À Strasbourg, des lobbies locaux sous-dimensionnés pour défendre le Parlement

Olivier Mirguet, à Strasbourg
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Parlement européen
Reuters

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« Il fallait professionnaliser le lobbying pro-Strasbourg, mais certains élus ne l'ont pas voulu », regrette Pierre Loeb, qui vient d'accéder à la présidence de l'association Strasbourg pour l'Europe. Repéré localement pour ses positions militantes en faveur du Parlement, Pierre Loeb est coauteur, depuis 2012, de trois études consacrées à la défense de l'institution. Pour boucler ses travaux, il a convaincu la sénatrice Fabienne Keller de puiser dans sa réserve parlementaire. « 15.000 euros de subventions pour une association comme la nôtre, ça rapporte plus que si on avait versé cet argent à un lobbyiste », estime Pierre Loeb, qui a notamment voulu démontrer que les chiffres qui circulaient sur le surcoût du siège à Strasbourg étaient erronés.
En 2013, les collectivités locales ont établi une task force apolitique, confiée à l'ancienne maire (PS) de Strasbourg et ex-députée européenne Catherine Trautmann. Avec un budget de fonctionnement passé de 50.000 euros à 200.000 euros, ce groupe d'élus locaux a validé le recrutement d'un lobbyiste bruxellois pour l'aider à défendre le siège à Strasbourg. Le lobbyiste en question, Daniel Guéguen, se présente comme « l'un des plus anciens » à Bruxelles. Il a été spécialiste des questions agricoles et de la comitologie. Les membres de la task force ont financé sa mission, estimée à quelques centaines de milliers d'euros. Selon les informations recoupées par La Tribune, son contrat strasbourgeois arrive à terme et ne sera pas renouvelé. « Il a produit deux ou trois rapports, qui sont des copier-coller de nos propres travaux », accuse Pierre Loeb. Mis en cause, Daniel Guéguen « ne souhaite pas s'exprimer », craignant les « caricatures ». Ambiance...
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Exit le lobbying professionnel. Les défenseurs de Strasbourg préfèrent s'en remettre à la vigilance des députés européens originaires de la région, prompts à sonner l'alerte dès qu'ils détectent un amendement budgétaire susceptible de causer du tort à « leur » siège. Depuis son élection en 2014, Anne Sander (PPE) a souvent lancé l'alerte. Seule Fabienne Keller (liste Renaissance) figure en position éligible pour la seconder à la rentrée parlementaire en juillet.
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