Malgré le fiasco de Flamanville, les Normands sont prêts à "bisser" l'EPR
Nathalie Jourdan, à Rouen
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Le match qui opposait les sites de Gravelines et Penly, et, à travers eux, Xavier Bertrand et Hervé Morin, est donc plié. Le conseil d'administration d'EDF a tranché. C'est bien la centrale de Seine-Maritime qui accueillera la première paire d'EPR de nouvelle génération si la prochaine majorité présidentielle donne son feu vert à la prolongation du programme.
En optant pour Penly, l'énergéticien français obéit autant à des impératifs techniques (le site dispose notamment de vastes disponibilités foncières) qu'à des considérations politiques. En effet, Jean Bernard Levy sait qu'il rencontrera en Normandie un accueil bienveillant, pour ne pas dire enthousiaste, de la part de l'immense majorité des élus.
De fait, rares sont ceux qui, ici, osent torpiller une filière qui fait vivre 28.000 personnes et un chapelet de sous-traitants spécialisés, sans compter les généreuses retombées fiscales dont témoigne l'opulence des équipements publics autour des huit réacteurs déjà en fonctionnement.
Depuis les années 1960, date de construction des premières centrales nucléaire, le territoire a appris, bon an mal an, à vivre avec l'atome. Un sondage BVA commandé par Orano (ex-Areva) l'an dernier montrait ainsi que 71% des riverains de l'usine de la Hague et de la centrale de Flamanville percevaient le nucléaire comme un atout, contre 47% en moyenne nationale : pas moins de 24 points d'écart !
Les Verts exceptés, la classe politique régionale est au diapason. De la gauche communiste aux LR, du Medef à la CGT, le soutien à l'atome -et à son milliard d'euros de chiffre d'affaires annuel- transcende les courants politiques. En Normandie, les responsables locaux n'ont pas le nucléaire honteux et ne mégotent pas sur les "preuves d'amour".
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Dès septembre 2017, Hervé Morin, président centriste de la Région, en visite sur le chantier de Flamanville, faisait savoir aux dirigeants d'EDF combien il était enthousiaste à l'idée d'accueillir les premiers modèle de l'EPR 2. Deux ans plus tard, le même se tenait tout sourire aux côtés du député PCF de l'arrondissement de Dieppe pour remettre solennellement à Jean Bernard Lévy une lettre vantant les mérites du site de Penly.
Nathalie Jourdan, à Rouen