Le projet de suppression des départements du Grand Paris est-il vraiment abandonné?

Le mot autonomie ne sera pas dans l'article corse, annonce gourault
Charles Platiau

Le mot autonomie ne sera pas dans l'article corse, annonce gourault
Charles Platiau
[Article publié le 05/12 à 12h20, mis à jour à 18h25 avec les déclarations de Patrick Devedjian, président du département des Hauts-de-Seine]
Emmanuel Macron candidat avait annoncé son projet de supprimer les départements de la petite couronne (Hauts-de-Seine, Seine-Saint-Denis, Val-de-Marne) situés dans le périmètre actuel de la métropole du Grand Paris (MGP). Emmanuel Macron président promet le 17 juillet 2017 de "simplifier drastiquement les structures".
Un an et demi plus tard, la refonte de la gouvernance du Grand Paris se fait toujours attendre. D'un côté, le président de la MGP, Patrick Ollier, avance en présentant un deuxième concours "Inventons la métropole". De l'autre, les sept présidents de département franciliens font bloc au-delà des divergences politiques, demandant "une métropole à l'échelle de la région" et lançant un fonds de solidarité interdépartemental.
Une énième réunion vendredi dernier à la préfecture de Paris-Île-de-France avec les ministres des Transports Élisabeth Borne et de la Cohésion des territoires Jacqueline Gourault semble les avoir rassurés sur leur sort. À l'issue d'un échange houleux sur le transfert d'une partie des recettes au profit du Grand Paris Express, Jacqueline Gourault leur a dit :
Pour l'ensemble des présidents de conseil départemental franciliens, et pas seulement ceux de petite couronne, la ministre de la Cohésion des territoires "a confirmé l'abandon du projet de suppression des départements" d'Île-de-France.
Croisé au Salon de l'immobilier d'entreprise (Simi), son homologue des Hauts-de-Seine Patrick Devedjian observe qu'"on est au point mort dans cette affaire". "Le président de la République a bien compris que faire la grande métropole sur le petite couronne, c'est vraiment faire le territoire des riches sur un clivage urbain/rural" assure l'intéressé. "Or ce clivage n'est pas accepté, comme le démontrent les gilets jaunes."
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Dans l'entourage de Jacqueline Gourault, le discours est plus mesuré. "Dans une discussion générale sur les départements, la ministre a déclaré que le gouvernement n'avait pas l'intention de supprimer cet échelon à l'échelle nationale", fait-on savoir à La Tribune. Toujours selon cette même source, le big bang francilien, tant annoncé et si redouté, demeure dans les tuyaux : "Le schéma d'aménagement institutionnel du Grand Paris est en cours de réflexion. A ce stade, toutes les options sont en cours sur la table."
Stéphane Troussel, le président socialiste de la Seine-Saint-Denis, reste d'ailleurs sur ses gardes. "Ce n'est pas parce qu'un gouvernement abandonne ce projet qu'un autre ne le fera pas. En ce moment, il a d'autres chats à fouetter que la réforme institutionnelle. Les comptables de Bercy pourront très bien signer la fin des départements par asphyxie financière."
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Par ailleurs, d'après nos informations, les services des affaires sociales, santé et éducation des départements des Hauts-de-Seine et des Yvelines, qui ont voté leur fusion en juin 2017, ont commencé à se rapprocher. "La fusion aura lieu de manière irréversible", assure Patrick Devedjian. "Ce serait paradoxal de nous séparer et de créer des dépenses supplémentaires."
Quoiqu'il en soit, en attendant le grand soir, l'ensemble des patrons de conseil départemental, petite et grande couronnes confondues, a été invité par le préfet et les ministres à formuler des propositions concrètes pour éviter le dérapage financier de la Société du Grand Paris.