Dans les transports, comme partout, il y a les modes. En ce moment, c'est la télécabine - mais ça coince. Avant, il y avait le Bus à haut niveau de service, qui circulera bientôt à Bordeaux Métropole. La prochaine mode qui s'annonce sera celle des RER Métropolitain dans les grandes villes françaises, et notamment à travers la Gironde. Pour inciter aux maximum les travailleurs du quotidien à délaisser leur voiture et monter à bord, il va falloir se préparer à un choc culturel dans la façon de concevoir les mobilités préviennent les observateurs des transports.
C'est le cas de l'association bordelaise Vélo Cité qui, à la manière des modes, tente depuis plusieurs années d'initier une réflexion autour d'un « Réseau cyclable à haut niveau de service » en articulation avec le RER Métropolitain. « Pour que le parcours du dernier kilomètre soit confortable pour l'usager, il faut de véritables vélos stations. C'est vraiment l'équivalent d'un parking de voitures, avec des milliers de places », esquisse Ludovic Fouché. Le président de l'association imagine une telle infrastructure dans la gare Saint-Jean, dotée de seulement 700 places pour l'instant, et d'autres de plusieurs centaines de places dans les 18 gares de la métropole. Un investissement chiffré à 20 millions d'euros pour un total de 6.500 places.
Mais pour accomplir intégralement le report modal de la voiture vers le tandem train-vélo, l'association veut aller encore plus loin. Elle ne défend pas l'idée de faire monter les deux roues à bord des trains, déjà chargés, mais veut plutôt inciter les usagers à disposer de deux vélos : l'un pour relier le domicile à la gare de départ ; l'autre pour relier la gare d'arrivée au lieu de travail. Une hérésie culturelle ? Au moins un choc, alors que seuls 8 % des Français se revendiquent « vélotaffeurs », c'est-à-dire cyclistes quotidiens sur le trajet domicile-travail. Alors de là à posséder deux bicyclettes, il y a un monde ! « Les gens y viendront mais cela doit être très bien organisé », maintient Ludovic Fouché.