« Le secteur culturel représente sept fois le secteur de l'industrie automobile », soulignait la ministre de la Culture, Roselyne Bachelot, le 31 août dernier sur France Culture. Pourtant dans le plan de relance, le premier a reçu deux milliards d'euros, le second huit milliards d'euros... Certes, cette somme est venue compléter les mesures d'urgence - 856 millions d'aides spécifiques, 849 millions pour financer l'année blanche des intermittents, près de 3,3 milliards d'aides transversales à l'instar de l'activité partielle, de l'exonération de charges et des prêt garantis par l'état - déjà mises en place par le gouvernement pour la culture. Mais est-ce suffisant ? Ce secteur représentait en 2018, près de 2,3 % du PIB et générait 670.000 emplois, soit 2,5% de la population active.
« Deux milliards d'euros ont été débloqués. Maintenant, comment les faire parvenir au plus grand nombre ? » C'est la question que se posent actuellement les acteurs du milieu culturel. Ils ont vécu cette crise sanitaire comme un véritable traumatisme. « Dans un moment où la règle doit être l'éloignement, la distance, la protection, tout ce qui fonde l'éthique de notre travail depuis des années est compromis », regrette Benoit Lambert, directeur du Théâtre Dijon Bourgogne (TDB). Ce dernier rappelle que les lieux de spectacles vivants sont aussi des lieux de convivialité où les gens aiment se rencontrer. Pour ce théâtre, qui avait proposé en région 209 représentations en 2019 pour 27.940 spectateurs, mais également 254 représentations en tournée nationale pour 63.684 spectateurs, les artistes et les techniciens ont été payés comme s'ils avaient travaillés. « Grâce aux mesures mises immédiatement en place par l'État : chômage partiel et allègement des cotisations, nous avons pu traverser 2020 sans catastrophe », confie Benoit Lambert. Toutefois, l'annulation de dates entraine la suppression de cachets. 2021 s'annonce plus compliquée pour les intermittents qui n'auront pas déclarés suffisamment d'engagements pour obtenir le fameux sésame : le statut d'intermittent du spectacle qui donne droit à une allocation journalière proportionnelle aux revenus, comprise entre 31,36 euros et 133,27 euros. L'intermittence génère 2,4 milliards d'euros de masse salariale. Elle concerne 272.000 salariés, mais seulement 117.000 d'entre eux. « L'année blanche pour les intermittents est une importante mesure, mais il ne faut pas se leurrer : les gens qui vont se retrouver un an au chômage auront un choc sur leur niveau de vie », souligne Benoit Lambert.