La Banque de France publie une étude sur la situation économique des entreprises régionales. Les prévisions sont optimistes, notamment dans la construction et l'industrie, en dépit de difficultés temporaires d'approvisionnement et de tensions sur les prix.La direction régionale de la Banque de France dans le Grand-Est a révisé à la hausse ses prévisions pour l'année 2021. "L'activité industrielle dans le Grand-Est devrait s'établir en hausse de 10,8 % en 2021, contre seulement 8,6 % annoncés en début d'année. La reprise est donc plus rapide que prévu", observe Laurent Sahuquet, directeur régional de la Banque de France à Strasbourg. "Dans les services, le rebond de l'activité s'établit déjà à 7,3 % contre 4,1 % prévus en début d'année. Mais c'est le secteur du bâtiment et des travaux publics qui va connaître la sortie de crise la plus dynamique, avec un rebond de 11,4 % et surtout une rentabilité meilleure que prévu", détaille Laurent Sahuquet.
L'arrêt brutal de la crise sanitaire
Dans le Grand-Est, l'activité économique a connu un arrêt brutal début 2020. La situation a été particulièrement critique en Alsace, territoire touché en première ligne par la crise sanitaire en mars, avril et mai 2020. "L'étude en cours des bilans des entreprises de plus de 750.000 euros de chiffre d'affaires confirme que les situations sont moins dégradées que ce qu'on a pu craindre", analyse Laurent Sahuquet. "L'activité dans l'industrie s'est repliée de 11,4 %, mais les comptes de résultat ont assez bien résisté", observe-t-il. Les autres secteurs ont mieux tenu face à la crise en 2020 : le chiffre d'affaires du commerce n'a reculé que de 1,6 % l'année dernière dans le Grand-Est, avec des effectifs en hausse (+ 0,4 %). Les services marchands ont perdu 6,8 % de chiffre d'affaires pendant cette année de crise et le secteur de la construction (bâtiment, travaux publics) a reculé de 6 %.
Dans son enquête de conjoncture régionale, la Banque de France relève un accroissement sensible de l'endettement brut des entreprises, en particulier dans le secteur de la construction où le taux d'endettement passe de 36,4 % en 2019 à 55,2 % en 2020. "Les mesures de soutien à l'économie ont joué à plein dans le Grand-Est, même si un nombre important d'entreprises n'ont opté que par prudence pour les prêts garantis par l'Etat. L'endettement brut augmente, mais la trésorerie augmente aussi", analyse Laurent Sahuquet. Entre 18 % et 25 % des entreprises de la région envisagent déjà le remboursement intégral de leur PGE en 2021.