Bordeaux Métropole lance une vaste concertation concernant le forage de 14 puits d'eau potable à grande profondeur dans le Médoc. Objectif : diminuer les prélèvements dans la nappe de l'éocène qui se renouvelle très lentement et menace de s'épuiser, et approvisionner la Métropole mais aussi d'autres territoires girondins qui n'ont parfois plus d'autre solution. Reste que les sylviculteurs s'inquiètent de l'impact de ces prélèvements sur la santé des pins et le tassement éventuel des sols.Accusés en 2019 par les sylviculteurs du Médoc d'avoir voulu passer en force sur le dossier de la captation d'eau potable à grande profondeur, entre Saumos et Le Temple, les élus de Bordeaux Métropole ont mis les petits plats dans les grand avec l'appui de la préfecture de la Gironde et de Nouvelle-Aquitaine, ce jeudi 28 octobre, pour rassurer tout le monde. A cette fin, Alain Anziani président (PS) de Bordeaux Métropole, a annoncé, au côté de Sylvie Cassou-Schotte, vice-présidente (EELV) de la Métropole en charge de l'eau et de l'assainissement, la mise en place d'une procédure de concertation.
Une procédure qui n'était légalement pas nécessaire mais dont la majorité PS-EELV veut faire le marqueur de sa transparence dans ce dossier à forts enjeux. C'est ainsi qu'Esméralda Tonicello et Marianne Azario ont été désignées par la Commission nationale du débat public (CNDP) comme garantes. Elles devront s'assurer de la qualité de l'information délivrée au public, mais aussi de celle du contact, qui va passer par une plateforme dédiée, ainsi que du respect des procédures de la concertation, avant de dresser au final un bilan de toute l'opération.
14 forages prévus à 250 mètres de profondeur
"Nous avons un objet et une méthode. L'objet c'est : comment approvisionner en eau potable la Métropole et une bonne partie du département de la Gironde, soit au total 900.000 personnes représentant les deux-tiers de ses habitants ? Actuellement c'est l'eau de l'éocène qui est prélevée dans le sous-sol, mais au-delà de sa capacité de renouvellement. D'où la nécessité d'aller ailleurs, sur la nappe du Médoc et de passer à l'oligocène" a tout d'abord recadré Alain Anziani.
Quant à la méthode, elle tient dans l'importance donnée à la concertation mais aussi dans la volonté de faire partager la nécessité de ce projet, comme l'a souligné Sylvie Cassou-Schotte. Ce dernier prévoit la réalisation de 14 forages à 250 mètres de profondeur entre les communes forestières de Saumos et Le Temple. Mais aussi la construction d'une station de pompage et d'épuration sur une surface totale de près de 20.000 m2, a complété en substance la vice-présidente.