Ensemble sauvé par une gauche revigorée, le RN pas récompensé : les leçons des législatives en Gironde
Maxime Giraudeau et Pierre Cheminade

Photo d'illustration
Christian Hartmann
Maxime Giraudeau et Pierre Cheminade

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Christian Hartmann
La gauche signe son retour en Gironde. Le Nouveau Front populaire engrange sept sièges dans le département sur douze circonscriptions. Sur une terre historiquement socialiste, la gauche n'avait pourtant plus été majoritaire depuis les élections législatives de 2012. Une surprise après un 1er tour où le Rassemblement National était arrivé en tête dans six circonscriptions.
L'évolution de la couleur politique des circonscriptions de Gironde depuis les législatives 2012. En rose la gauche, en jaune le centre, en bleu la droite, en marron l'extrême-droite. (crédits : MG / La Tribune)
Sur les sept victoires du NFP en Gironde, une seule est à mettre au crédit du barrage républicain suivi par l'alliance présidentielle. C'est la socialiste Pascale Got dans le Médoc qui s'est imposée en grande partie grâce au report des voix de Stéphane Sence, désisté après être arrivé 3e dimanche dernier. Dans toutes les autres circonscriptions remportées par la gauche, les candidats du NFP étaient soit dans une triangulaire soit face à un seul adversaire qualifié. Les députés sortants Nicolas Thierry, Loïc Prud'homme et Alain David ont ainsi conservé leur siège, quand Marie Récalde, Sébastien Saint-Pasteur et Mathilde Feld ont renversé la balance.
Le front républicain a plutôt largement bénéficié à Ensemble puisque le désistement de trois candidats de gauche permet au parti présidentiel de sauver ses sièges dans le sud-Gironde et dans le Libournais. Sophie Panonacle, Sophie Mette et Florent Boudié s'imposent alors qu'ils étaient tous les trois arrivés en deuxième position dimanche dernier, à chaque fois derrière le Rassemblement national. Le désistement de la gauche a donc été capital. Le ministre des Comptes publics Thomas Cazenave est le seul candidat du camp présidentiel arrivé en tête aux deux tours en Gironde malgré les vents contraires.
À quelques exceptions près, le vote d'extrême-droite ne cesse de s'amplifier en Gironde scrutin après scrutin depuis 2022, année où Jean-Marie Le Pen accède au second tour de l'élection présidentielle. Cette année-là, il réunit 109.000 votes dans le département. 20 ans plus tard, sa fille Marine Le Pen en récoltera presque trois fois plus pour dépasser les 305.000 bulletins sur son nom au second tour de la présidentielle. Dans cette tendance longue, ces élections législatives 2024 ne constituent donc pas tout à fait un plus haut absolu pour l'extrême-droite, atteint au second tour de l'élection présidentielle de 2022, mais elle s'en rapproche très fortement.
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Le Rassemblement national a ainsi réuni plus de 270.000 voix au premier tour en Gironde ce 30 juin 2024, du jamais vu pour une élection législative : c'est près du double de 2022 et c'est quatre fois plus qu'en 2017 ! Et le léger tassement observé au second tour ce dimanche, à 245.000 voix, s'explique d'abord par la qualification dès le premier tour d'Edwige Diaz qui avait convaincu 35.000 électeurs du Nord Gironde pour l'emporter dès le 30 juin.
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Malgré cela, le RN était présent au second tour dans dix circonscriptions de Gironde, une première, ce qui lui a permis de réunir près de trois fois plus de bulletins ce dimanche 7 juillet qu'au second tour de 2022. Une trajectoire en forte hausse qui ne se concrétise pas dans le nombre de députés envoyés à l'Assemblée nationale en raison du solide barrage républicain érigé par l'union de la gauche et le camp présidentiel. Le député RN sortant du Médoc Grégoire de Fournas a ainsi perdu son siège face à la socialiste Pascale Got alors même qu'il avait convaincu 15.000 électeurs supplémentaires en deux ans.
Maxime Giraudeau et Pierre Cheminade