À Strasbourg, la renaissance populaire de la Manufacture des tabacs

Olivier Mirguet
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Le restaurant de l'auberge de jeunesse People Hostel met en valeur le passé industriel du lieu.
Charles Urban / REA

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Reconstruire la ville sur la ville est quasiment devenu une règle d'or dans les métropoles où le foncier est de plus en plus rare du fait de la politique de zéro artificialisation nette (ZAN) des sols. À Strasbourg, la métamorphose de la Manufacture des tabacs en est la parfaite illustration. Situé dans le quartier de la Krutenau, où se concentre la vie étudiante, ce site industriel a cessé sa production en 2010. Enclavé en centre-ville, desservi exclusivement par les transports routiers, il comptait 227 salariés sur ses lignes de cigarillos à sa fermeture.
Érigé à partir de 1849, cet ensemble immobilier de 21.500 mètres carrés de surfaces de plancher autour d'une cour intérieure de 6.800 mètres carrés aura bénéficié, au fil des décennies, de mesures de conservation entreprises par ses propriétaires, la Seita puis Altadis et Imperial Tobacco.
Le bâtiment de forme carrée, en pierre de taille, bois et métal, se trouvait dans un bon état. Les promoteurs immobiliers ont évidemment flairé le potentiel d'un tel objet patrimonial, proposant jusqu'à 15 millions d'euros pour l'acheter, sous condition suspensive de pouvoir y réaliser des logements.
Mais les collectivités, dirigées alors par les socialistes Roland Ries (mairie) et Robert Herrmann (Communauté urbaine), ont refusé cette offre et menacé le propriétaire d'exercer leur droit de préemption. Les parties sont finalement parvenues à un accord pour une cession à l'amiable : 9,5 millions d'euros hors taxes.
Classée aux Monuments historiques en 2016, la Manufacture a pu faire l'objet d'une reconversion pilotée par la Société d'aménagement et d'équipement de la région de Strasbourg (SERS), société d'économie mixte chargée des grands projets de l'agglomération.
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Huit ans plus tard, les promoteurs de la Manufacture ont inventé un nouveau lieu de vie qui héberge un écosystème alliant les arts, les sciences et l'entrepreneuriat. L'université de Strasbourg occupe ainsi près de la moitié des surfaces où elle a établi un pôle d'excellence autour des géosciences, de l'eau, de l'environnement et de l'ingénierie.
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