Au premier semestre 2024, 2,7 millions de personnes étaient en attente d'un logement social, soit une augmentation de 100.000 demandeurs par rapport à 2023, selon l'Union Sociale pour l'Habitat. Effondrement du marché du neuf, durcissement des conditions d'octroi de prêt, hausse des prix de l'immobilier... La crise immobilière impacte durablement le parc social et l'attente moyenne pour un logement est de six à sept ans, voire même dix ans en Île-de-France.
Promulguée en 2000, la loi relative à la Solidarité et au Renouvellement Urbain (SRU) vise à promouvoir la mixité sociale et impose aux communes de plus de 3.500 habitants, situées dans une agglomération ou un établissement public de coopération intercommunale (EPCI) de plus de 50.000 habitants, un quota minimum de 20% ou 25% de logements sociaux. Mais le dernier bilan triennal 2020-2022 a été particulièrement décevant : parmi les 2.200 communes concernées par la loi SRU, la moitié n'a pas atteint les objectifs de production et les communes carencées ont fait l'objet d'un prélèvement annuel de près de 240 millions d'euros.
Ces dix dernières années, la commune de Générac, qui a perdu l'exercice de son droit de préemption depuis 2012 en raison de cette carence, a dû rembourser 900.000 euros de pénalités.
« Nous sommes fondamentalement pour le logement social mais cette loi, qui n'a pas évolué depuis plus de vingt ans, est inéquitable territorialement »,s'insurgeFrédéric Touzellier, maire de la commune gardoise de Générac (4.500 habitants), vice-président de Nîmes Métropole et président du Scot du Gard.