La ligne transpyrénéenne entre Pau et Canfranc, en Espagne, doit rouvrir à l'horizon 2030 selon la volonté du gouvernement d'Aragon et de la Région Nouvelle-Aquitaine, réunis aujourd'hui pour une visite de chantier côté espagnol. Les perspectives de fret ferroviaire, vantées par les politiques des deux pays, seront en réalité limitées par les capacités de l'infrastructure centenaire.
Se remettre sur les bons rails. Trois semaines après le revers symbolique infligé par le Conseil d'orientation des infrastructures au train transpyrénéen entre Pau et Canfranc, en Espagne, les promoteurs du projet poursuivent leur entreprise. Sur invitation du ministère des Transports espagnol, le président du conseil régional de Nouvelle-Aquitaine, Alain Rousset, découvre ce mercredi 15 mars les aménagements en cours de réalisation au sud des Pyrénées.
Une ligne fermée en 1970
La réouverture de la ligne transpyrénéenne, fermée en 1970 à la suite d'un accident ferroviaire, est un projet porté par le président régional depuis plusieurs mandats. « C'est un projet symbolique, c'est la réouverture de la ligne médiane des Pyrénées, une ligne mythique et importante à la fois sur le plan touristique et le plan fret », réaffirme Alain Rousset à La Tribune. Et d'ajouter que « les Espagnols nous attendent ! Les travaux gigantesques réalisés sur Canfranc [en Espagne, ndlr] l'ont été parce que nous avions relancé la ligne entre Oloron et Bedous. » En 2016, cette portion béarnaise a rouvert - pour du transport de voyageurs uniquement - après un investissement régional de plus de 100 millions d'euros.
Il reste encore 33 kilomètres de rails à remettre en service, entre Bedous dans le Béarn et Canfranc, via le tunnel hélicoïdal de Sayerce et celui du Somport, long de presque 8 kilomètres. Coût des opérations entre les deux pays : autour de 400 millions d'euros au bas mot. Mais l'aménagement patine côté français, en raison des exigences administratives (études, déclaration d'utilité publique...) et aussi du montage financier encore en construction. L'État, déjà mobilisé sur le chantier du GPSO, n'entend pas monter à bord du transpyrénéen. L'Europe, elle, intéressée sur le papier, se prononcera en juin pour dire si elle participe ou non au financement.
Photo d'illustration (Crédits : Livre blanc 2019 - Projet Canfraneus)