Nice réclame davantage de lignes aériennes directes

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Nice, ses palmiers, son aéroport - le deuxième de France - bordé par la mer Méditerranée assurant 110 destinations et fréquenté par 11,5 millions de passagers chaque année...
Nice, ses palmiers, son aéroport - le deuxième de France - bordé par la mer Méditerranée assurant 110 destinations et fréquenté par 11,5 millions de passagers chaque année... (Crédits : DR)
La région de Nice souffre du manque de vols internationaux, notamment en direction de l'Asie ou des pays du Golfe. Un comble pour le deuxième aéroport de France en terme de trafic.

Pas assez ! C'est le cri du cœur des entrepreneurs azuréens qui, relayés par la Chambre de Commerce et d'Industrie Nice Côte d'Azur, réclament davantage de vols intercontinentaux directs au départ de Nice.

Nice, ses palmiers, son aéroport - le deuxième de France - bordé par la mer Méditerranée assurant 110 destinations et fréquenté par 11,5 millions de passagers chaque année... Voilà pour le portrait idyllique. Mais, dans la réalité, tout ne va pas si bien que ça sous le soleil aéroportuaire niçois. La raison de la colère est simple : peu ou pas assez de vols directs vers des destinations telles l'Asie ou les pays du Golfe, ce qui commence à fortement empêcher les chefs d'entreprises azuréens d'entreprendre comme ils voudraient. Et ce, principalement à l'international. Ils ont donc décidé de le faire savoir haut et fort, appuyés par la Chambre de Commerce et d'Industrie Nice Côte d'Azur qui a décidé de mener campagne.

Question d'équilibre

Ce que dénoncent d'une même voix la CCI Nice Côte d'Azur et les entrepreneurs niçois c'est la réglementation qui régit l'octroi des droits de trafic aérien. "Archaïque", accusent-ils. Car elle crée, selon eux, un déséquilibre entre Paris et Nice. Comprendre que la capitale est préférée à la province. Et pour souligner leurs propos de prouver l'accusation chiffres à l'appui. "Comparons nous aux autre pays européens", propose Bernard Kleynhoff, le président de la chambre consulaire.

"Paris avec Orly et Roissy Charles-de-Gaulle affiche 90 millions de passagers par an, Nice Côte d'Azur, 11,5 millions, et Lyon Saint-Exupéry 8,5 millions. En Allemagne, Francfort reçoit 58 millions de passagers, Munich, 38,5 millions, Berlin 26 millions et Düsseldorf, 21 millions. En Italie, Rome enregistre 41 millions de passagers chaque année et Milan 36 millions. Ailleurs en Europe, les régions vivent ! Elle ne sont pas dans le jacobinisme français".

Freins

Et si Bernard Kleynhoff s'emporte c'est qu'il en va du développement des entreprises, "de la prospection de nouveaux marchés à l'export au simple déplacement sur un salon professionnel", assure-t-il. On n'oubliera pas non plus que la Côte d'Azur est un territoire qui vit fortement du tourisme. Il a accueilli en 2013, 11 millions de visiteurs. Et quand on sait que la dépense liée aux séjours se monte à 5 milliards d'euros, que 60 % de cette dépense est effectuée par la clientèle étrangère, on comprend mieux l'inquiétude des professionnels face à des liaisons directes insuffisantes, voire inexistantes.

"En Chine, les tours opérateurs n'ont eu de cesse de nous demander un accès direct à Nice. Mais nous n'avons aucune liaison avec la Chine, ce n'est pas vraisemblable", martèle Anne Lechaczynski, qui dirige la Verrerie de Biot, l'une des plus anciennes verreries azuréennes, ouverte au public, et qui voit son activité intimement liée à celle du tourisme. Ainsi, lors de la grève d'Air France en septembre dernier, le chiffre d'affaires de la PME a chuté de 10 % en 15 jours.

