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POLITIQUE - La Tribune ToulouseÉlections - La Tribune Toulouse

Régionales 2015 : Carole Delga fait sa rentrée politique, interview

Photo de Sophie Arutunian

Sophie Arutunian

Publié le 28 août 2015 à 07:53 - Mis à jour le 28 août 2015 à 15:25

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Candidate PS / PRG pour les régionales en Languedoc-Roussillon Midi-Pyrénées, Carole Delga présentera ses listes d'ici 3 semaines. Elle assure que la polémique sur la "loi Alary" n'entache en rien son image et dénonce "les élucubrations dangereuses" de Dominique Reynié sur le sujet. L'ex-ministre s'exprime sur "la jalousie" de la députée PS de Haute-Garonne Monique Iborra, sur "son amie" socialiste du Tarn-et-Garonne Valérie Rabault. Face au FN, elle appelle Gérard Onesta et Philippe Saurel au...

Emmanuel Macron a critiqué les 35 heures, le 27 août, lors de l'université d'été du Medef, avant de finalement nuancer ses propos. Le soutenez-vous?

Les 35h constituent un acquis auquel les Français, comme moi, sont attachés et pas seulement à gauche. S'il faut continuer les réformes et toujours valoriser le travail, polémiquer sur les 35h, dont le dispositif est déjà souple, n'apporte rien.

Durant l'été la proposition de la "loi Alary" a fait polémique. Votre campagne est-elle entachée par cet épisode ?

Non, sur le terrain, on ne me parle pas du tout de ça. Certains ont décidé d'en faire une polémique en donnant de fausses informations sur le coût d'une telle mesure (selon Dominique Reynié (LR), la création d'un poste de président délégué dans chaque région couterait à 114 millions d'euros). C'est un jeu dangereux car c'est prendre le risque de détourner les gens de l'élection et de susciter l'abstention ou pire, le vote FN. Faire un argumentaire électoral avec des arguments fallacieux, c'est dangereux.

Sur le fond, comprenez-vous que cette mesure, arrivée dans le débat au moment de l'accord avec le PRG, ressemble à un arrangement pour consoler Damien Alary (qui ne serait finalement pas premier vice-président, au profit de la PRG Sylvia Pinel) ?

Je rappelle que les discussions sur la création d'une présidence déléguée avaient déjà eu lieu lors des débats parlementaires sur la loi Notre. À l'époque, il a été jugé prématuré de prendre une décision, mais la question se posait ainsi : étant donné que le nombre de conseillers régionaux va être divisé par deux (15 au total sur le grand territoire contre 30 actuellement) et que la fusion va demander énormément d'engagement, il s'agissait de créer un poste qui faciliterait cette transition. Je dénonce une nouvelle fois les élucubrations de Dominique Reynié sur le coût de la mesure, qui finalement de coûtera rien. Il n'est pas question de créer un nouveau cabinet, de mettre à disposition des voitures ou des secrétaires, comme on l'a entendu.

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Dominique Reynié critique également votre bilan en tant que maire de Martres-Tolosane, pointant l'augmentation du chômage... que répondez-vous ?

Je ne suis pas dans le commentaire mais dans l'action. Qu'il se rappelle que j'ai été réélue dès le premier tour avec 64,75 % des voix. Il peut en discuter avec les habitants, les commerçants et les chefs d'entreprise de Martres-Tolosane. Par ailleurs, s'il croit que c'est le maire qui a la main sur les emplois créés ou détruits dans une commune, cela prouve qu'il est complètement déconnecté du réel.

La députée PS Monique Iborra critique votre candidature, et dénonce notamment votre cumul des mandats, car vous êtes députée. Quelles sont vos relations ?

Je ne rentre pas dans ces débats stériles. Quand on est candidate, il y a des personnes qui entrent dans des histoires de jalousie ou de haines personnelles. Elles doivent comprendre que cela n'enlève rien à ma détermination ou à mon engagement. Je ne tombe pas dans ce genre de bassesses.

Sur le fond, pourquoi, si vous êtes élue présidente de région, ne démissionnerez-vous pas de votre mandat de députée ?

