Revenu de base : "la question d'une protection sociale plus efficace se pose plus que jamais"

Pierre Cheminade
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Jean-Luc Gleyze, en février 2020.
Agence APPA

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Jean-Luc Gleyze, en février 2020.
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LA TRIBUNE - Avec 18 autres présidents de départements, vous appelez à nouveau à une expérimentation du revenu de base, un an après son rejet sans débat par l'Assemblée nationale. Qu'est-ce qui a changé entre temps ?
JEAN-LUC GLEYZE - C'est principalement la crise sanitaire et économique que nous traversons actuellement et la perspective d'une casse sociale importante au sein de la population. Au-delà des difficultés transitoires, beaucoup de situations de précarité vont en effet émerger dans les mois qui viennent, que ce soit au sein de publics déjà fragiles, comme au sein d'autres publics telles que les patrons de TPE, les auto-entrepreneurs, les micro-entreprises, les indépendants, etc. Et pour le secteur de l'hôtellerie-restauration et du tourisme, dont la saison semble déjà terminée avant même d'avoir commencé, ainsi que pour le milieu culturel, sportif et associatif, cela va être catastrophique. Toutes ces catégories risquent bel et bien de basculer dans la précarité. Dans ces conditions, la question d'une protection sociale plus efficace se pose plus que jamais. Il faut changer de modèles en apportant de nouvelles solutions. L'idée est d'ailleurs discutée en Allemagne, en Espagne, au Royaume-Uni, au Canada, etc.
Que préconisez-vous ?
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L'idée est de s'appuyer sur les travaux menés ces dernières années avec nos partenaires. Nous avons travaillé pendant trois ans sur une proposition d'expérimentation d'un revenu de base dans nos départements [Lire ci-dessous]. Nous sommes dans une période où l'application immédiate peut être mise en œuvre rapidement par ordonnance tout en prévoyant une évaluation du dispositif dans quelques mois et à plus long terme. La crise que nous traversons nous impose d'interroger la société que nous voulons demain et imaginer une protection sociale plus adaptée au monde ubérisé que nous connaissons avec toujours plus de contrats de travail court set à temps partiel et d'auto-entrepreneurs.
Pierre Cheminade