Green Impulse veut disrupter le marché de la protection des plantes et contribuer à faire évoluer le secteur agricole vers un modèle plus vert. Avec la mise au point d’une famille d’antifongiques d’origine naturelle au mode d’action original, l’entreprise propre une solution capable d’affaiblir les champignons pathogènes et les bactéries pour que les plantes puissent prendre le dessus naturellement. Une première mise sur le marché est attendue pour 2026 aux Etats-Unis, avant de venir en Europe.On appelle ça un « synergiste de biocontrôle ». Autrement dit, une préparation renforçant l'efficacité de la ou les substances actives présentes dans les produits de protection des plantes. Un marché où la biotech angevine Green Impulse, fondée en 2019, s'apprête à lancer une nouvelle famille d'antifongiques d'origine naturelle au mode d'action original pour limiter l'usage de pesticides et de fertilisants chimiques. « On ne va pas tuer les champignons pathogènes et bactéries qui affectent les cultures céréalières, la viticulture, l'arboriculture ou les productions légumières, on va les fragiliser. Il s'agit d'aider les plantes à mieux se défendre», explique Emmanuel Pajot, co-fondateur et directeur général de Green Impulse, après avoir passé vingt-trois ans chez les spécialistes Vegenov, Végépolys, Agrauxine... « J'ai acquis une certaine vision des besoins du marché où la chimie de synthèse est encore très répandue. Il y a vingt ans, les pratiques du biocontrôle représentaient 3% des usages. Aujourd'hui, les produits alternatifs couvrent 12% à 15% des besoins. L'ambition de l'Association Française des Entreprises de bio contrôle (IBMA France) est d'atteindre 30% du marché à l'horizon 2030 », mentionne l'expert du biocontrôle et de la protection des plantes.
Du chiffre d'affaires d'abord
« Un des problèmes du biocontrôle, c'est qu'il est souvent moins efficace que la chimie de synthèse. Mais, si celle-ci s'avère très efficace contre les champignons pathogènes, sa surutilisation, provoque, comme pour les antibiotiques, des résistances, et donc une moindre efficacité », rappelle Emmanuel Pajot. D'où l'idée de valoriser les travaux de recherche de laboratoires (FUNGISEM et SONAS) de l'Université d'Angers, spécialistes des champignons pathogènes des plantes et des substances naturelles, principalement d'origine végétale, en s'appuyant sur deux brevets. De là est née Green Impulse, avec l'intention de développer des molécules au mode d'action ARPI (Adaptative Response Pathways Inhibitors), c'est à dire une nouvelle famille d'antifongiques, moins polluants, à faible toxicité, les fameux synergistes. Comme souvent dans les biotech, le cheminement vers les autorisations de vente va s'apparenter à un marathon.