Régionales : Bartolone aurait trop de retard au premier tour pour l'emporter

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Valérie Pécresse a-t-elle pris une avance décisive dans la campagne pour la présidence de la région Île-de-France.
Valérie Pécresse a-t-elle pris une avance décisive dans la campagne pour la présidence de la région Île-de-France. (Crédits : REUTERS/Charles Platiau. Montage : La Tribune.)
Un dernier sondage donne 4 points d'avance à Valérie Pécresse (LR) sur Claude Bartolone (PS) au second tour des élections régionales en Île-de-France. La droite s'apprête à reprendre une région à gauche depuis 1998.

La droite est sur le point de reprendre un poids lourd à la gauche : abritant 30 % du PIB français, 23 % de l'emploi et 12 millions d'habitants, la région Île-de-France est l'une des plus importantes collectivités locales françaises. Elle serait donc sur le point de basculer à droite après avoir été pendant 17 ans présidée par Jean-Paul Huchon (PS). Selon le dernier sondage Ipsos/Sopra Steria, la candidate de la droite Valérie Pécresse devancerait celui de la gauche Claude Bartolone de 4 points lors de la triangulaire du second tour (40 % contre 36 %), le Front National de Wallerand de Saint Just récoltant pour sa part 24 % des suffrages.

D'évidence, le contexte national, notamment caractérisé par un rejet de la majorité à gauche et un Front National fort, joue à plein : les électeurs du Front de Gauche, qui réaliserait 7,5 % au premier tour, s'abstiendraient pour un tiers d'entre eux au second tour et ne seraient que 59 % à voter pour Claude Bartolone, selon Ipsos. Les électeurs verts, eux, voteraient certes à 80 % pour Bartolone au second tour, mais le petit score au premier tour de la liste menée par Emmanuelle Cosse (6 %) - alors qu'elle était créditée de près de 10 % des voix il y a peu - l'empêcherait d'avoir une influence significative dans le résultat final du scrutin.

Dynamique décisive

C'est donc la dynamique du premier tour qui devrait s'avérer décisive. Selon Ipsos, Pécresse devancera Bartolone de 11 points (33 % contre 22 %) le 6 décembre au soir. Un retard rédhibitoire pour le candidat PS. Certes le sondage a été réalisé avant les attentats du vendredi 13 novembre - qui pourraient peut-être modifier la donne - mais la bataille s'annonce tout de même mal engagée pour la gauche francilienne. Elle peut s'attendre à un véritable fiasco lors de la première quinzaine de décembre.

Du reste, le scrutin suscite une relative indifférence de la part des électeurs. Selon Ipsos, respectivement 37 % et 38 % des électeurs estiment que ce ne sera  « ni une bonne chose, ni une mauvaise chose » si la gauche ou la droite l'emporte. La campagne n'aura il faut dire, pas été marquée par son opposition de fond entre les candidats. Ce sont davantage les multiples petites attaques ( propos de Claude Bartolone sur Tariq Ramadan, la droite accusée de propagande organisée etc...) qui auront alimenté l'actualité de la campagne, interrompue il est vrai par les drames du 13 novembre.

Des propositions peu crédibles

Au final les deux principaux candidats auront eu du mal à rendre crédibles leurs propositions. Sur le volet sécuritaire par exemple, Valérie Pécresse s'est emparée du sujet des fraudes dans les transports, allant jusqu'à intégrer de manière surréaliste dans son argumentaire, le fait qu'un des terroristes du 13 novembre « se sentait tellement en impunité sur le sol français qu'il pouvait même se permettre de frauder dans le métro sous l'œil de la caméra ».

De même, les propositions des deux principaux candidats en matière de transports, le premier poste de dépenses de la région (près de 40 % de son budget ), n'ont que peu convaincu. La principale fédération d'usagers de transports (Fnaut), a notamment jugé les propositions des candidats séduisantes mais pas très réalistes. « Renouveler tous les trains d'ici la fin du mandat, malheureusement, ça ne nous paraît pas techniquement possible, du fait des délais de construction des rames », a expliqué Marc Pélissier, président de la Fnaut Île-de-France. Il pointait là la proposition de Valérie Pécresse de renouveler ou rénover d'ici à 2021 « toutes les rames de RER et de Transilien ». « Il y a plein de propositions qui vont dans le bon sens, mais en même temps, toutes ces propositions s'ajoutent à tout ce qui a déjà été officiellement décidé et il y a une impression qu'il sera très difficile de tout réaliser », a résumé Marc Pélissier.

