Des huîtres naturelles sinon rien
Alexandre Lazerges
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Photo d'illustration
© LTD / BENOIT TESSIER/reuters
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Benoît Le Joubioux est un ostréiculteur militant. À la tête de l'exploitation fondée par son grand-père sur les bords de l'Atlantique au Tour-du-Parc (Morbihan), il vend chaque semaine sa production sur les marchés d'Angers. Tout allait pour le mieux jusqu'à ce que, pour lutter contre les maladies qui ont frappé les huîtres dans les années 2000, l'Ifremer en conçoive une en laboratoire aux chromosomes modifiés. Cette huître, dite triploïde, n'est plus fécondée naturellement au gré des marées avec un patrimoine génétique varié, mais née dans une écloserie à partir d'un nombre limité de gamètes. Problème : il est impossible de distinguer les deux sortes, même pour un professionnel, car elles sont toutes deux élevées de la même manière.
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Or si le label bio européen ne fait volontairement pas la différence entre les deux espèces, les huîtres naturelles mettent quatre ans à arriver à maturation, contre deux ans et demi seulement pour celles nées artificiellement. On comprend l'intérêt pour les ostréiculteurs, mais par crainte de voir les consommateurs bouder celles issues des labos, soit 50 % de la production française actuelle, le CNC (Comité national de la conchyliculture) refuse d'instaurer un étiquetage distinct. « C'est donc pour les différencier que nous avons fondé en 2007 l'association Ostréiculteur traditionnel [OT] », revendique Benoît Le Joubioux. Lui et les 70 autres adhérents font toujours naître les huîtres naturellement au début de l'été (les mois sans r), avant de capter les naissains et de les élever.
Alexandre Lazerges