Comment Rennes aménage le temps de façon durable

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L'adaptation des horaires des services publics prend en compte les attentes des usagers et la qualité de la vie.
L'adaptation des horaires des services publics prend en compte les attentes des usagers et la qualité de la vie. (Crédits : Didier Gouray)
OBJECTIF ZÉRO CARBONE : LES VILLES MODÈLES 1/6. S'adapter aux modes de vie, harmoniser les rythmes dans un monde où le temps s'accélère. À Rennes, la chasse au temps perdu dans les transports, la recherche de solutions pour désengorger et faciliter la ville, est assurée depuis 2002 par un Bureau des temps. Objectif : favoriser l'égalité sociale et rendre le territoire plus fluide.

À Rennes, l'aménagement voire l'optimisation des itinéraires et des temps de trajets pour emmener ses enfants à l'école ou rejoindre son bureau est une des grandes préoccupations du territoire. Alors que l'agglomération gagne chaque année en habitants, la recherche de maîtrise du temps s'est formalisée dès 2002 avec la création d'un Bureau des temps par le maire PS Edmond Hervé. Avec pour mission d'aider les habitants à mieux organiser leurs déplacements et à éviter les files d'attente dans les transports, l'action du Bureau des temps s'est notamment distinguée par quelques démarches innovantes.

En 2012, pour désengorger le métro aux heures de pointe, l'Université de Rennes 2 a accepté de décaler d'un quart d'heure l'arrivée de ses 14.000 étudiants (21.632 en 2018). Cette première initiative sur la question des mobilités en a créé d'autres.

Aujourd'hui, la Métropole, qui se veut en pointe sur la mobilité durable, entend s'attaquer, en partenariat avec les entreprises, aux bouchons quotidiens dans certaines zones d'activités. « Nous explorons comment on peut donner du temps au temps en transposant une expérience réussie dans le métro à des zones engorgées par les voitures. D'ici à quelques mois, cela ne se traduira pas uniquement en termes de décalage des horaires », se contente d'indiquer Catherine Dameron, responsable du Bureau des temps.

« En 2002, le Bureau des temps est né de la conviction que le temps est un révélateur des inégalités sociales, entre ceux qui peuvent s'acheter des services et du temps et ceux qui le subissent dans les contraintes quotidiennes. »

70% des Rennais vivent aujourd'hui à 10 minutes d'une station de métro

Le Bureau des temps agit sur différents leviers. S'il soutient des initiatives pour favoriser les gardes d'enfants sur des horaires atypiques, il a aussi contribué, grâce à ses études, à modifier les conditions de travail des femmes agents d'entretien de la Ville de Rennes.

Depuis 2005, ces agents ne travaillent plus en horaires décalés mais en journée.

« Cette mesure, une des premières du Bureau des temps, a permis de gagner en productivité et de faire baisser l'absentéisme. Elle a même inspiré des entreprises du secteur privé, signale Catherine Dameron. La réflexion sur le temps est une réflexion collective, l'étude des modes de vie est en constante évolution. Notre mission est aussi de voir comment utiliser les infrastructures urbaines en étalant leurs usages dans le temps. »

L'adaptation des horaires des services publics prend en compte les attentes des usagers et la qualité de vie. À Rennes, les piscines sont ouvertes le midi et le soir, certaines bibliothèques fonctionnent le dimanche, et les horaires d'espaces culturels comme le musée des Beaux-Arts ont été repensés.

Outils d'aide à la décision des élus, les cartes isochrones du Bureau des temps permettent aussi à la Métropole de signaler aux habitants ce qu'ils peuvent faire à 5, 10, ou 15 minutes à pied de leur domicile. Alors que 70% des Rennais vivent aujourd'hui à 10 minutes d'une station de métro, l'un des enjeux du PLU à échéance 2030 est de faire en sorte que, dans dix ans, un Rennais sur 10 ait accès à un espace vert ou de loisir à 5 minutes à pied de chez lui. Le Bureau des temps aide à mieux utiliser les ressources du territoire dans une approche de développement durable.

Par Pascale Paoli-Lebailly,
correspondante pour La Tribune en Bretagne

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Commentaires
a écrit le 07/12/2018 à 16:47 :
Dans cet article on ne parle que de la ville de Rennes (215000 habitants) mais pas de l'agglomération (450000 habitants) : 70% des Rennais vivent aujourd'hui à 10 minutes d'une station de métro mais au sein de Rennes Métropole, ce pourcentage est beaucoup moins flatteur !
Il suffit de voir les bouchons tous les matins sur la rocade de Rennes, pour comprendre que tout n'est pas si rose !!!

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