REPORTAGE. Dans la petite commune tarnaise de Saix, 4.000 à 8.000 personnes ont battu le pavé, samedi 22 avril, contre le projet d'autoroute entre Toulouse et Castres. Consommation de terres agricoles, « projet du siècle dernier », lobbying du groupe Pierre Fabre, existence d'un projet alternatif, faible gain de temps de trajet... Les opposants, qui s'apprêtent à contester devant la justice l'autorisation environnementale délivrée pour ce chantier, ne manquent pas d'arguments selon eux pour obtenir...« No macadam ! No macadam ! No macadam ! ». À l'arrivée à Saix (Tarn), difficile de passer à côté de ce slogan hostile au goudron. Pendant 48 heures, cette petite commune du Tarn a réuni plusieurs milliers de personnes hostiles au projet d'autoroute A69, entre Toulouse et Castres, sur un champ de plusieurs hectares où de nombreuses installations provisoires ont vu le jour pour l'occasion.
«Pour la future autoroute entre Toulouse et Castres, on parle de déverser 60 kilomètres de bitume sur des terres agricoles et naturelles. C'est perdre à jamais 400 hectares de terres !», peste au milieu des manifestantsLaurence Marandola, la secrétaire nationale de la confédération paysanne, l'une des associations à l'origine du rassemblement du jour.
Pour Atosca, la société de projet derrière laquelle se cache le groupe NGE, retenu par l'État pour mener à bien ce chantier, ce sont seulement 300 hectares de foncier qui vont être impactés par le futur tracé de l'A69. « Les propriétaires qui nous accueillent aujourd'hui sont concernés par les expropriations car l'autoroute va traverser leur terrain et ils y sont opposés. Nous ne laisserons pas passer cette autoroute, jamais », met en garde Aliénore, du mouvement Extinction Rébellion lui aussi associé à la mobilisation du jour.
Les organisateurs ont tenu une conférence de presse en milieu de matinée, samedi 22 avril, à Saix (Crédits : Rémi Benoit).
Le trajet de Toulouse jusqu'à ce camp de base éphémère créé pour l'occasion est le symbole de la mobilisation en cours contre ce projet d'infrastructure autoroutière. Sur chaque kilomètre, à intervalle régulier, diverses pancartes « Non à l'A69 » sur fond noir décorent les chaussés. Quand ce ne sont pas les pancartes, ce sont les parcelles agricoles abandonnées et des maisons aux entrées murées qui forment le paysage. À Vendine, sur le tracé de la future autoroute A69, là où plusieurs activistes se sont accrochés pendant plusieurs jours dans des platanes pour les protéger de l'abattage, les traces d'un camping sauvage sont aussi encore là. « Tant que ce projet ne sera pas abandonné, nous aurons d'autres camping des platanes, partout où il le faudra », prévient une porte-parole du Soulèvement de la Terre, association sous la menace d'une dissolution en raison des débordements lors d'une manifestation contre un projet de méga-bassine.
Pierrick Merlet et Rémi Benoit