Vive l'emprunt national pour les investissements industriels !

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Alors que l'on s'interroge en séminaire gouvernemental, à Bercy ou avec les partenaires sociaux pour définir les modalités et la destination des fonds collectés par l'emprunt annoncé par le Président Sarkozy, voici quelques idées que l'on pourrait leur souffler. Le placement de l'emprunt sera, sans nul doute, un succès. S'il est offert aux particuliers, il leur offrira une bonne alternative aux faibles rémunérations de l'épargne, avec un taux proche de 4,5% - le taux offert par EDF pour son émission obligataire à 5 ans. S'il est offert aux marchés financiers, il sera facilement absorbé, car ces derniers affectionnent plus les créances en euros que celles en dollars. Cibler les particuliers est un acte de développement durable, car il incite à épargner plutôt qu'à consommer pour financer des "dépenses d'avenir ". C'est aussi un moyen d'orienter l'épargne vers l'investissement sans offrir d'incitations fiscales. En outre, contrairement à ce que l'on peut dire sur la cherté d'un tel emprunt à destination des résidents français, son surcoût par rapport à une émission obligataire à destination des marchés financiers s'élèverait pour un emprunt de 100 milliards d'euros, à moins de 700 millions d'euros par an, ce qui n'est pas plus cher qu'une grosse niche fiscale. Orienter l'épargne vers les investissements de croissance est louable, s'ils peuvent permettre de créer à long terme plus de richesses, que celles consommées ; autrement dit, si ces investissements permettent de réduire les déficits des comptes courants et notamment celui de la balance commerciale. Cela signifie que l'épargne collectée par l'emprunt doit aller vers les secteurs exportateurs et plus précisément les industries manufacturières. En effet, contrairement à ce que l'on peut dire sur l'intérêt des services et des hautes technologies dans leur contribution à l'économie nationale, ils sont peu contributeurs à la balance commerciale. Les activités industrielles les plus consommatrices de main d'œuvre et les plus exportatrices sont donc celles à privilégier.  

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