#PLTJE : la bravoure et l'ingéniosité des jeunes entrepreneurs du Nord-Est récompensée

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(Crédits : Reuters)
Le jury régional du Prix La Tribune du Jeune Entrepreneur, réuni ce mardi 1er avril au Conseil régional du Nord-Pas-de-Calais à Lille, a qualifié pour la finale nationale des entrepreneurs persévérants et qui ont su repenser leurs activités face à l'échec, et qui ont su se montrer créatifs pour développer leur projet avec peu de ressources.

Pour entreprendre, il faut une idée, une équipe, une bonne exécution du projet. Mais il faut aussi faire face aux difficultés, qu'elles concernent le financement, les ruptures technologiques qui rendent votre produit obsolète alors qu'il vient d'être commercialisé, les disputes entre associés, etc. C'est un hommage aux entrepreneurs qui persévèrent, qui réalisent "des pivots" en repensant leur activité de fond en comble pour éviter la disparition de leur société, qu'a adressé le jury du Prix La Tribune du Jeune Entrepreneur, réunis mardi 1er avril au Conseil Régional du Nord-Pas-de-Calais, à Lille, pour choisir les candidats de Picardie, du Nord ou encore d'Alsace qui concourront en finale nationale le 29 avril prochain.

 

Un service innovant... et respectueux de l'environnement 

Ainsi, dans la catégorie Green Business, ils ont plébiscité Romain Sarels, le fondateur de Pubeco. Depuis 2007, il oeuvre pour la dématérialisation des publicités promotionnelles et catalogues distribués dans les boîtes à lettres, qui génèrent chaque année 40 kg de déchets par foyer. Un million de ses autocollants "Pub non merci" ont été distribués en France. Mais il lui a fallu cinq années pour prouver que sa plateforme, qui permet aux consommateurs de consulter ces prospectus en ligne, donne autant de visibilité aux messages publicitaires que le papier.

Désormais, il repense son modèle de négociation avec ses partenaires de la grande distribution, et déploie un système d'abonnement. "Nous n'avons pas de grands brevets, mais nous innovons en termes de service", a-t-il souligné. Sa société emploie une vingtaine de personnes à Orchies (59). Et pour Laurent Vitoux, délégué régional Nord-Pas-de-Calais d'Orange, "Romain Sarels sait faire évoluer son modèle, il n'a pas peur de négocier avec la grande distribution. C'est un entrepreneur solide."


Des produits électroniques made in France... et rentables! 

Jean-Christophe Coevoet, fondateur de Texiom et finaliste du Nord-Est dans la catégorie Industrie du PLTJE, s'est attaqué seul à un défi de taille : prouver que l'on peut produire en France des produits industriels électroniques rentables. Pour réaliser l'alarme anti-accident domestiques (incendies, fuite 'eau, etc.) qu'il a conçue, il a choisi de travailler avec des entreprises françaises, et essentiellement nordistes, créant des emplois induits.

Pour diviser par trois le budget nécessaire à la production de cet objet connecté, cet entrepreneur basé à Lille fait du troc de compétences, consacrant 10% de son temps de chef d'entreprise à des missions de consulting pour bénéficier en retour d'un coup de pouce utile mais non monétisé de ses partenaires. Sa présentation a emporté l'adhésion des jurés, notamment de Blandine Laloy, chargée d'affaires Création de Bpifrance.


Un entrepreneur armé pour l'avenir

Dans la catégorie Numérique, le jury a été impressionné par le pivot réalisé par Maxence Devoghelaere, le fondateur du studio de création et de distribution de jeux dématérialisés 3DDuo, aujourd'hui âgé de 29 ans. Il a raconté l'échec du premier projet de son entreprise, la réalisation d'un jeu vidéo qui n'a pas trouvé son marché, et qui l'a contraint à licencier 10 personnes. "Il a la témérité et la capacité à rebondir caractéristique des entrepreneurs", a souligné Dimitri Perrier, chargé de mission Expert au service d'activité de la direction de l'action économique au Conseil Régional du Nord-Pas-de-Calais.

Egalement chanteur d'un groupe de rock, Maxence Devoghelaere souhaite "montrer aux jeunes que l'on peut entreprendre et relever les défis de la création d'entreprise, tout en continuant de vivre sa passion". Pour Véronique Poncin, directeur régional Nord-Pas-de-Calais Picardie de l'assureur mutualiste AG2R La Mondiale, "cet entrepreneur est armé pour l'avenir. Il a le potentiel pour développer sa société, qui emploie déjà 35 salariés."

 

Un métier classique, mais un angle inédit 

David Melo Pena, sélectionné pour représenter le Nord-Est dans la catégorie Services, a lui aussi connu les affres de la fermeture d'une entreprise. Après un BTS commercial, il a commencé à travailler à l'âge de 19 ans dans l'immobilier, un secteur qu'il n'a jamais quitté. Mais la première société qu'il a créée, à l'âge de 21 ans, n'aura duré qu'un an. Sans se décourager, il en a fondé une deuxième, puis une troisième, In Vestiss France, en 2007.

Depuis sept ans, il crée de la valeur et de l'emploi grâce à un concept simple : acheter des propriétés, les diviser, et les revendre à des prix 20% inférieurs aux prix de marché. Ce marchand de biens basé en Picardie dispose de quatre bureaux et intervient dans une dizaine de départements. Il s'apprête à embaucher son 14e salarié. Philippe Kuhn, directeur du marché des entreprises de Caisse d'Epargne Nord France Europe, a souligné "l'efficacité de cette entreprise qui a su trouver un angle d'attaque intéressant dans un métier des plus classiques".

 

Vivre une histoire, plutôt que de la lire

Dans la catégorie Start, qui accueille les entrepreneurs qui débutent, le choix a été difficile, tant les projets portés par les trois candidats étaient aboutis. C'est finalement le Strasbourgeois Rémy Perla qui a obtenu le sésame pour la finale nationale du Prix La Tribune du Jeune Entrepreneur. Son entreprise "Rêve aux lettres" vise à promouvoir la lecture chez les enfants, en leur faisant vivre une histoire plutôt que la découvrir à travers un livre. L'enfant abonné à ce service reçoit des courriers qui lui sont adressés au titre d'un mandat fictif - de roi par exemple - et sollicitent des prises de décision de sa part, qu'il doit notifier en rédigeant des lettres à son tour. La suite des échanges est ainsi adaptée en fonction des réponses de l'enfant.

Pour assurer ce service personnalisé à grande échelle, Rémy Perla, ingénieur informatique, a mis au point un logiciel qui calcule les scénarios possibles à partir de l'histoire pré-rédigée. Il négocie actuellement un partenariat avec La Poste et pour mettre les lettres sous plis, il fait appel aux travailleurs en situation de handicap d'un Etablissement et service d'aide par le travail (Esat) de la Région Alsace. Les jurés parents étaient prêts à souscrire immédiatement un abonnement pour leurs enfants. Pour Alain Laruelle, directeur commercial régional Nord Ouest d'EDF, il n'y a pas de doute : "Le projet de Rémy Perla a le potentiel pour devenir un phénomène de société chez les enfants, à l'instar d'Harry Potter."

L'ensemble de ces lauréats de la région Nord-est ont été félicités et encouragés par Françoise Dal, conseillère régionale du Nord-Pas-de-Calais, membre de la Commission Développement économique, Schéma régional de développement économique, Nouvelles Technologies, Enseignement supérieur et Recherche.

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