Quand les chefs d'entreprises "reprennent" Sophia-Antipolis

La première technopole européenne est en perte de vitesse ? Les chefs d'entreprise – réunis sous la bannière du Sophia Club Entreprises – ont décidé de s'impliquer dans le réveil économique du parc.

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La volonté est d'intégrer également tous les autres acteurs du territoire, notamment l'Université Nice Sophia-Antipolis qui a installé son Campus Sophia Tech en plein cœur de la technopole en 2013.
La volonté est d'intégrer également tous les autres acteurs du territoire, notamment l'Université Nice Sophia-Antipolis qui a installé son Campus Sophia Tech en plein cœur de la technopole en 2013. (Crédits : Reuters)

C'est l'audit qui a été le déclencheur. Lorsque l'État, via quatre ministères que sont l'industrie, la recherche, l'économie et l'environnement, entame il y a quasi 18 mois, une étude de fond sur le devenir de la première technopôle européenne, les chefs d'entreprises retiennent leur souffle. Car le Parc technologique, toujours très bien perçu à l'international, ne paraît alors pas aussi dynamique d'un point de vue local : transports inexistants, circulation embouteillée et concurrence d'autres technopoles notamment ternissent un peu la belle image. Surtout, la Fondation Sophia-Antipolis, créée par le père fondateur, Pierre Laffitte, et censée porter le développement du Parc, ne joue plus vraiment son rôle et les tiraillements avec le Symisa, le syndicat d'économie mixte chargé de l'urbanisme, n'arrangent rien. L'audit donc, tombe à pic.

Trous dans la raquette

Et de fait, le rapport rendu en début d'année met en lumière les points noirs existants. Et met en exergue que la Fondation, dans la composition de son conseil d'administration ne tient pas compte de la réalité économique de la technopole. Comprendre qu'elle n'intègre pas suffisamment les entrepreneurs. "Il manque des trous dans la raquette", constate Gérard Giraudon, directeur du centre de R&D de l'INRIA et président du nouveau Sophia Club Entreprises.

Des trous qui ont conduit l'association à passer à la vitesse supérieure. Car il y a encore quelques semaines, cette dernière s'appelait encore Club des Dirigeants. Créée en 1989, elle s'était construite sur l'idée d'un club de personnes. "Elle était un peu le poil à gratter. C'était alors la période de croissance du Parc", raconte Gérard Giraudon. Et si la période est actuellement moins florissante, le Sophia Club Entreprises compte bien lui rejouer à plein le rôle du poil à gratter qui chatouille là où il faut. "L'objectif n'est pas de se substituer à ce qui existe déjà" précise le président du club mais plutôt d'apporter leur pierre à l'édifice de construction d'un nouveau Parc et "d'accompagner les collectivités territoriales dans l'animation de l'écosystème". Car, évidemment la technopôle a un potentiel qu'elle ne saurait gâcher.

"Sophia-Antipolis a les moyens de grandir encore, de retrouver son image internationale de technopole de très haut niveau et de générer 10 000 emplois supplémentaires (on en dénombre 31 500 actuellement NDLR) d'ici 2030 en utilisant la mutualisation de tous les acteurs".

Façon start-up

L'idée du Club Sophia Entreprises est d'intégrer davantage de jeunes pousses et de PME aux côtés de grands groupes afin de véritablement représenter le tissu économique du lieu. De 50 actuellement, le Club vise 250 membres à horizon 2017. La volonté est d'intégrer également tous les autres acteurs du territoire, notamment l'Université Nice Sophia-Antipolis qui a installé son Campus Sophia Tech en plein cœur de la technopole en 2013. "Le développement économique est le lien social" poursuit Gérard Giraudon qui résume la philosophie du nouveau Club en "une nouvelle aventure façon start-up".

Logique, finalement, pour celui qui a été le président de l'incubateur Paca-Est pendant de nombreuses années. Pour bien faire les choses et "parce qu'il faut avoir les moyens de ses ambitions", un directeur exécutif, Etienne Delheye, ancien de ST Erickson, a été nommé. Côté collectivités territoriales, la Communauté d'Agglomération Sophia Antipolis assume désormais la gouvernance, intégrant le Symisa et l'Université entre autres.

Et parce qu'une bonne nouvelle n'arrive jamais seule, la Fondation Sophia-Antipolis, a validé ce 19 décembre, l'ouverture de son conseil d'administration aux entreprises. Sophia-Antipolis 2.0 est-elle en marche ?

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Commentaires 7
à écrit le 28/12/2014 à 13:53
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J'aurai du mal à aller bosser ailleurs car le cadre est fantastique. Je suis en moto, j'échappe aux problèmes de circulation. Il est vrai que Sophia Antipolis s'est développé visiblement sans aucune politique de circulation ou de transports en commun...

à écrit le 28/12/2014 à 10:37
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Huawei (chinois) arrive, ! allez voir leurs parcs technologiques et les accès ! que nos hommes politiques corrompus sortent un peu hors des banquets.organisés ...

à écrit le 27/12/2014 à 21:37
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se loger est la principale cause, les parisiens préfèrent Toulouse ou Bordeaux, ou l'immobilier est encore abordable.

à écrit le 27/12/2014 à 18:32
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Sophia Antipolis premier élément à retenir les bouchons pour rentrer ou sortir , deuxième le "petit" radar à l'entrée, troisième le manque de visibilité pour se situer dans les méandres de la zone. Reste un beau paysage mais tellement cher payé auta...

à écrit le 27/12/2014 à 18:31
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"Il manque des trous dans la raquette" Un Enarque ?

à écrit le 27/12/2014 à 6:19
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A Sophia le matin et d'en ressortir le soir... Une vraie calamite. Et ile parlent de grossir... L'infrastructure routiere et le manque de logements locaux sont 2 plaies evidentes. Le var se preterait mieux a la croissance que Sophia.

à écrit le 26/12/2014 à 18:01
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Sophia, "première technopole européenne" : hi, ho, ha ha !..

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