Le projet de suppression des départements du Grand Paris est-il vraiment abandonné ?

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La ministre de la Cohésion des territoires et des Relations avec les collectivités territoriales Jacqueline Gourault.
La ministre de la Cohésion des territoires et des Relations avec les collectivités territoriales Jacqueline Gourault. (Crédits : Charles Platiau)
Suite à une déclaration le 30 novembre de la ministre de la Cohésion des territoires Jacqueline Gourault, les départements de la petite couronne francilienne sont convaincus qu'ils ne seront plus supprimés. Mais peut-être ont-ils crié victoire trop tôt.

[Article publié le 05/12 à 12h20, mis à jour à 18h25 avec les déclarations de Patrick Devedjian, président du département des Hauts-de-Seine]

Emmanuel Macron candidat avait annoncé son projet de supprimer les départements de la petite couronne (Hauts-de-Seine, Seine-Saint-Denis, Val-de-Marne) situés dans le périmètre actuel de la métropole du Grand Paris (MGP). Emmanuel Macron président promet le 17 juillet 2017 de "simplifier drastiquement les structures".

Un an et demi plus tard, la refonte de la gouvernance du Grand Paris se fait toujours attendre. D'un côté, le président de la MGP, Patrick Ollier, avance en présentant un deuxième concours "Inventons la métropole". De l'autre, les sept présidents de département franciliens font bloc au-delà des divergences politiques, demandant "une métropole à l'échelle de la région" et lançant un fonds de solidarité interdépartemental.

"Déclaration d'amour" de Jacqueline Gourault et nuances d'interprétation

Une énième réunion vendredi dernier à la préfecture de Paris-Île-de-France avec les ministres des Transports Élisabeth Borne et de la Cohésion des territoires Jacqueline Gourault semble les avoir rassurés sur leur sort. À l'issue d'un échange houleux sur le transfert d'une partie des recettes au profit du Grand Paris Express, Jacqueline Gourault  leur a dit :

"Nous ne voulons pas supprimer les départements".

Pour l'ensemble des présidents de conseil départemental franciliens, et pas seulement ceux de petite couronne, la ministre de la Cohésion des territoires "a confirmé l'abandon du projet de suppression des départements" d'Île-de-France.

"Quand nous avons tous réagi à la manière dont nous sommes traités et asphyxiés, elle s'est sentie obligée de rappeler que ce sont ses prédécesseurs qui voulaient supprimer les départements", témoigne auprès de La Tribune le président (PS) de la Seine-Saint-Denis Stéphane Troussel. "C'est pourquoi elle nous a fait sa déclaration d'amour."

Croisé au Salon de l'immobilier d'entreprise (Simi), son homologue des Hauts-de-Seine Patrick Devedjian observe qu'"on est au point mort dans cette affaire". "Le président de la République a bien compris que faire la grande métropole sur le petite couronne, c'est vraiment faire le territoire des riches sur un clivage urbain/rural" assure l'intéressé. "Or ce clivage n'est pas accepté, comme le démontrent les gilets jaunes."

Vigilance des élus face au possible retour du Big Bang francilien

Dans l'entourage de Jacqueline Gourault, le discours est plus mesuré. "Dans une discussion générale sur les départements, la ministre a déclaré que le gouvernement n'avait pas l'intention de supprimer cet échelon à l'échelle nationale", fait-on savoir à La Tribune. Toujours selon cette même source, le big bang francilien, tant annoncé et si redouté, demeure dans les tuyaux : "Le schéma d'aménagement institutionnel du Grand Paris est en cours de réflexion. A ce stade, toutes les options sont en cours sur la table."

Stéphane Troussel, le président socialiste de la Seine-Saint-Denis, reste d'ailleurs sur ses gardes. "Ce n'est pas parce qu'un gouvernement abandonne ce projet qu'un autre ne le fera pas. En ce moment, il a d'autres chats à fouetter que la réforme institutionnelle. Les comptables de Bercy pourront très bien signer la fin des départements par asphyxie financière."

"On ne peut pas rester dans cette situation avec cinq étages" estime pour sa part le président (LR) des Hauts-de-Seine Patrick Devedjian.
"Les deux derniers créés, la métropole et les établissements publics territoriaux, ne rajoutent rien mais compliquent les choses et ne sont pas aussi démocratiques que les trois premiers (communes, départements et région, ndlr).

Par ailleurs, d'après nos informations, les services des affaires sociales, santé et éducation des départements des Hauts-de-Seine et des Yvelines, qui ont voté leur fusion en juin 2017, ont commencé à se rapprocher. "La fusion aura lieu de manière irréversible", assure Patrick Devedjian. "Ce serait paradoxal de nous séparer et de créer des dépenses supplémentaires."

Quoiqu'il en soit, en attendant le grand soir, l'ensemble des patrons de conseil départemental, petite et grande couronnes confondues, a été invité par le préfet et les ministres à formuler des propositions concrètes pour éviter le dérapage financier de la Société du Grand Paris.

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Commentaires
a écrit le 06/12/2018 à 9:18 :
il est temps de supprimer les départements et d'élire directement le maire des métropoles et communauté de communes ! Bien trop d'élus en France qui coûtent cher aux contribuables français !
a écrit le 05/12/2018 à 19:16 :
Des couches en + = des impôts en plus !!
Or, gouverner c'est choisir! Il est donc clair qu'il faut soit supprimer les départements de la petite couronne, soit... ne pas faire la Métropole!
a écrit le 05/12/2018 à 18:21 :
95 départements à supprimer
30,000 communes à supprimer (pour avoir même nombre qu uk et allemande

Il y a encore du boulot !!
a écrit le 05/12/2018 à 15:35 :
difficile pour les barons locaux d'abandonner leurs privilèges au profit de l'intérêt général ; un jour ou l'autre il faudra bien réduire toutes ces couteuses strates
a écrit le 05/12/2018 à 15:03 :
Jacline Mouraud contre Jacqueline Gourault:qui va l'emporter?
Réponse de le 06/12/2018 à 4:52 :
Vu le gabarit de la 2nd, aucun doute possible.

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