Le rapport que lui a consacré la Chambre régionale des comptes (CRC) de Nouvelle-Aquitaine, présidée par Paul Serre, est largement favorable au Syndicat mixte d'étude et de gestion de la ressource en eau du département de la Gironde (Smegreg). Chargée de veiller au bon usage des deniers publics, la CRC observe que cette structure créée dès 1998 par le Département est « un outil stratégique complet, cohérent et doté d'organes de pilotage actifs ».
Après la super-sécheresse de 2022, qui a tari des centaines de cours d'eau et de sources, et la canicule historique qui l'accompagnait, qui a brûlé des milliers d'hectares de forêt, l'arrêt des pluies pendant trente-deux jours consécutifs entre janvier et février 2023 a sonné comme un coup de tocsin médiéval. Il n'a échappé à personne que cette sécheresse hivernale annonçait un été 2023 « horribilis ». À cette perspective aux tonalités apocalyptiques les financiers répondront que « le pire n'est jamais sûr ». Il n'en reste pas moins que les augures ne sont pas réjouissants puisque les spécialistes de la météo ne s'attendent pas à des pluies très significatives d'ici fin avril.
D'où l'importance de l'intervention du président de la République, ce jeudi 30 mars, la mobilisation massive des collectivités, l'implication de plus en plus visible des agences qui gèrent le fonctionnement des bassins hydrologiques, comme celui d'Adour Garonne, et le développement de nouvelles ressources que sont « les eaux non conventionnelles », qui vont de l'eau de pluie à la réutilisation des eaux usées traitées (Reut). Touché lui aussi en 2022 par la sécheresse, la canicule et de gigantesques incendies, le département de la Gironde a globalement moins manqué d'eau que d'autres.