Avec sa consultation, Valérie Pécresse relance la bataille du périph' parisien

La présidente de région et candidate à l'investiture des Républicains pour l'élection présidentielle vient de lancer une consultation sur l'infrastructure routière parisienne. Trois ans et demi après avoir impulsé une première consultation internationale avec l'Etat, la Métropole et les départements, Valérie Pécresse pourrait même tomber d'accord avec Anne Hidalgo sur la réservation d'une voie.
César Armand

7 mn

Depuis trois ans et demi, la boucle de 35 kilomètres inaugurée en 1973 ne cesse en effet de déchaîner les passions. Les uns veulent la détruire, les autres veulent la réaménager, les derniers la conserver telle quelle.
Depuis trois ans et demi, la boucle de 35 kilomètres inaugurée en 1973 ne cesse en effet de déchaîner les passions. Les uns veulent la détruire, les autres veulent la réaménager, les derniers la conserver telle quelle. (Crédits : Photo AFP)

Après une consultation internationale, une mission d'information et d'évaluation du Conseil de Paris, des promesses de campagne lors des élections municipales et régionales, place à une consultation en ligne à l'échelle de l'Île-de-France.

En campagne pour sa réélection à la tête du conseil régional, Valérie Pécresse l'avait promise. Désormais candidate à l'investiture des Républicains pour l'élection présidentielle, la présidente (Libres !) de la région invite les Franciliens à se prononcer, d'ici au 30 novembre, « pour » ou « contre » le retrait d'une voie ouverte à tous sur le boulevard périphérique.

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Une boucle de 35 km qui déchaîne les passions

Depuis trois ans et demi, la boucle de 35 kilomètres inaugurée en 1973 ne cesse de déchaîner les passions. Les uns veulent la détruire, les autres veulent la réaménager, les derniers la conserver telle quelle. Le périph' est propriété de la ville de Paris, mais il est utilisé quotidiennement par près d'un million de Franciliens. 40% des trajets vont de banlieue à banlieue, et seuls 20% des usagers sont Parisiens, a l'habitude de répéter le conseil régional.

A l'approche des Jeux olympiques et paralympiques de Paris 2024, la capitale souhaite en effet réserver une voie aux participants, avant de la dédier aux transports en commun, aux véhicules électriques et à l'autopartage. Pour la présidente de région, cela revient à « supprimer » une voie pour la réserver « exclusivement » aux bus et au covoiturage. « Nous la transformons », rétorque David Belliard, l'adjoint (EELV) d'Anne Hidalgo chargé des transports.

"Il faut se concerter bien sûr"

Un souhait exprimé à deux reprises par la maire (PS) de Paris lors de la campagne des dernières élections municipales. La première fois en novembre 2018 dans une interview accordée à La Tribune dans laquelle elle songeait « réserver une des voies du périphérique, intérieur ou extérieur, aux mobilités partagées, y compris aux vélos, aux mobilités actives et aux taxis. Et de mettre l'autre en double sens »Une seconde fois en février 2020 juste avant le premier tour du scrutin. La maire-candidate rêvait alors d'instaurer de chaque côté une voie dédiée au covoiturage, aux transports collectifs - dont les taxis - et aux véhicules propres.

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 Dans les deux cas, l'édile de la capitale ne comptait pas agir seule dans son coin. « C'est à étudier et il faut se concerter bien sûr, il n'y a pas de décision prise », nuançait Anne Hidalgo dans nos colonnes. De même, quatre mois plus tard, son adjoint (apparenté PS) chargé de l'urbanisme et du Grand Paris, Jean-Louis Missika, insistait sur la nécessité d'« ouvrir une discussion » avec l'autorité organisatrice des transports en Île-de-France, IDF Mobilités, dont la présidente n'est autre que... Valérie Pécresse.

