Ici, ce n'est pas un secret : le triangle entre Saint-Omer, Calais et Dunkerque n'est autre qu'un... polder ! Autrement dit, un aménagement réalisé par l'homme pour gagner des terres sur l'eau et mis en place au Xème siècle. Ce territoire, qui compte 430.000 habitants et 1.500 kilomètres de voies d'eau, adopte la physionomie d'une baignoire. « Avec des côtés qui descendent en pente, un fond qui constitue le polder et une bonde d'évacuation au bout qui seraient les stations de pompage vers la mer », compare Frédérique Barbet, adjointe au directeur de l'Institution intercommunale des « wateringues » (IIW), le terme flamand désignant les zones basses des polders assainies par l'homme.
Alors quand il pleut trop fort et trop longtemps, comme en novembre dernier et en ce début janvier, la « baignoire » déborde. « Dans ce genre de crue, la première cause du débordement, ce sont les précipitations, qui sont tombées sans discontinuer sur un sol déjà saturé par les pluies de novembre, et avec des nappes phréatiques déjà pleines », poursuit Frédérique Barbet. Les niveaux de pluies sont restés importants ces trente derniers jours, avec plus de 100 millimètres sur le polder et 160 mm sur l'amont du bassin versant. Au total, du 15 octobre au 2 janvier, les niveaux de pluie étaient plus de 2,5 fois supérieurs la normale, selon Météo France. Entre le 1er et le 14 novembre, il faut imaginer que ce sont trois mois de précipitations habituelles pour la saison qui sont tombées... en seulement 15 jours !