Condamnation presque unanime après la nuit de violences urbaines à Bordeaux Métropole

Jean-Philippe Déjean

Sous le choc des importantes dégradations nocturnes, les élus métropolitains ont condamné toutes les violences.
Agence APPA

Jean-Philippe Déjean

Sous le choc des importantes dégradations nocturnes, les élus métropolitains ont condamné toutes les violences.
Agence APPA
L'adoption ce vendredi matin 30 juin du compte-rendu annuel d'exécution du projet de mandature 2020-2026 de Bordeaux Métropole, que préside Alain Anziani (PS), est passée au second plan sur fond de climat politique porté par une forme d'unanimisme qui n'a cependant pas réussi à s'exprimer pleinement. Le conseil métropolitain de ce 30 juin a été surplombé par le fort impact des violences urbaines qui ont agité, pour la troisième nuit consécutive les grandes villes du pays, dont Bordeaux Métropole. Suite au tir mortel d'un policier dont a été victime Nahel, un mineur de 17 ans, pour refus d'obtempérer en Ile-de-France. C'est ainsi que le Conseil de Bordeaux Métropole s'est ouvert par de nombreuses prises de parole de conseillers métropolitains sur le sujet.
Analyse à laquelle a abondé le maire (EELV) de Bordeaux et 1e vice-président de Bordeaux Métropole, Pierre Hurmic. Plusieurs quartiers de Bordeaux, particulièrement ceux situés au nord, qu'il s'agisse du Grand Parc, de Chantecrit ou des Aubiers, ont été touchés.
Les services de l'Etat font état en Gironde d'une cinquantaine de feux sur la voie publique, de véhicules incendiés, et de bâtiments dégradés ou ayant fait l'objet de tentatives de dégradation. Et en particulier le centre des impôts et une banque à Cenon (rive droite), la façade du bâtiment de la police municipale du quartier de la Châtaigneraie à Pessac (rive gauche), la mairie du quartier du Grand Parc à Bordeaux et un collège du Haillan. A quoi s'ajoutent l'école Bel Air et le collège Claude Massé, à Ambarès-et-Lagrave, plusieurs véhicules brûlés à Sainte-Foy-La-Grande (près du département de la Dordogne) et des tirs de mortiers sur la mairie de Podensac (sud du département).
Il est à noter qu'une chauffeuse de bus a été extraite de son véhicule, quartier de La Benauge, avant que les agitateurs n'essaient d'y mettre le feu. S'il semble qu'aucun blessé ne soit à déplorer, les dégâts sont très importants. Selon le maire de Bordeaux, le point le plus rouge se situe au Grand Parc. Très grand quartier populaire enchâssé dans la ville centre, à l'intérieur des boulevards.
Chef de l'opposition de droite et du centre, Patrick Bobet, maire (LR) du Bouscat, a annoncé qu'il n'avait rien à ajouter, sinon une proposition : celle de créer une cellule de crise à la Métropole. Le flux consensuel des interventions condamnant les violences et appelant au calme a été rompu par Philippe Poutou. Conseiller municipal d'extrême-gauche à la mairie de Bordeaux, ex-candidat du NPA à l'élection présidentielle et de ce fait homme politique bordelais sans doute le plus connu en France. Habitant le quartier du Grand Parc, Philippe Poutou a refusé de condamner les violences urbaines de la nuit, faisant la quasi-unanimité contre lui.
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Mais derrière le rouleau compresseur des attaques qu'il a ensuite subi de par sa position idéologique singulière, il semble que Philippe Poutou ait aussi été -même si cela n'a jamais été dit- au centre d'une sorte de procès pour amateurisme. Beaucoup de ses contradicteurs de droite comme de gauche, qu'il s'agisse d'Emmanuel Sallaberry (LR/ Talence), Christophe Duprat (LR/ Saint-Aubin-du-Médoc), Christine Bost (PS/ Eysines) ou Stéphane Delpeyrat (Générations/ Saint-Médard-en-Jalles) sont des maires de plein exercice. Une fonction que n'a jamais eu à remplir Philippe Poutou.
En conclusion, Alain Anziani est ensuite intervenu en fin de séquence à la manière d'un arbitre pour souligner que, selon lui, « il y a un vainqueur certain à ces nuits d'émeutes, c'est le Front national et une perdante : la République ». Par précaution, les transports en commun s'arrêteront à 21heures ce vendredi à Bordeaux Métropole comme dans toute la France.
Vu les trente pages écrites serrées du compte-rendu annuel d'exécution du projet de mandature 2020-2026, Alain Anziani en appelé à la responsabilité des élus pour ne pas faire durer le plaisir au-delà du raisonnable.
L'état d'avancement et l'orientation des chantiers métropolitains ont été défendus par la majorité. À commencer par la plantation d'un million d'arbres, initiée par l'aile écologiste de l'alliance PS-EELV à la tête de la Métropole. Sachant que 350.000 de ces arbres ont déjà été plantés. La création de la Régie de l'eau, qui a permis à la Métropole de mettre un terme à la délégation de service public dont bénéficiait Suez depuis des années pour le service de l'eau, tout comme le plan climat ont été mis en avant par la majorité tandis que l'avancement du RER métropolitain, et la prolongation du tramway jusqu'à l'aéroport, sont des avancées plus consensuelles tout comme le soutien financier au logement social.
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Le dossier de la zone à faibles émissions (ZFE), qui doit écarter des métropoles les voitures les plus vieilles et donc les plus polluantes, soulève encore des questions non résolues, comme la capacité qu'aura le réseau de transport en commun d'absorber ou pas les chauffeurs des 86.000 véhicules légers qui pourraient être interdits de ville-centre à l'horizon 2025.
Jean-Philippe Déjean