A Toulouse, on revendique l'ambition de faire grandir les entreprises

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(Crédits : Reuters)
Sur les terres d'Airbus, institutionnels et chefs d'entreprises ont débattu ce jeudi 13 novembre des solutions pour lever les freins de croissance des PME, et faire émerger de nouvelles entreprises de taille intermédiaire dans la région.

Figeac Aéro, Actia, Nataïs, Poult... Toutes ces entreprises toulousaines sont des entreprises de taille intermédiaires (ETI). Ces sociétés qui comptent entre 250 et 4999 salariés, qui réalisent moins de 1,5 milliard d'euros de chiffre d'affaires, sont trois fois moins nombreuses qu'en Allemagne. Or, ces ETI sont les entreprises les plus dynamiques pour créer de la richesse et des emplois. Pour identifier les freins à lever pour faciliter la croissance des PME en ETI, La Tribune a réuni ce jeudi 13 novembre à Toulouse un panel d'intervenants, dont ses partenaires Pôle Emploi, Bpifrance et ERDF. Claude Gaits, vice-président du Conseil Régional de Midi-Pyrénées en charge du développement économique, a souligné l'action de la Région : « La Région aide les PME qui ont un fort potentiel de croissance. Depuis deux ans, notre dispositif « Croissance PME » les accompagne dans leurs projets d'investissement jusque dans la formation des salariés. » Pôle emploi, pour sa part, dédie une équipe de conseillers pour aider les entreprises à recruter plus facilement.

Le Code du Travail, frein à la croissance

« Nous organisons des salons de l'emploi virtuel pour faciliter les échanges entre les recruteurs et les demandeurs d'emplois. Osez sortir de la traditionnelle sélection des candidats sur CV : le collaborateur avec la compétence que vous recherchez peut se trouver parmi des profils atypiques, ou des séniors. Notre méthode de recrutement par simulation permet de les identifier », a recommandé Annick Sénat, directrice Appui au réseau, adjointe au directeur des opérations de Pôle Emploi Midi-Pyrénées. Daniel Benchimol, président d'Eurogiciel, une ETI de 1000 salariés, également président du cluster Digital Place, a fustigé « le principal frein à la croissance des entreprises » selon lui : le Code du Travail : « Les deux premiers collaborateurs que nous avons embauché dans notre filiale aux Etats-Unis ont 65 ans : c'est impensable ici ! En France, vous êtes sénior à 45 ans, à cause de notre Code du Travail, qui est irréformable puisqu'il faudrait pour cela que tous les syndicats se mettent d'accord... »

Pour Ludovic le Moan, le fondateur du réseau bas débit pour objets connectés Sigfox, le seul levier de croissance qui vaille, c'est l'ambition : « Nous voulons devenir un leader mondial. Les questions de seuil, d'optimisation fiscale ou de transmission ne m'intéressent pas. Notre priorité est de grandir vite, en levant des fonds.» En 2015, il prévoit 200 embauches et une levée de fonds « d'un montant trois ou quatre fois supérieur aux 30 millions d'euros levés jusqu'à présent. »

Jouer collectif

Samia Belabed, responsable de la stratégie d'investissement en fonds propres pour les ETI et grands groupes chez Bpifrance, a elle aussi milité pour que l'ouverture du capital : « Bpifrance propose un panel de dispositifs pour les PME dès leur création, mais aussi pour les ETI : nous avons créé un fonds ETI 2020 doté de 3 milliards d'euros, et d'une durée de 99 ans, pour renforcer les fonds propres et épauler le chef d'entreprise, avec un horizon de sortie qui peut dépasser les cinq ans. »

Pour Rudy Secco, le fondateur du fonds de private equity Midi Capital, « nous avons en France des liquidités qui dorment sur le PEA des Français. Une incitation fiscale pourrait drainer cette épargne vers l'investissement dans les start-ups, pour doper leur croissance et leur valorisation. » Moins de 24 heures après qu'Axelle Lemaire, la secrétaire d'Etat au Numérique, a annoncé l'obtention par Toulouse du label French Tech, Jean Paoletti, le directeur régional Midi-Pyrénées Sud d'ERDF qui a soutenu cette candidature, a plaidé pour la création d'un esprit de filière : « Pour un grand groupe comme le nôtre, nouer des relations fortes avec ses fournisseurs garantit la qualité de service, et aide à innover. Nous faisons travailler 1000 sous-traitants en Midi-Pyrénées. En jouant collectif, chacun renforce sa propre capacité de croissance. »

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