À Arles, des arènes très politiques
Alexandre Duyck
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L’amphithéâtre romain du Ier siècle où se déroulent les corridas. Ici pendant la Feria de Pâques, en 2022.
© LTD / Jérôme Rey/LA PROVENCE/MAXPPP
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L’amphithéâtre romain du Ier siècle où se déroulent les corridas. Ici pendant la Feria de Pâques, en 2022.
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Elle trône dans le bureau du maire d'Arles, solidement accrochée à un mur. Une énorme tête de taureau, comme on en voit dans certains bars de la ville, au siège de clubs taurins ou, plus souvent encore, dans le sud de l'Espagne. « C'est le premier taureau qui entre dans l'hôtel de ville », proclame fièrement l'édile, Patrick de Carolis, élu en 2020 à la tête d'une liste centriste. L'ancien PDG de France Télévisions a demandé que ce trophée soit installé dans son bureau. « Il s'agit du premier que j'ai vu mourir dans les arènes en tant que maire, en septembre 2020. J'y tenais beaucoup. » D'un pelage noir et blanc, l'animal était un toro de Zalduendo, une des ganaderias (« élevages » en espagnol) les plus demandées par les grands matadors.

Patrick de Carolis, le 28 mars, dans son bureau de l'hôtel de ville, où il a fait accrocher une tête de taureau. (© LTD / JÉRÉMY SUYKER POUR LA TRIBUNE DIMANCHE)
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Arles ne compte que 50 000 habitants, mais la sous-préfecture des Bouches-du-Rhône est la plus grande commune de France. Une immense partie de la Camargue dépend de son territoire. Arles est aussi l'une des places fortes de la tauromachie et des arts taurins, que ce soient la corrida ou la course camarguaise. Ce week-end de Pâques s'y déroule la traditionnelle Feria, trois jours de festivités en ville et de corridas aux arènes, construites au Ier siècle par les Romains. Matin et après-midi, les plus grands toreros affrontent en tout 36 taureaux de combat, jusqu'à la mise à mort de ceux-ci. Une pratique toujours plus impopulaire : trois quarts des Français sont pour l'interdiction de la corrida. Mais ici, pas touche. Quand le député LFI Aymeric Caron s'est piqué en 2022 de vouloir légiférer sur la fin des corridas, son nom a été hué par les 13 000 personnes présentes dans les arènes.
Alexandre Duyck