pas eu l'énorme boom du pétrole/gaz de schiste depuis 2008 ?
Réponse de le 20/09/2018 à 18:52 :
Trump, c'est le gars payé au smic qui décide de cramer ses économies en cinq ans pour vivre au dessus de ses moyens. C'est sûr c'est la fête, mais ensuite ? Ben il sera plus là pour voir le désastre d'un pays surendetté, où la population ignare et obèse ressemble de plus en plus à celle du film Idiocratie !
a écrit le 20/09/2018 à 16:43 :
"Les Etats-Unis tomberont bien un jour à nouveau en récession"

Ben oui quand ce sera de nouveau un guignol à la tête des états unis comme il y en a beaucoup eu.

CE que fait TRump marche très fort bien trop fort, les coups de téléphones et les convocations des amabassdeurs américains doivent surchauffer eux par contre, les autres oligarchies mondiales ne comprenant pas pourquoi elles ne peuvent pas continuer tranquillement à prendre du fric tout en cassant tout.

Du coup que celui-ci ne fasse qu'un mandat afin de laisser se reposer la diplomatie américaine ne serait pas étonnant mais il est évident que dans ce cas il n'a pas fini de bosser sur les deux ans et demi restant et qu'il ne va pas en rester là.

Et nous pour le contrer on a... Juncker ! :D

Vite un frexit.
Réponse de le 21/09/2018 à 9:21 :
"Si, par malheur, Trump est réélu, il devra, au cours de son second mandat gérer les conséquences de ses décisions économiques irresponsables du premier"

Oui bien sûr, il est vrai que générer de la prospérité dans son pays et élever son peuple non mais quel scandale ! Alors qu'il y a tout ces paradis fiscaux à engraisser !

J'arrête là bien sûr hein, ,ous radotez, signalé.
Réponse de le 24/09/2018 à 17:31 :
@ multipseudos: votre pathologie est une énième fois signalée. C'est pour votre bien hein...

Évoluez svp, merci.

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