Bruno Le Maire, ministre de l'Economie, demain à Bordeaux avec les "Ford"

Jean-Philippe Déjean

manif
Agence Appa

Jean-Philippe Déjean

manif
Agence Appa
Bien sûr, il y a eu les vacances d'été mais depuis plusieurs semaines le dossier de l'usine Ford Aquitaine Industries (FAI), spécialisée dans la fabrication de boîtes de vitesses automatiques et condamnée à la fermeture en septembre 2019, était en suspens. Plus rien d'intéressant concernant l'avenir ne semblait pouvoir s'imposer dans cette filiale de Ford Motor Company, qui emploie 872 salariés à Blanquefort (Gironde). Seuls les syndicats continuaient le combat : dans une usante ambiance de "Désert des Tartares" où l'adversaire se fait attendre sans jamais se montrer. Cette phase de stagnation désertique est peut-être en train de s'achever à FAI puisque depuis quelques heures, les événements se bousculent.
Ce dernier se réjouit aussi de la rencontre prévue le 27 septembre avec Alain Rousset, président (PS) du Conseil régional de Nouvelle-Aquitaine.
Car pendant que les salariés s'accrochent à l'arrivée encore hypothétique d'un repreneur pour leur usine, le plan de sauvegarde de l'emploi (PSE), lancé par Ford avant l'été, poursuit son chemin.
"Ce PSE continue à se dérouler même si nous avons réussi à gagner un mois de délai. Il n'empêche que les discussions prévues dans ce cadre s'achèveront fin décembre et qu'en janvier 2019 le PSE sera homologué. Les licenciements commenceront début août pour s'achever fin septembre" égrène Gilles Lambersend.
L'avancement du PSE n'empêche pas de travailler sur la reprise du site et ce sera apparemment encore le cas en janvier 2019. Les rebondissements imprévus enregistrés cette semaine ne se limitent pas aux représentants du gouvernement. Avec là aussi une nouveauté qui a remué les plus endurcis des syndicalistes, à commencer par le cégétiste Philippe Poutou, ex-candidat NPA à la présidentielle.
Dans son communiqué le groupe Ford Motor Company assure continuer à rechercher un repreneur pour FAI. Un repreneur qui serait suffisamment fiable pour obtenir l'accord du groupe Ford et des salariés de FAI.
L’actualité qui compte pour vous, chaque jour dans votre boîte mail.

Ford insiste ensuite sur le fait qu'aucune convergence n'a encore été trouvée avec le candidat repreneur, Punch Powerglide, fournisseurs de boîtes de vitesse, faute notamment d'accord sur les volumes à produire par l'usine "dans les années suivant la vente et les licences requises par le repreneur...".
Ford explique être exigeant afin de mieux protéger les salariés et d'obtenir un projet qui puisse tenir la route à long terme. Le constructeur automobile finit par un appel au soutien "de tous les acteurs clés, tant au niveau national qu'au niveau local, afin de concourir à assurer un résultat positif pour le site de FAI".
Tout comme ses collègues Philippe Poutou ne veut pas se montrer naïf face aux arguments de Ford et n'oublie pas de rester lucide. "Nous sommes embêtés : on ne peut pas faire confiance à Ford car nous manquons d'informations et en même temps Ford se met à reparler d'un repreneur alors que cette question était jusque-là taboue, y compris en comité d'entreprise..." resitue Philippe Poutou.
À lire également
Il va jusqu'à se demander si la manifestation revendicative programmée ce samedi 22 septembre, à 14 heures à Bordeaux, place de la République, n'a pas eu de l'influence sur l'accélération des événements.
Jean-Philippe Déjean