Télécabine, métro, stade Matmut : les dossiers chauds de la rentrée à Bordeaux Métropole

Pierre Cheminade

Un abonnement combinant les transports de TBM et des TER à Bordeaux Métropole doit être voté fin septembre.
Agence APPA

Pierre Cheminade

Un abonnement combinant les transports de TBM et des TER à Bordeaux Métropole doit être voté fin septembre.
Agence APPA
« La métropole ne dort jamais, les projets avancent ! [...] Nous ne sommes pas une belle endormie mais souvent une belle inconnue », a déclaré Alain Anziani, lors de son point presse de rentrée ce mardi 19 septembre, soulignant les efforts de communication qu'il reste à mener auprès habitants et usagers des services publics. Outre la question très politique de la gouvernance de Bordeaux Métropole, le président de l'agglomération a balayé les sujets du moment parmi lesquels les mobilités occupent toujours une place de choix.
Quelques jours après la traversée symbolique du pont Simone Veil, qui ouvrira mi-2024, le président de la Métropole a annoncé le vote au prochain conseil métropolitain, prévu le 29 septembre, d'un titre de transport intermodal : « Cela permettra aux abonnés TBM de prendre aussi le train dans le périmètre métropolitain. Cela peut sembler simple à mettre en œuvre mais c'est en réalité très compliqué ! »
Initialement prévu en juillet, le projet de télécabine au-dessus de la Garonne devait lui-aussi être discuté par les élus le 29 septembre mais il n'en sera rien. Selon Alain Anziani, l'examen est désormais décalé de plusieurs mois en raison de deux difficultés :
Le report se comptera en mois et cela pourrait aussi donner du temps aux partisans d'un tramway plutôt qu'un télécabine pour pousser leurs arguments.
Du côté du projet de métro, le patron de la Métropole confirme le lancement de l'étude de faisabilité annoncée au printemps dernier tout en s'en tenant au strict minimum : « Cette étude qui est en cours doit répondre à la question : est-ce que oui ou non le métro est possible ? Je n'irai pas plus loin sur ce sujet. » Confiée à l'entreprise d'ingénierie Artelia, cette « étude d'opportunité et de faisabilité pour la réalisation d'un métro sur la métropole bordelaise » à l'horizon 2040 doit durer 24 mois maximum. Ses conclusions seront donc attendues pour le courant 2025, à quelques mois des prochaines élections municipales.
Pour la ZFE, « rien ne presse »
Sur le dossier éminemment sensible de la zone à faibles émissions, qui vise à interdire les véhicules les plus polluants dans l'intra-rocade à partir de 2025, il est devenu urgent de rien faire. « Rien ne presse ! », juge Alain Anziani alors que le gouvernement a annoncé cet été que Bordeaux intégrait la catégorie des « territoires de vigilance ». Concrètement cela signifie qu'une ZFE sera bien instaurée au 1er janvier 2025 mais a priori seulement pour les véhicules essences et diesels d'avant 1996. Sans calendrier à ce stade pour l'élargir aux Crit'air 3 ni même 4. « L'Etat a insisté lourdement sur le fait que nous n'étions plus obligés à rien, donc on attend d'en savoir plus sur les modalités réelles d'accompagnement », glisse également un élu de la majorité.
L’actualité qui compte pour vous, chaque jour dans votre boîte mail.

Enfin, c'est une autre infrastructure d'envergure, mais de sport cette fois, dont il sera question ces prochaines semaines entre Bordeaux Métropole, propriétaire du stade Matmut Atlantique, et SBA, la filiale de Vinci et Fayat, chargée de l'exploitation de cette enceinte de 42.000 places structurellement déficitaire. « Nous avons une divergence avec SBA qui veut un apport significatif de la Métropole... », résume Alain Anziani. La clause de revoyure, prévue au contrat et activée au premier semestre, s'est soldée par un échec et la Métropole annonce donc le lancement d'une procédure de conciliation confidentielle entre les deux entités. Trois experts indépendants, dont un nommé par la Métropole et un autre par SBA, ont désormais quelques semaines pour tenter de trouver une issue à cette impasse.
À lire également
« L'idée est d'objectiver la situation et les contraintes de chacun et d'identifier des solutions. On peut jouer sur le montant des recettes nettes garanties mais aussi sur les charges réelles de SBA et tout cela, bien entendu, en restant dans les clous stricts du PPP qui reste le cadre de référence de cette conciliation », indique-t-on du côté de Bordeaux Métropole. Le contrat de partenariat public privé (PPP) lie la Métropole à SBA jusqu'en 2045. Cette dernière afficher un déficit cumulé de plus de 20 millions d'euros. C'est plus du double du modèle prévisionnel qui tablait sur environ 8 millions d'euros de pertes cumulées jusqu'en 2023 avant de passer dans le vert en 2024/2025 puis de devenir rentable. Un schéma depuis longtemps tombé aux oubliettes entraînant une partie de poker menteur. Et si SBA agite le spectre d'un dépôt de bilan, ce scénario ne ferait que des perdants.
Pierre Cheminade