Les cartes de crédit rejetées par les grandes banques

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HSBC et Bank of America ont récemment cédé des activités de cartes de crédit. Ces dernières vont souffrir de la réglementation de Bâle III.

Les temps sont durs pour les activités de cartes de crédit. La première banque mondiale en termes d'actifs, Bank of America (BofA), a en effet annoncé lundi la cession de ses activités dans les cartes de crédit en Grande-Bretagne, en Irlande et au Canada. Dans ce dernier pays, l'établissement américain a conclu un accord avec la canadienne TD Bank Group portant sur un portefeuille de 8,6 milliards de dollars, mais le montant de la transaction n'a pas été révélé.

Ces cessions suivent celles annoncées par la banque britannique HSBC, qui va céder ses activités américaines de cartes de crédit et de services de détail à Capital One Financial pour environ 2,6 milliards de dollars, soit 1,57 milliard d'euros, dans le cadre de son programme de vente d'actifs non stratégiques.

« Non stratégique », l'activité cartes de crédit - quasiment inexistante en France, où l'on utilise des cartes de débit - l'est devenue en partie à cause de la future réglementation de Bâle III. Cette dernière imposera un niveau plus important qu'auparavant de dépôts au bilan par rapport aux crédits accordés. Or, « les métiers cartes de crédit consomment énormément de liquidités et ne sont pas adossés à des dépôts », indique un analyste de la place parisienne.

En outre, aux États-Unis, « avec le ralentissement de l'activité économique, les provisionnements pour débiteurs douteux vont augmenter », indique Christophe Nijdam, analyste secteur bancaire chez AlphaValue. Ce qui n'incitera pas les banques basées outre-Atlantique à garder ces activités qui risquent d'être à l'avenir plus coûteuses.

Reste que les métiers de cartes de crédit ne sont pas (encore) les « patates chaudes » des banques. Elles sont aujourd'hui rentables, car le coût de refinancement des banques est faible. Les taux directeurs des banques centrales en Europe et aux États-Unis sont en effet à un niveau très bas voire proche de zéro comme outre-Atlantique.

Autre preuve, les activités qui vont être vendues par HSBC ont dégagé un bénéfice après impôt de 600 millions d'euros au premier semestre.

Enfin concernant BofA, la réglementation n'est pas la seule raison à ces cessions. La banque a en effet besoin d'argent car elle est embarquée dans une multitude d'affaires : l'assureur américain AIG a notamment porté plainte contre elle le 9 août, devant un tribunal de New York, et lui réclame 10 milliards de dollars, accusant la banque américaine de « fraude massive » liée à des créances hypothécaires.

 

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