Les recettes marseillaises pour doper la croissance des entreprises

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(Crédits : Reuters)
Entrepreneurs, dirigeants et investisseurs ont partagé leurs expériences pour identifier comment lever les freins de la croissance, lors d'un débat organisé le vendredi 28 novembre à Marseille par La Tribune.

Producteur et distributeur de fruits basé à Aubagne, dans les Bouches-du-Rhône, Canavèse emploie 450 salariés en France, et 2000 au Maroc. C'est une des 3500 entreprises de taille intermédiaire recensées en France (hors filiales de groupes étrangers). Ces ETI -qui compte entre 250 et 4999 salariés et jusqu'à 1,5 milliard d'euros de chiffre d'affaires - génèrent 20 à 30% du PIB national, et réalisent un tiers des exportations françaises. Mais ces champions du dynamisme économique sont trois fois moins nombreux en France qu'en Allemagne. Pour lever les freins de la croissance de la PME à l'ETI, les bonnes pratiques ont été détaillées lors d'un débat organisé à Marseille le vendredi 28 novembre par La Tribune, en présence de son président Jean-Christophe Tortora et de son vice-président Jean-Claude Gallo.

Anne-Sophie Herelle, directeur d'investissement chez Bpifrance, et Thierry Blondel, directeur exécutif Paca du fonds Midi Capital, ont plaidé tous deux pour que les chefs d'entreprise osent ouvrir leur capital. "Céder une part minoritaire de votre capital ne remet pas en question la gouvernance de votre entreprise. C'est vous qui conservez les rênes, tout en bénéficiant des conseils de votre actionnaire", a souligné Anne-Sophie Herelle. Thierry Blondel a pour sa part évoqué l'importance d'un financement à la dimension des ambitions de l'entreprise : "Notre thèse d'investissement est de miser sur les entreprises du numérique et de la santé qui veulent croître. Se déployer à l'international est devenu impératif pour grandir. Une levée de fonds vous aidera à aller loin, plus vite."

Gérard Canavèse, PDG du groupe Canavèse qu'il a créé avec ses frères en 1975, n'exclut pas d'ouvrir un jour son capital, même s'il a jusqu'à présent financé sa croissance par autofinancement et emprunt bancaire. Il a insisté sur l'utilité de segmenter son marché pour doper ses ventes, et des nouvelles technologies : "Grâce au numérique, nous suivons nos livraisons avec une précision chirurgicale."

"Pour recruter plus facilement, anticipez vos besoins en main d'oeuvre le plus en amont possible. Ainsi, nous pouvons vous accompagner dans votre recherche de talents, et former des travailleurs qui montrent des aptitudes pour le poste à pourvoir", a conseillé Philippe Hillarion, directeur territorial délégué Pôle Emploi dans les Bouches-du-Rhône. Pour le pôle de compétitivité Pégase, Pôle Emploi a ainsi formé des rédacteurs techniques, recrutés par de grands noms de l'aéronautique.

Bernard Castille, directeur en Méditerrannée d'ERDF, et administrateur du pôle de compétitivité Capénergies, a défendu l'apprentissage comme source de recrutement. Il a plaidé pour que grands groupes et start-ups innovent ensemble, notamment dans les réseaux électriques intelligents : "Les entreprises françaises sont capables d'inventer des technologies de rang mondial, surtout quand elles travaillent main dans la main. C'est notamment le cas pour le projet Nice Grid, qui est développé en Provence-Alpes-Côte d'Azur, et qui fait parler de lui jusqu'à New York !"

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