Autopartage : Pierre Hurmic inaugure les nouvelles stations Citiz à Bordeaux
Maxime Giraudeau
Le président de Citiz Bordeaux Alain Gross et le maire Pierre Hurmic ont inauguré une station d'autopartage dans le quartier de la Bastide, le long du jardin botanique.
15 ans après sa création, la coopérative de location de véhicules Citiz doit investir 35 nouvelles stations d'autopartage et déployer 100 véhicules supplémentaires à Bordeaux. Inaugurées par le maire Pierre Hurmic, elles doivent permettre de diminuer à terme le nombre de voitures individuelles en ville. Après avoir multiplié les partenariats, l'entreprise recentre son modèle économique et continue à viser les particuliers.
Ce sont deux anniversaires dont la concomitance relève de la coïncidence. Mais ils portent chacun le même élan de redéfinition des mobilités urbaines. Alors que le 28 juin a marqué les trois ans de l'élection de l'écologiste Pierre Hurmic à la mairie de Bordeaux, la branche bordelaise d'autopartage Citiz célèbre elle les quinze ans de son modèle coopératif à l'approche du mois de juillet. À la suite d'un appel d'offres lancé il y a un an par la municipalité, la société a inauguré, en compagnie du maire, 35 nouvelles stations d'autopartage accueillant 64 places de stationnement. Comme un manifeste urbanistique contre le modèle de la voiture individuelle.
« Nous sommes très heureux de cette inauguration, d'autant plus après plusieurs années d'attente puisque les dernières stations avaient été inaugurées en 2018. C'est une façon d'apporter notre touche dans la politique de partage de la route du conseil municipal », salue Alain Gross, président du conseil d'administration de Citiz Bordeaux. « On s'insère vraiment dans le paysage des mobilités à Bordeaux » ajoute-t-il bien que l'entreprise Autocool, qui exploite la marque dans la ville, ait été créée en 2001.
Pierre Hurmic, qui fête ses trois ans de mandat écologiste à la tête de la mairie, parle à ce titre d'un « heureux télescopage de date ». « C'est une inauguration qui résume bien l'éventail de solutions qu'il faut trouver pour limiter les émission de CO2 et la place de la voiture. On n'est pas contre la voiture en ville, contrairement à ce que certains voudraient caricaturer, mais on veut offrir des alternatives à l'autosolisme », mobilise l'édile au mitan d'un mandat marqué par le passage de la ville à 30km/h, la flambée de contraintes de circulation pour les voitures et l'aménagement de voies cyclables. En 2022, 65 % des utilisateurs Citiz à Bordeaux n'avaient pas de voiture dans le foyer.
Avec un déploiement dans 35 nouvelles stations et dans d'autres déjà existantes, Citiz s'est porté acquéreur de 100 nouveaux véhicules. Un parc neuf auquel il faut ajouter 60 voitures déjà en service à Bordeaux, mais dont l'activité est renouvelée. Avec l'appel à projet de la mairie pour deux lots de 80 véhicules, ce sont 160 voitures Citiz qui rouleront bientôt dans la ville pour une durée de cinq ans. À noter que deux groupes de 20 places sont prévus pour des futurs quartiers comme ceux d'Euratlantique.
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L'électrique n'est pas sur le chemin
Sa stratégie est de continuer à cibler les particuliers, qui représentent 60 % de son chiffre d'affaires, porté à 1,5 million d'euros l'an dernier. Soit un résultat supérieur aux exercices d'avant Covid alors qu'elle a été marquée par un important ralentissement d'activité durant un et demi. Une façon aussi de recentrer son modèle économique sur la location de ses propres voitures puisque Citiz fait fructifier depuis l'an dernier un partenariat avec sa consœur Titi Floris et s'était lancé dans une activité de véhicules en free-floating urbain en 2017 sous la marque Yea!.
Selon l'Ademe, un véhicule proposé en autopartage permet de remplacer huit voitures individuelles dans l'espace public. Un gain de place et une reconfiguration des mobilités urbaines qui va de pair avec les nouveaux schémas des mobilités qui se dessinent dans les métropoles. Mais la coopérative n'aborde pas encore le virage de la motorisation électrique, principalement à cause des coûts technologiques encore trop élevés. « Est-ce que demain on va devenir un opérateur sur des bornes électriques ? Je ne peux pas y répondre aujourd'hui, c'est un des scénarios possibles », élude le directeur général de Citiz Bordeaux Nicolas Guenro.