Act Food Bretagne : la filière agri-agro veut peser au niveau européen

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Avec Act Food Bretagne, les cinq centres techniques, qui comptent 150 salariés pour 12 millions d'euros de budget global, veulent peser au niveau national et européen et être plus présents sur les appels à projets structurants (PIA, FUI, ANR) nécessitant un nombre restreint de partenaires ou un budget de fonctionnement conséquent.
Avec Act Food Bretagne, les cinq centres techniques, qui comptent 150 salariés pour 12 millions d'euros de budget global, veulent peser au niveau national et européen et être plus présents sur les appels à projets structurants (PIA, FUI, ANR) nécessitant un nombre restreint de partenaires ou un budget de fonctionnement conséquent. (Crédits : © Pascal Rossignol / Reuters)
Début octobre, cinq centres bretons d'innovation technologique agri-agro se sont associés dans la fédération Act Food Bretagne. Leur objectif: accélérer la croissance des entreprises et peser au niveau européen en répondant à plus d’appels d’offres. Jean-Pierre Rivery, président d’ID Mer vient d’être élu à la tête de la fédération. Act food Bretagne se met en ordre de marche.

De l'huile de homard chez Guyader à Landrevarzec (29), des boissons aux algues et aux produits de la mer chez Tête en Mer, une jeune entreprise installée à Saint-Malo : l'innovation et la création de produits alimentaires à forte valeur ajoutée se niche partout sur le territoire breton.

Si les bonnes idées émergent chez les industriels et se retrouvent en rayon, elles s'appuient aussi sur des centres techniques répartis sur l'ensemble de la région et reconnus dans leur spécialité. L'ADRIA pour la qualité et la sécurité des aliments, le CEVA pour la valorisation des algues, ID Mer pour les produits de la mer, Végénov pour les biotechnologies végétales et Zoopôle Développement pour la santé animale et les sciences du vivant : tous ont en commun d'accompagner localement sur cinq ans les projets d'innovation des entreprises. Pourtant, cet écosystème de l'innovation agri-agro était  encore trop éclaté et assez peu lisible pour les industriels.

Pour être mieux connu en France et sur le marché européen, pour construire des projets structurants à l'échelle internationale, les cinq centres techniques viennent de franchir un cap avec la création d'Act Food Bretagne.

Cette fédération des centres d'innovation technologique agri-agro de Bretagne entre dans une phase opérationnelle. Depuis mercredi 16 décembre, elle est dotée d'un directoire composé des présidents ou DG des cinq centres et de cinq industriels représentatifs des filières (lait, volailles, viandes, légumes, mer) : Christian Guyader (Guyader Gastronomie), Olivier Clanchin (Triballat Noyal), Georges Galardon (Triskalia), Joseph Rousseau (Prince de Bretagne) et Guénolé Le Calvez (Biotechmarine).

Présidée par Jean-Pierre Rivery d'ID Mer, Act Food Bretagne finalisera au premier trimestre sa feuille de route et son programme.

Faire de la Bretagne un leader européen dans l'alimentaire

« Pour la recherche, le développement et la mise en oeuvre de projets issus des entreprises, la Bretagne a la chance de détenir avec les centres techniques, les cinq compétences qui couvrent l'ensemble des secteurs agri-agro se félicite Jean-Pierre Rivery. Nous travaillons déjà sur des projets collaboratifs avec le pôle de compétitivité Valorial et le Centre Culinaire Contemporain de Rennes. Mais l'idée, c'est d'aller chasser en meute, de faire jouer les synergies, de mutualiser les compétences pour proposer une offre globale de services, de recherche et d'innovation aux entreprises et clients, en Europe et à l'international. Fédérer le plus d'entreprises bretonnes dans les projets, c'est créer de la valeur, et donc de l'emploi.»

Avec Act Food Bretagne, les cinq centres techniques, qui comptent 150 salariés pour 12 millions d'euros de budget global, veulent peser au niveau national et européen et être plus présents sur les appels à projets structurants (PIA, FUI, ANR) nécessitant un nombre restreint de partenaires ou un budget de fonctionnement conséquent.

Début 2016, la fédération répondra par exemple, à un appel à projets national en vue de la création d'un Institut Carnot agri-agro en Bretagne.

Croisement de filières

Conçue comme un accélérateur de croissance, l'association dont le secrétariat général est basé à Quimper, veut aussi profiter de son bon maillage du territoire pour faire travailler ensemble des groupes comme Roullier, Diana, Prince de Bretagne, Triballat... et des petites entreprises locales qu'il faut faire émerger. Cette collaboration sur des projets appelle le croisement de différents domaines technologiques, qu'il s'agisse de biologie, de microbiologie, de biotech bleues et vertes ou de marquage moléculaire pour la sélection végétale...

« Dans le domaine des biotechs, des ingrédients, il y a des pépites en Bretagne, ajoute Jean-Pierre Rivery. Nos entreprises ont des solutions pour répondre à la demande de diminution des antibiotiques et des pesticides. De même, les technologies biotechs utilisées sur les végétaux peuvent aussi être appliquées aux algues. Ce sont ces synergies que nous allons mettre en avant pour créer de la valeur. »

Prévu par le Pacte d'avenir pour la Bretagne, ce rapprochement est fortement soutenu par la Région Bretagne. Dans la première région agricole et agro-alimentaire française, la crise de cette filière marque une mutation. L'innovation et l'unité sont considérées comme les armes les plus efficaces pour gagner demain en visibilité et en compétitivité. Dans ce secteur, l'Europe est devenu le véritable échelon de compétition économique.

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