L'Île-de-France compte bien tirer avantage du Brexit

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La région capitale souhaite attirer des investisseurs contraints par le Brexit.
La région capitale souhaite attirer des investisseurs contraints par le Brexit. (Crédits : CC0 Public Domain)
L'Île-de-France compte profiter du Brexit pour devenir une terre d'accueil des investisseurs.

Sous couvert d'un discours catastrophiste sur le Brexit, le monde des affaires francilien se frotte les mains depuis l'officialisation du vote des Britanniques qui se sont prononcés à 51,9 % pour le « out » cette nuit. Les propos de Valérie Pécresse prononcés avant que les Britanniques se ruent dans les urnes en sont l'illustration la plus concrète : « Je suis défavorable au Brexit, cela étant, et je le dis en toute sincérité, je me tiens prête à ce que la région Île-de-France redevienne la terre d'accueil de tous ceux qui ont eu l'idée de partir », déclarait-elle. « J'en ai d'ailleurs parlé à Patrick Devedjian, le président du conseil départemental des Hauts-de-Seine, et c'est Welcome to Paris Region ! » avait-t-elle même lancé.

Welcome to Europe

Sur le qui-vive depuis plusieurs semaines, la région Île-de-France et le monde des affaires francilien s'étaient en fait préparés à une telle éventualité. Deux scenarii en cas de « Remain » et en cas de « Brexit » ont été construits, mais avec la même finalité : promouvoir l'attractivité de l'agglomération parisienne. Les acteurs du monde économique francilien (Paris Europlace-Paris Île-de-France capitale économique ) et les plus importantes collectivités locales de la région (la région, le département des Hauts-Seine, la Ville de Paris) s'étaient même réunis au siège d'Euronext à la Défense le 8 juin dernier sur le thème « Welcome to Europe », un message à peine voilé à destination des investisseurs en cas de Brexit.

Plusieurs propositions avaient émergé de ces rencontres : l'amélioration des infrastructures, la mise en valeur des talents franciliens, un cadre règlementaire simplifié, la baisse de la fiscalité, la valorisation de l'innovation, la promotion internationale de la place financière de Paris, ainsi qu'une meilleure considération des Fintechs et des incubateurs de start-up. Bref, un concentré de tous les messages que souhaitent entendre les investisseurs internationaux au moment de déterminer leur stratégie d'investissement.

Zone euro, terre de stabilité

Et maintenant que le Brexit est engagé, l'instabilité outre-Manche, ennemi numéro un de l'investisseur, favoriserait l'afflux de capitaux vers les pays de la zone euro, désormais terre de stabilité. « Nous, nous serons toujours en Europe, toujours avec l'euro. C'est extraordinaire cette stabilité », a ainsi déclaré Valérie Pécresse. A l'avenir, « toutes les capitales d'Europe sont sur les rangs pour rapatrier les investissements. Les Belges, les Luxembourgeois... (...) La bataille des métropoles s'engage ! », avertit la présidente de région.

L'Île-de-France tentera par tous les moyens de rattraper le retard pris sur la place londonienne. Celui-ci a été accru au moment de la crise des dettes de la zone euro où Londres en à profiter pour capter des capitaux étrangers. La capitale britannique a notamment réussi à attirer les entreprises du numérique et des nouvelles technologies à une période où ce secteur était en plein essor. Ainsi, en 2014, plus de 40 % des investissements étrangers à Londres étaient dirigés vers ce type d'entreprises.

En tentant de profiter du Brexit pour redresser la barre, le monde des affaires francilien compte enfin mettre un terme à plusieurs années de frustration quotidiennement nourrie par rapport à Londres, la place financière libéralisée et attractive par excellence, et qui confine parfois au complexe d'infériorité.

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Commentaires
a écrit le 24/06/2016 à 14:15 :
Des m2 de bureaux à foison........
a écrit le 24/06/2016 à 13:56 :
La France doit se préparer avec des réformes (loi El Khomri) a accueillir les investissement industriels internationaux qui ne trouveront plus leurs places au RU !
a écrit le 24/06/2016 à 12:36 :
Naïveté ou totale inconscience ?
Réponse de le 24/06/2016 à 16:55 :
cynisme...qui justifie en lui même pleinement le choix du peuple : le rejet d'un affairisme sans scrupule qui se moque de tout !

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