Une consultation internationale impulsée en mai 2018

En réalité, la maire de Paris n'a toujours fait que reprendre la position commune des quatre équipes finalistes des Routes du Futur, une consultation internationale impulsée en mai 2018 par le Forum métropolitain du Grand Paris, syndicat mixte qui réunit la Ville, la métropole, les départements et la région. Outre l'Etat qui a mis 200.000 euros au pot commun pour financer ces travaux, Paris comme le conseil régional ont apporté 1 million d'euros, les conseils départementaux, la MGP et les communes les 475 millions restants.

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D'un côté, la démarche « New Deal », soutenu par la direction de la prospective de Vinci Autoroute, qui a raisonné à l'échelle de la région-capitale et demandé une gouvernance forte, a planché sur deux scénarios de moyen (2030) et de long (2050) terme « dans un souci écologique, énergétique et numérique ». De l'autre, le groupement SUN pour « Shared » (partagés), « Utility » (services à la ville) et « Network » (réseaux et interconnexions) jugeait prioritaire de « répondre à l'accroissement de la mobilité et de la population en Île-de-France », selon sa porte-parole Madeleine Masse, cheffe du pôle urbanisme de l'AREP, filiale de Gares & Connexions, groupe SNCF.

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Pécresse et Hidalgo pourraient tomber d'accord

En attendant les résultats de la consultation et les arbitrages de l'Etat, Valérie Pécresse et Anne Hidalgo pourraient même tomber d'accord. Si la patronne du conseil régionale refuse la pérennisation de cette voie pour des bus ou du covoiturage, elle s'est déjà dite, par le passé, « d'accord pour une voie olympique dédiée aux Jeux olympiques ». « L'intérêt des JO 2024 est que cela serve d'accélérateur », a déclaré, de son côté, la maire de Paris. D'autant que les « Ateliers du périphérique » se poursuivent entre la capitale et les communes concernées. Après trois réunions à Malakoff, Neuilly-sur-Seine et Saint-Ouen-sur-Seine, deux autres ont eu lieu en visioconférence les 18 mars et 20 mai 2021.

Les deux meilleures ennemies sont en outre bien loin des propositions des autres candidats à la ville de Paris battus par Anne Hidalgo. L'ex-marcheur Cédric Villani imaginait « des moyens d'analyse et de prédiction du trafic [pour] simuler ce que ferait un doublement de bus, la piétonnisation d'une voie », tandis que le premier candidat officiel de LREM, Benjamin Griveaux, s'était rapproché des promoteurs immobiliers pour construire des logements par-dessus, à l'image du projet « Mille arbres » sur la gare routière de la porte Maillot. Entre-temps, le permis de construire a été annulé cet été.

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400.000 personnes dans un rayon de 150 mètres

En tous les cas, toutes et tous étaient à mille lieues de vouloir en finir avec l'infrastructure routière, sauf Gaspard Gantzer. « Il ne faut pas être dans la demi-mesure : c'est une source de congestion et d'augmentation des prix des logements, il faut s'en débarrasser ! », assénait à La Tribune l'ancien conseiller en communication de Bertrand Delanoë et de François Hollande, avant de rallier avant le second tour la candidature d'Agnès Buzyn.

Son objectif à l'époque: récupérer la surface disponible pour y aménager des  espaces verts et des logements. Il se donnait alors dix-huit ans, soit trois mandats pour y parvenir : trois ans de concertation « mètre par mètre », avant un référendum dans les 131 communes de la métropole du Grand Paris, suivis de quinze ans de « travaux phasés » pour « offrir des alternatives ».

La pollution atmosphérique et sonore ne s'arrête pas non plus aux frontières administratives. Selon la mission d'information et d'évaluation du Conseil de Paris, près de 400.000 personnes habitant dans un rayon de 150 mètres autour du périphérique restent exposées à un bruit supérieur à 60 décibels, avec des pics à 80-85 décibels, et à des niveaux d'alerte de dioxyde d'azote et de particules fines.

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César Armand

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Commentaires 2
à écrit le 15/11/2021 à 4:03
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A detruire. Pollutions infernales. Mox, bruits de roulements etc...

à écrit le 12/11/2021 à 8:03
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Trés bonne initiative Enfin de la démocratie qui inclue les banlieusards

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