"La clientèle de septembre est une clientèle au pouvoir d'achat élevé mais qui veut être en capacité de sortir d'un territoire rapidement. Pour relier Nice et Paris, nous avons le choix entre Air France ou EasyJet. Ce n'est pas suffisant, en cas de grève, nous nous trouvons pris en otage".

Développement de marché

"L'arrivée d'Emirates à Nice a permis de développer le marché australien, tout comme le lancement du long courrier Nice-Montréal par Air Canada Rouge en mai dernier a permis de doper le marché canadien", explique pour sa part Michel Tschann, président du syndicat des hôteliers de la Côte d'Azur, qui dénonce par ailleurs "la religion du hub qui doit passer par Paris". Et qui révèle un détail ubuesque : les charters russes n'ont pas le droit de se poser dans un rayon de 180 kilomètres autour de Nice, conséquences d'accords passés entre l'aviation française et la compagnie nationale russe. Résultat, ils ont opté pour Gênes... qui récupère les retombées économiques qui vont avec.

Faire le buzz

Pour se faire entendre, la CCI Nice Côte d'Azur déroule un plan de communication : une pétition - baptisée "Je signe direct" qui a déjà réuni 1.510 signatures -, une campagne d'affichage via les panneaux municipaux des villes de Nice et Antibes, une campagne digitale à partir des pages Facebook et LinkedIn sans oublier le compte Twitter et l'appel au réseautage plus "classique" entre entrepreneurs. De quoi faire céder l'aviation française ?

Anne Lechaczynski s"étonne :

"Je ne comprends pas où est le frein, d'autant que le développement des liaisons directes est économiquement viable. Nous voudrions que les décisions prises s'appuient sur les besoins du marché", résume Bernard Kleynhoff. "Au moment où l'État réforme l'organisation territoriale, il serait bon de laisser les métropoles vivre".

