LA TRIBUNE - Après HDF Energy et Groupe Berkem l'an dernier, Aelis Farma se tourne à son tour vers Euronext. Comment expliquez-vous cette remontée en grâce de la bourse auprès des entreprises ?
Axel CHAMPEIL - Cette évolution est tout d'abord liée au retour des investisseurs particuliers en bourse. Leur nombre a augmenté de 40 % au cours des trois dernières années ! Il y a eu un point d'inflexion majeur dans ce domaine en 2019 avec le succès de l'introduction en bourse de la Française des Jeux, la FDJ. Arrivée sur le marché boursier qui a provoqué une forte accélération du retour des investisseurs individuels.
Un phénomène qui n'a fait que s'accélérer avec les périodes de confinement. Les particuliers ont alors investi davantage d'argent en bourse et particulièrement sur les petites et moyennes valeurs. Ce qui a rendu ce marché très liquide. Liquidité qui a fini par attirer l'attention des investisseurs institutionnels, qui se sont à leur tour penchés sur ces petites et moyennes valeurs. Ce qui est un phénomène assez nouveau.
Dans quelle mesure le contexte économique général joue-t-il sur ce retour en grâce de la bourse auprès des particuliers ?
La faiblesse des taux d'intérêt conduit les investisseurs individuels à rechercher des rendements supplémentaires. Ce qui explique cet attrait marqué pour les petites et moyennes valeurs, plutôt que les entreprises du CAC 40. Les particuliers trouvent ces entreprises de taille moyenne plus proches d'eux. Etant prêts à prendre des risques, il s'éloignent des valeurs de fonds de portefeuille comme Total ou Air Liquide, qui relèvent d'une vision boursière « à la papa ». Ces particuliers recherchent des rendements élevés.