Dialogue de sourds sur l'ouverture à la concurrence des bus RATP dans le Grand Paris
César Armand
Ce contenu est réservé aux abonnés La Tribune
Les heureux lauréats sont Keolis, filiale de la SNCF, et RATP Cap IDF, une filiale de l'opérateur historique créée en mars 2021 pour adresser cette libéralisation. (Photo d'illustration)
L'autorité organisatrice des transports dans la région-capitale, Île-de-France Mobilités (IDFM), vient d'attribuer trois premiers lots de bus en petite couronne parisienne. Sauf que le groupe communiste du conseil régional et la CGT-RATP jugent que le « sac à dos social » prévu par l'ouverture à la concurrence est « incomplet ». Ce dont IDFM se défend.
C'est parti pour la mise en concurrence des bus en petite couronne parisienne. À l'issue d'un conseil d'administration qui s'est tenu hier après-midi, l'autorité organisatrice des transports dans la région capitale, Île-de-France Mobilités, a annoncé l'attribution de trois premiers lots - sur treize - pour une première mise en service en 2025. Les heureux lauréats sont Keolis, filiale de la SNCF, et RATP Cap IDF, une filiale de l'opérateur historique créée en mars 2021 pour adresser cette libéralisation.
Au premier, les lignes du territoire Marne et Brie (Seine-Saint-Denis, Val-de-Marne et Seine-et-Marne) en deux temps : d'abord à partir du 1er août prochain puis à compter du 1er novembre 2025 et jusqu'au 30 juillet 2032. Au second, les lignes des territoires Boucles Nord de Seine - 27 communes - et Bords de Marne - 29 communes - dès le 1er novembre prochain et jusqu'au 31 octobre 2031. Sauf qu'avant l'officialisation de cette décision, des salariés de la RATP ont battu le pavé devant le siège de la région.
Cliquez ci-dessus pour ouvrir la carte en grand
MISE EN CONCURRENCE DES TRANSPORTS FRANCILIENS : DESIGNATION DES PREMIERS OPERATEURS BUS EN PETITE COURONNE ET LANCEMENT DU PROCESSUS POUR LA LIGNE N (Crédits : IDFM)
Et pour cause : le groupe RATP perd son monopole historique au profit d'IDF Mobilités (IDFM) qui définit désormais l'offre de transports, achète le matériel roulant, en devient le propriétaire et contrôle l'offre de transport réalisée par les opérateurs. Un cadre défini par le projet de loi d'orientation des mobilités de 2018 portée par la ministre des Transports Elisabeth Borne, puis par la proposition de loi d'origine sénatoriale relative à l'ouverture à la concurrence du réseau de bus francilien de la RATP de 2023.