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Commentaires
a écrit le 03/11/2014 à 20:49 :
@Aeris- Justement je voyage beaucoup, et c'est la raison pour laquelle je ne comprends pas pourquoi la Cote d'Azur ne protege son "PETROLE VERT" (ses 100.000 palmiers et sa vegetation) et sa reputation. Alors que la concurrence en matiere de tourisme est rude! Il ne suffit pas de rajouter des lignes aeriennes, si le produit derriere ne suit plus. Propagande? Hyeres les palmiers a perdu un quart de ses palmiers en tres peu de temps. Au contraire, malheureusement la situation est bien plus grave!
a écrit le 02/11/2014 à 11:32 :
C'est l'Etat qui défavorise les régions en faveur de Paris à travers l'attribution des slots pour ne pas mettre en péril AF. Les compagnies étrangères qui opèrent en direct sur Lyon ou Nice veulent augmenter leurs rotations mais l'Etat dit non par idéologie conservatrice. Emirates par exemple veut se développer sur Nice, Lyon et Toulouse. Qatar Airways a également dû supprimer sa rotation à Nice pour renforcer Paris car l'Etat lui a refusé plus de slots. Il va falloir que l'Etat français comprenne que la mondialisation est une chance et que le repli sur soi même est mortel.
a écrit le 01/11/2014 à 18:21 :
nice réclame ? LOL ? et bien ils n'ont qu'à payer plus d'impots s'ils veulent quelque chose ! pourquoi ça doit les autres français qui payent pour eux, alors que les autres français ont presque rien ?? chaque région ou ville doit se prendre en main, ras le bol de ces dépenses avec l'argent des autres !
a écrit le 01/11/2014 à 16:28 :
encore une fois on et victime de Paris !! raz le bols de air france qui ce fait du fric sur nous
des que je peut evité cette compagnie ....le mieux et d,organise un boycott de Paris
a écrit le 01/11/2014 à 15:32 :
@Nice et ses palmiers. Sortez un peu de chez vous avant se sortir de tels propos de propagande. La nature est attaquée de toute part quelque soit le lieu et quelque soit l'espèce menacée, ce n'est pas pour cela que tout disparait. Elle sait se défendre et se renouveler. Le changement climatique est porteur de bien plus de conséquences à venir dans de très nombreuses régions sur l'industrie agroalimentaire que quelques palmiers coupés dont le double a déjà été replanté... Vous mélangez le contexte avec une activité touristique et économique qui ne tient qu'à toujours se développer et à devenir florissante si de bonnes mesures politiques sont prises pour les régions. Merci de garder pour vous de telles propagandes inutiles et voyagez un peu à travers le monde pour voir si quelques palmiers azuréens attaqués est le problème majeur du manque d'ambition économique des régions en France?
Réponse de le 03/11/2014 à 19:46 :
@Aeris - Justement je voyage beaucoup, et c'est la raison pour laquelle je ne comprends pas pourquoi la Cote d'Azur ne protege son "PETROLE VERT" (ses 100.000 palmiers et sa vegetation) et sa reputation. Alors que la concurrence en matiere de tourisme est rude! Il ne suffit pas de rajouter des lignes aeriennes, si le produit derriere ne suit plus. Propagande? Hyeres-les-palmiers a perdu un quart de ses palmiers en tres peu de temps. Au contraire, malheureusement la situation est bien plus grave!
a écrit le 01/11/2014 à 13:53 :
@pm
Quand je vais en Asie, je prends le Nice-Dubaï d'emirates, il est tout le temps plein!
Et j'évite à tout prix Orly et Roissy en correspondance, Zurich, Amsterdam , ou heathrow sont sans commune mesure avec nos vieux aéroports parisiens par lesquels on voudrait nous forcer à passer pour remplir les avions d'AF!
a écrit le 01/11/2014 à 13:41 :
« NICE, SES PALMIERS ET SON AEROPORT » - comme tout le monde le sait, les PALMIERS DE NICE auront bientôt disparus suite aux attaques du charançon rouge. La totalité des palmiers disparaîtra dans les prochains mois et années étant donné que le problème n’a pas été pris au sérieux. Malgré que des traitements efficaces existent, les mairies se bornent à utiliser des méthodes plus chers et souvent inefficaces. Selon les experts, tout palmier non traité efficacement a 100% de chance de disparaître. Il suffit de regarder autour de soi, on voit partout des palmiers qui meurent. Vu la disparition des palmiers et donc du symbole même de la Côte d’Azur (depuis plus de 2 siècles maintenant), il n’est pas sûr que Nice a besoin de lignes aériennes supplémentaires puisque l’attrait de la région sera fortement remise en cause. Il s’agit d’une véritable catastrophe économique et écologique, se comptant en dizaines de milliards d’euros de dommages directs et indirects pour le Sud de la France.
a écrit le 01/11/2014 à 11:05 :
Help! on a le +mauvais aeroport...du cosmos!!
a écrit le 01/11/2014 à 8:18 :