Une écotaxe régionale floue

En outre, la proposition de Claude Bartolone de créer une écotaxe régionale apparaît floue pour la Fnaut. « Aujourd'hui, les conditions de mise en œuvre ne sont pas connues », a regretté Marc Pélissier. La Fnaut a également fait part de son scepticisme quant au maintien du passe Navigo à tarif unique, dont le financement n'est pas pérenne - comme l'a dénoncé Valérie Pécresse. Or, Claude Bartolone compte s'appuyer sur cette mesure qui s'applique depuis le 1er septembre pour l'emporter le 13 décembre prochain. « Certes, il est en place, mais l'équation financière n'est pas résolue », a expliqué Marc Pélissier, qui a estimé qu'il « manquera environ 250 millions d'euros par an à partir de 2016 pour financer durablement la mesure ». Il a d'ailleurs tablé en conséquence sur un retrait de ce tarif unique ou sur des « hausses de tarif importantes à venir ».

Encore une mauvaise nouvelle pour la gauche, qui, alors que l'échéance des élections se rapproche et que la campagne redémarre, jouera ses derniers atouts dans les prochains jours. D'autant qu'il s'agit là d'un poids lourd puisque c'est le président de l'Assemblée nationale qui serait battu en Île-de-France.

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Commentaires
a écrit le 30/11/2015 à 10:56 :
Lui et le Drian risquent avoir une bonne gueule de bois au lendemain des régionales et c'est bien normal à la vue de leurs tristes résultats.
a écrit le 26/11/2015 à 9:49 :
Il est élu à la région depuis bien longtemps, qu'a-t-il fait de positif pour nous, administrés ?
Que fait-il de positif dans sa circonscription ? (il a pris une copine comme adjointe et octroi des fonds pour la commune de Romainville où elle est maire comme aucune autre de Seine-Saint-Denis n'est revoit)
Se personnage n'a presque pas travaillé et il a une villa d'architecte de 380 m² de 2 millions de € ! sans dire que c'est louche, ça fait se poser des questions sur les indemnités que reçoit un élu !
a écrit le 25/11/2015 à 10:58 :
IL pensait pouvoir se planquer à la région, se la couler douce pendant que ce qui reste du PS fini de se désagreger.. eh bien non c'est raté, il devoir rester sur le pont du pédalo.
t'es plus qu'un has been.
a écrit le 25/11/2015 à 7:26 :
Durant le dernier mandat, gauche et droite ont voté 75% des décisions ensemble, main dans la main. C'est donc une alternance très relative que s'apprête à connaitre la région IDF....
Mais bon du changement c'est toujours positif.
a écrit le 25/11/2015 à 3:03 :
Après le bilan catastrophique EN TOUS POINTS (euphémisme, je devrais dire chaotique) du mandat socialiste, un an et demi avant les présidentielles, je ne comprends pas moi non plus qu’il reste encore des « sans dents » pour accorder la moindre crédibilité au gouvernement le plus lamentable de la Ve république.
a écrit le 24/11/2015 à 21:46 :
Quand on voit l' état de la Seine Saint-Denis géré depuis des lustres par la gauche française, il est temps que cet homme politique dégage : trafic de drogue, banditisme, vols, islamisme généralisé !!!!!!!!!!!!
a écrit le 24/11/2015 à 20:46 :
36% prêts à voter socialo? C'est irrel! Avec leurs mensonges et leur bilan, faut s'en débarrasser et vite.
Réponse de le 25/11/2015 à 6:20 :
Ce sera certainement meilleur avec ceux de l'autre bord...???????!
a écrit le 24/11/2015 à 20:30 :
C'est plutôt mieux, Bartolone a géré sa commune en investissant dans les subprimes,
la dette explose, et le contribuable va payer très cher ces investissements dans les produits dérivés.
a écrit le 24/11/2015 à 19:56 :
Bartolone s'est sans doute cru plus populaire qu'il ne l'est. Huchon, qui avait un bilan sinon excellent du moins présentable aurait certainement fait mieux.
a écrit le 24/11/2015 à 19:21 :
J'ai voté Hollande en 2012 car remettre jo Dalton c'était pas sérieux
Mais voir aujourd'hui il y a encore 38 % qui veulent voter socialo ça me semble irréel
a écrit le 24/11/2015 à 18:55 :
Bartolone, c'est l'exemple même de l'échec du socialisme et des ses cadres incompétents et c'est pourquoi Hollande lui avait fait avoir ce portefeuille de Président de l'assemblée. En fait un assisté aux frais du contribuable, le tout pour la paix au sein de la famille socialiste.
a écrit le 24/11/2015 à 18:49 :
Aucun intérêt c'est exactement le mêmes avant et après , aucun choix judicieux pour la région .
a écrit le 24/11/2015 à 18:14 :
Pas grave il pourra chasser ! Ce qu il fait de mieux ! 🎯🍾👹🇨🇭
a écrit le 24/11/2015 à 18:09 :
Merci de parler des autres partis de ce scrutin. Très républicain de votre part!

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