Malgré le fiasco de Flamanville, les Normands sont prêts à "bisser" l'EPR

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Vue de la centrale de Penly, en Seine-Maritime.
Vue de la centrale de Penly, en Seine-Maritime. (Crédits : AFP)
En choisissant Penly (en Seine-Maritime) comme site prioritaire pour l’implantation de la première paire de réacteurs EPR post-Flamanville, EDF sait qu’il ne rencontrera pas la même fronde qu'à Bures (dans la Meuse). À l’exclusion certes des écologistes, le groupe est assuré d’un soutien quasi unanime du personnel politique normand acculturé à l’atome.

Le match qui opposait les sites de Gravelines et Penly, et, à travers eux, Xavier Bertrand et Hervé Morin, est donc plié. Le conseil d'administration d'EDF a tranché. C'est bien la centrale de Seine-Maritime qui accueillera la première paire d'EPR de nouvelle génération si la prochaine majorité présidentielle donne son feu vert à la prolongation du programme.

En optant pour Penly, l'énergéticien français obéit autant à des impératifs techniques (le site dispose notamment de vastes disponibilités foncières) qu'à des considérations politiques. En effet, Jean Bernard Levy sait qu'il rencontrera en Normandie un accueil bienveillant, pour ne pas dire enthousiaste, de la part de l'immense majorité des élus.

Une filière qui pèse lourd

De fait, rares sont ceux qui, ici, osent torpiller une filière qui fait vivre 28.000 personnes et un chapelet de sous-traitants spécialisés, sans compter les généreuses retombées fiscales dont témoigne l'opulence des équipements publics autour des huit réacteurs déjà en fonctionnement.

Depuis les années 1960, date de construction des premières centrales nucléaire, le territoire a appris, bon an mal an, à vivre avec l'atome. Un sondage BVA commandé par Orano (ex-Areva) l'an dernier montrait ainsi que 71% des riverains de l'usine de la Hague et de la centrale de Flamanville percevaient le nucléaire comme un atout, contre 47% en moyenne nationale : pas moins de 24 points d'écart !

"Preuves d'amour"

Les Verts exceptés, la classe politique régionale est au diapason. De la gauche communiste aux LR, du Medef à la CGT, le soutien à l'atome -et à son milliard d'euros de chiffre d'affaires annuel- transcende les courants politiques. En Normandie, les responsables locaux n'ont pas le nucléaire honteux et ne mégotent pas sur les "preuves d'amour".

Dès septembre 2017, Hervé Morin, président centriste de la Région, en visite sur le chantier de Flamanville, faisait savoir aux dirigeants d'EDF combien il était enthousiaste à l'idée  d'accueillir les premiers modèle de l'EPR 2. Deux ans plus tard, le même se tenait tout sourire aux côtés du député PCF de l'arrondissement de Dieppe pour remettre solennellement à Jean Bernard Lévy une lettre vantant les mérites du site de Penly.

Lire aussi : Emmanuel Macron au Creusot pour un nouveau plaidoyer pro-nucléaire

« Plein et entier soutien »

C'est dire si le choix du Conseil d'administration d'EDF a été accueilli favorablement.

"Ce projet d'envergure qui permettra d'embaucher 7.000 personnes sur le chantier est une excellente nouvelle pour le territoire dieppois et la Seine-Maritime tout entière. Je ferai savoir mon plein et entier soutien au gouvernement", salue Bertrand Bellanger, président LREM du département.

"Cela me procure beaucoup de plaisir", s'est enflammé de son côté Patrick Boulier, président divers gauche de l'agglomération de Dieppe au micro de France 3.
Difficile, il est vrai, de dire non à plus 16 milliards d'euros d'investissement - le montant chiffré par EDF dans un rapport qui a fuité il y a quelques semaines.

Lire aussi : EPR de Flamanville: Greenpeace révèle une fuite de documents sensibles

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Commentaires
a écrit le 23/12/2020 à 13:28 :
Ils ont envie de payer 4 fois le prix de n'importe quelle autre source d'électricité ?
a écrit le 22/12/2020 à 19:00 :
Flamanville est le prix - vertigineux - qu'il nous a fallu payer pour 25 ans d'abandon d'une filière industrielle exigeante; 25 ans de pertes de compétences techniques rares et pointues, 25 ans de balkanisation des filières techniques et industrielles par l'éducation nationale et l'enseignement supérieur, 25 ans de discours convenus sur le thème "l'industrie c'est du passé". 25 ans d'erreurs inexcusables. Il faut maintenant payer ces erreurs.
Réponse de le 23/12/2020 à 5:51 :
On abandonne rien des competences du nucleaire. Absolument rien du tout. Le nucléaire ce n'est certainement pas three miles island, tchernobyl ou Fukushima. Ce n'est pas greenpeace non plus. On ne suit pas les anti nucléaire et greenpeace
Réponse de le 23/12/2020 à 13:33 :
C'est le nucléaire qui est du passé
a écrit le 22/12/2020 à 18:58 :
Toujours des problèmes de soudure ,ah,ah
a écrit le 22/12/2020 à 18:36 :
Les normands se resument donc aux affairistes politiques illégitimes dont le maire de Petit-Caux (cf. fusion avec Penly) n'a pu collecter au 2nd tour des municipales 2020 seulement 23,3 % des inscrits sur les listes électorales...
a écrit le 22/12/2020 à 17:38 :
Et c'est bien le problème des croyants, chacun ayant son idée selon son intérêt ne peut pas prendre en compte l'intégralité des conséquences que pèsent des installations de cette sorte. IL serait temps de réfléchir et d'arrêter de prêcher ses croyances.

Le nucléaire est un sujet bien trop important pour continuer d'être placé entre les mains d'hurluberlus. Bon la question cruciale étant de avoir s'il reste des dirigeants avec encore le cerveau un minimum irrigué.

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