pour commencer que la CCI forme ses commerçants aux langues étrangères en dehors des grands hôtels. Autre sujet que les politiciens locaux et la CCI aient une vision réelle du trafic la ritournelle de la journée sur les radios: sorties Cannes bouchée, sortie Sophia bouchée, entrée de Nice bouchée comme celle de St Laurent ne parlons pas de la galère pour accès à l’autoroute sortie aéroport , question comment sont traités les déchets de la région ????. Un manque, le grand parking côté aéroport pour pouvoir avoir accès aux moyens de transports en commun plus particulièrement le tramway qui ne va pas encore à l’aéroport, Nice est une ville galère pour les taxis j’en ait fait la malheureuse expérience, il y a quelque temps, sur le plan prix un petit voyage autour de la ville pour aller au centre en milieu de matinée SANS circulation et oui on profite du client qui ne connait pas la ville . La région niçoise est saturée en tout, allons vers son voisin le Var pourquoi pas la partie la plus proche le canton de Fayence avec un lac agréable mais défiguré par des protections en ferraille par des monticules de terre même pas débroussaillés qui empêchent de voir le paysage, la prostitution fait son charme!!!!! quelques décharges sauvages et enfin le clou vous arrivez dans ce canton accueilli!!!!!par un rond point paysagé!!!!!! plus hideux difficile à trouver ne parlons pas de l’impossibilité de marcher ou faire du vélo le risque de mort à chaque pas ou tour de pédales. Dans ce canton il ne doit pas y avoir de personnel pour nettoyer ce qu’il nomme la plaine oui pleine de tout en matière de vision de propreté, pour repousser le visiteur. Les villages ont beaucoup de charme mais le visiteur reste sur sa faim en terme de qualité environnementale. Alors voilà une région qui crie mais que fait -elle pour donner une image de qualité???? Pas la peine de faire venir des touristes avant que les CCI et les élus de ces deux départements se mettent à l’inventaire des besoins pour mettre le mot QUALITE sur l’environnement routier, propreté….., dommage de saccager cette région.
a écrit le 31/10/2014 à 17:27 :
Et ça r'commence... Il a été PROUVÉ, par de nombreuses expériences, particulièrement à Nice que le trafic gros porteur n'avait aucune rentabilité... sur des petits/moyens aéroports. Il y a quelques générations, on n'hésitait pas à faire un stop à Nice pour prendre une dizaine de passagers. Les tarifs payés n'avaient rien à voir avec les actuels ! Les avions intercontinentaux existent, de capacité pour quelques passagers. Si les compagnies aériennes ne les exploitent pas, il y a bien une raison... A l'heure où la pertinence d'un aéroport neuf à Nantes est remise en cause; il y a quelque ironie à vouloir (à "exiger" !) que des compagnies (leur objectif = rentabilité) viennent complaire à 2 ou 3 péquins...
Réponse de le 31/10/2014 à 17:33 :
@ pm : tout à fait d'accord, j'en allais dire le même. Même Lyon-Satolas est déjà un "article de luxe" pour une région qui a toujours été désservie en vols internationaux par l'aéroport de Genève, en Suisse. Mais bon, peut-être qu'Air France s'y intéresse…. :-))
Réponse de le 01/11/2014 à 8:21 :
Quel mépris dans vos propos !
Sachez que Air France et l'Etat n'ont de cesse de stopper le développement des aéroports de province de peur de perdre des parts de marché. Un exemple récent concerne Emirates (l'une des meilleurs compagnie au monde, n'en déplaise à certains) qui souhaite renforcer ou développer des liaisons entre les aéroports français et Dubaï (Exemple : demande de pouvoir desservir 7 fois par semaine Lyon au lieu de 5 actuellement du fait que la ligne marche très bien)
Réponse de le 01/11/2014 à 13:23 :
Tout cela est désuète et l'histoire du manque de rentabilité n'est pas du tout vrai à toutes les sauces. Qatar a du quitter Nice pour Paris par manque d’obtention de slots supplémentaires alors que la compagnie demandait un temps de passer de 3 vols hebdomadaires à 7. L'arrivée d'Air Canada en plus d'Air Transat déjà présent a fait augmenter le trafic de 120% cet été sur Montréal... et sera présent bien plus tôt l'année prochaine. Emirates semble vouloir demander depuis quelques temps une seconde fréquence quotidienne de son triple7. Comment dire que tout cela n'est pas possible d'autant que les régions semblent développer toujours plus fortement leur économie (OIN.. Technopole, etc..).Sur la côte, la barre des 100 000 touristes chinois sera dépassée cette année. Pourquoi sont-ils obligés de passer par Paris, Amsterdam, Istanbul ou autres pour transiter jusqu'à Nice?.. En dehors du tourisme, de grands secteurs internationaux demanent toujours plus d'échanges (et je ne parle pas que de la technopole de Sophia Antipolis).
a écrit le 31/10/2014 à 17:01 :
Le bien fondé de régions puissantes et décisionnaires va bien dans le sens de leur diminution. donc la réforme territoriale est une bonne chose.
Réponse de le 01/11/2014 à 9:50 :
??? Pas très clair. Ce qui est certain c'est que la réforme actuelle ne répond aucunement à la problématique posée ci dessus.

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