DÉCRYPTAGE. Vente, synergies avec les Girondins, diversification... ou dépôt de bilan ? L'avenir du stade Matmut Atlantique, structurellement déficitaire depuis 2015, était au cœur d'un déjeuner entre toutes les parties prenantes ce 17 janvier : élus, gestionnaires et clubs sportifs. L'enjeu ? Trouver un terrain d'entente alors que la situation actuelle ne convient à personne mais qu'une cessation de paiement serait encore pire. Les marges de manœuvre sont ténues. Explications.
Dans cette affaire, il y a ce que l'on sait de manière certaine, ce que l'on peut déduire des intentions des uns et des autres et les bornes fixées par le contrat de partenariat public privé (PPP) qui lie Bordeaux Métropole et SBA (Stade Bordeaux Atlantique), la filiale de Vinci et Fayat, jusqu'en 2045. Du côté de ce qui est établi : le stade Matmut Atlantique, conçu, construit et exploité par SBA, est structurellement déficitaire depuis son ouverture en 2015.
En cumulé, le déficit d'exploitation de l'enceinte de 42.000 places a atteint 18,8 millions d'euros en 2021 et dû franchir les 20 millions d'euros en 2022. C'est plus du double du modèle prévisionnel qui tablait sur environ 8 millions d'euros de pertes cumulées jusqu'en 2023 avant de passer dans le vert en 2024/2025 puis de devenir rentable. Un schéma depuis longtemps tombé aux oubliettes entraînant une partie de poker menteur.
Le spectre de la cessation de paiement
À partir de quel niveau de pertes SBA et ses actionnaires jugeront la somme trop importante ? Pourraient-ils aller jusqu'à un dépôt de bilan ? Seule certitude, l'exploitant agite bel et bien le spectre de la cessation de paiement :
"Ce stade est un succès puisque, sans lui, Bordeaux aurait été rayée de la carte des grandes tournées et grands évènements sportifs. Mais, même avec une très belle année, nous perdons deux millions d'euros par an... La cessation de paiement est donc toujours d'actualité en 2023 et il faut trouver une solution avant l'été si on veut pouvoir passer sereinement les échéances à venir", réaffirme auprès de La Tribune Loïc Duroselle, le président de SBA, ce 17 janvier.
Ces échéances ce sont les cinq concerts de l'été 2023, les rencontres de la Coupe du monde de rugby de l'automne puis des Jeux olympiques de Paris 2024. Mais aussi, la renégociation du contrat de naming avec Matmut (deux millions d'euros de recettes par an) qui arrivera à échéance en 2025.
L'équation financière et le calendrier sont donc très serrés. Et c'est pour « avoir les idées claires sur les intentions des uns et des autres » qu'Alain Anziani, le président (PS) de la Métropole, propriétaire du stade via le PPP, a réuni toutes les parties prenantes ce mardi 17 janvier : Loïc Duroselle, le président de SBA, Laurent Fayat, le directeur général de Fayat, Pierre Coppey, directeur général adjoint de Vinci et président de Vinci Stadium, Thomas Jacquemier, directeur général des Girondins de Bordeaux, le club résident, Laurent Marti, le président de l'Union Bordeaux Bègles, et Pierre Hurmic, le maire (EELV) de Bordeaux.
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