Tout simplement parce que le calendrier électoral fait que si je démissionne, il n'y aura pas d'élection partielle mise en place pour me remplacer. Or, je ne veux pas laisser ce poste de député vacant. Le renouvellement législatif aura lieu l'année d'après. Quand on est élu, c'est normal d'aller à bout de son mandat, par respect pour le territoire qui vous a fait confiance. Bien sûr, si je suis élue présidente de Région, je ne me représenterai pas à la députation.

Valérie Rabault, députée PS du Tarn-et Garonne, devait être tête de liste dans ce département, mais a fait les frais de l'accord avec le PRG et se trouve remplacée par Sylvia Pinel. Elle a critiqué l' "équilibre politique" de cet accord. Vous êtes-vous expliquée avec elle ?

Je m'entends très bien avec Valérie. Je l'estime beaucoup, c'est une amie, nous nous sommes connues quand nous avons été élues députées et nous étions toutes les deux à la Commission des finances. J'ai fortement soutenu sa candidature pour être rapporteure du budget. Pour elle, les choix n'ont pas été faciles à accepter mais elle m'a toujours témoigné son entier soutien et sa totale loyauté. Nous faisons campagne ensemble. D'ailleurs elle fait partie des premières personnes à m'encourager pour la présidence de la nouvelle région. Des début 2014, elle m'en parlait en me disant "si Martin (Malvy, NDLR) s'arrête, tu devrais y penser".

Vous entendez-vous aussi bien avec Sylvia Pinel ?

Il n y a jamais eu de problème de personne entre Sylvia et moi. On se connaît depuis longtemps, nous avons fait la campagne des régionales de 2010 ensemble et nous faisons cette campagne 2015 côte à côte.

Vous allez présenter vos listes en septembre. Avez-vous déjà décidé quelles seront les 18 personnalités du PRG qui figureront sur vos listes ?

Non. Le processus est le suivant : le PRG a lancé un appel à candidatures en interne, et procèdera ensuite à des désignations qui seront approuvées lors du congrès du PRG à Montpellier le 18 septembre. C'est pour cela que la présentation des listes n'aura lieu qu'après le 18 septembre. Nous allons aussi procéder au choix des personnalités issues de la société civile qui seront sur les listes.

Que vous inspirent les sondages, qui vous donnent gagnante d'une courte tête ?

S'il y a une leçon à tirer des sondages, c'est que quand la gauche est divisée, elle est affaiblie. C'est pourquoi j'appelle au rassemblement pour que nos projets de gauche s'expriment au sein de la région. Une région de gauche ou une région de droite, ce n'est pas du tout la même chose ! Cet appel au rassemblement s'adresse à Gérard Onesta, au PC, au Parti de Gauche, et à Philippe Saurel, car j'espère qu'il est à gauche, et qu'il le restera.

Notre ennemi commun est le FN. Quand je vois comment Robert Ménard gère la ville de Béziers, notamment en restreignant l'accès à la cantine selon que les parents travaillent ou pas, je constate à quel point il est éloigné des valeurs de vivre ensemble, de convivencia, et d'ouverture que nous défendons.

Gérard Onesta, candidat EELV, critique la manière de gouverner de Martin Malvy, évoquant un " régime présidentiel". Qu'en pensez-vous ?

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La proposition de Gérard Onesta de révoquer les élus et de multiplier les referendums ne constituerait pas une avancée de la démocratie car elle déstabiliserait le Conseil régional et d'ailleurs toute assemblée élue : un exécutif a besoin de stabilité pour travailler, les représentants des citoyens s'expriment lors du vote. En revanche, je suis pour une concertation de la population, plus approfondie , lorsque de grands projets d'aménagement sont en cause.

Par ailleurs, j'ai travaillé aux côtés de Martin Malvy, comme Gérard Onesta. Nous étions tous deux vice-présidents dans l'équipe de Martin Malvy et je trouve surprenant que de telles attaques surviennent aujourd'hui. L'esprit d'équipe et la solidarité ont été sa marque de fabrique pendant 17 ans : je reprends ces valeurs à mon compte. Gérard Onesta est le bienvenu s'il veut discuter des projets pour lutter contre le changement climatique dans la région Languedoc Roussillon Midi Pyrénées, mais je n'entrerai pas dans de petites polémiques.

Le gouvernement ou la région : vous ne regrettez pas votre choix ?

Je suis convaincue d'avoir fait le bon choix. Je suis combative, motivée et passionnée.

Sophie Arutunian

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