A défaut d'être la plus rentable, c'était la partie de l'iceberg la plus visible du groupe Lacroix. Celle que l'on croise aux abords des routes et des autoroutes pour trouver son chemin. Celle aussi, qui fût épinglée et condamnée par l'Autorité de la concurrence en 2010 dans le cadre de l'affaire dite du « Cartel des panneaux routiers ». Trois ans plus tôt, celle-ci dénonçait une entente déloyale sur la répartition des marchés publics et les prix de marché, organisée entre 1997 et 2006, impliquant huit concurrents (Lacroix Signalisation, Signaux Girod, Signaux Laporte, Aximum...). Sanctionné comme tous les protagonistes de cette affaire, le groupe Lacroix a été condamné à 7,7 millions d'euros d'amende. Les recours déposés par le groupe ont été rejetés par le Conseil d'Etat en 2020.
Activité traditionnelle, loin du monde des objets connectées et de l'environnement où gravite désormais le groupe Lacroix, la fabrication de panneaux de signalisation fait figure de caillou dans la chaussure. D'où la décision de vendre. « Ce n'est pas un projet financier mais un projet de recentrage pour le groupe et la Business Unit City. L'activité signalisation à une valeur que l'on va essayer de valoriser. Les candidats à l'acquisition devront avoir une surface financière suffisante pour acheter et continuer à investir dans un projet industriel et social permettant de poursuivre le développement de l'activité », mentionne Nicolas Bedouin, directeur général délégué et vice-président Finance de Lacroix qui justifie la cession de la branche « Signalisation », en raison de synergies techniques et commerciales trop limitées avec les autres activités et des résultats financiers déficitaires. Notamment en 2022, où le groupe, tributaire de marchés pluriannuels, n'aurait pas réussi à répercuter la hausse du coût des matières premières. Notamment de l'aluminium, dont le prix à la tonne est passé de 1.000 ou 2.000 dollars à 4.000 dollars.