"Sous les fraises", quand l'agriculture urbaine sème et veut essaimer

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Sous les fraises utilise une technologie unique, inventée par son fondateur: une membrane composée de laine de mouton et de chanvre, munie de poches où l'on ajoute du compost et où l'on installe les plantes. Ce tissu permet de conjuguer les avantages de la culture verticale hors sol avec ceux de la permaculture.
Sous les fraises utilise une technologie unique, inventée par son fondateur: une membrane composée de laine de mouton et de chanvre, munie de poches où l'on ajoute du compost et où l'on installe les plantes. Ce tissu permet de conjuguer les avantages de la culture verticale hors sol avec ceux de la permaculture. (Crédits : DR)
Pionnière en France, l'entreprise y a créée 14 fermes verticales depuis 2013. Elle vend désormais aussi des produits transformés, développe des systèmes de filtration des eaux usées et souhaite partager son modèle.

Des fraises évidemment, mais également des framboises, du cassis, des mûres, des baies de goji, des tomates, de la sauge, des fleurs comestibles... Depuis 2015, avec leur foisonnement de verdure, les 1.200 mètres carrés du toit des Galeries Lafayette détonnent dans le paysage minéral du 9e arrondissement de Paris. Ils sont l'oeuvre de "Sous les fraises", startup pionnière de l'agriculture urbaine, qui a conçu puis construit cette ferme dès 2013.

Créée par un ancien biologiste, Yohan Hubert, et avec Laure-Line ­Jacquier, l'entreprise se distingue d'ailleurs encore aujourd'hui de ses désormais nombreux concurrents. Elle utilise en effet une technologie unique, inventée par son fondateur: une membrane composée de laine de mouton et de chanvre, munie de poches où l'on ajoute du compost et où l'on installe les plantes. Ce tissu permet de conjuguer les avantages de la culture verticale hors sol avec ceux de la permaculture. Ainsi, sans dépasser le poids de 50 kilos par mètre carré, on évite l'utilisation d'engrais chimiques, en exploitant la capacité des plantes à enrichir progressivement leur substrat et à se nourrir réciproquement, explique Yohan Hubert.

15.000 mètres carrés de béton transformés en potagers

Quelques années après les premiers tests, les résultats semblent être largement au rendez-vous. "Les rendements sont ceux moyens des maraîchers bio", affirme le fondateur de la startup, laquelle compte 23 salariés. "Nous n'avons levé aucun fonds ni reçu aucune subvention, et nous vivons de ce que nous vendons", ajoute-t-il, sans pour autant souhaiter dévoiler le montant des recettes. Le modèle économique combine d'ailleurs à la vente des produits celle de services d'agriculture urbaine "clé en main" aux entreprises. Quant à la contribution positive à la biodiversité urbaine, elle est incarnée par un saule qui a poussé tout seul parmi les plantes, ainsi que par les visites régulières d'abeilles et autres insectes.

Sous les fraises

Les fermes réalisées dans toute la France par l'entreprise, sur 15.000 mètres carrés auparavant bétonnés, sont désormais 14, dans chacune desquelles poussent en moyenne entre 12.000 et 14.000 plantes. Celle située sur le toit du BHV à Paris "s'affirme comme le plus grand potager vertical établi sur un toit en Europe", souligne Sous les Fraises sur son site. 80 chefs font chaque semaine leurs emplettes de plantes rares -et secrètes- dans les potagers de l'entreprise, qui vend aussi une partie de ses produits frais dans des magasins éphémères.

Produits transformés et eaux grises

Forte de ces premiers succès, Sous les fraises expérimente donc de nouvelles déclinaisons de son projet, afin de "sortir l'agriculture urbaine de l'anecdotique". Elle se présente ainsi désormais comme la "première épicerie d'agriculture urbaine du monde", proposant des produits transformés "ultralocaux" contenant des ingrédients de ses jardins: gin, vodka, bière, bonbons, sauces, craquelins... Les recettes sont élaborées par des chefs partenaires, et les prix conformes à ceux des produits artisanaux sur le marché, assure Yohan Hubert.

Mais surtout, elle teste des modèles de fermes de plus en plus circulaires. La Farmhouse aquaponique d'Aubervilliers, par exemple, intègre l'élevage de poissons. Et dans deux projets pilotes qui devraient être inaugurés d'ici quelques mois à Paris -boulevard Haussmann et à Sully-Morland-, l'eau d'irrigation sera issue des eaux grises de l'immeuble, grâce à un bio-filtre breveté par la startup. Cette technologie, qui demande un investissement d'environ 250 euros le mètre carré, aurait suscité des manifestations d'intérêt jusqu'aux Emirats arabes unis, souligne Yohan Hubert.

Un appel à entrepreneurs

Face à la multiplication des lieux prêts à accueillir ses projets -parfois même gratuitement, comme aux Galeries Lafayette-, Yohan Hubert se lance donc dans l'incubation. "Nous recherchons de véritables entrepreneurs auxquels nous souhaitons transmettre notre expertise", explique-t-il. Sous les fraises s'engage notamment à créer avec eux une filiale partagée, et à les accompagner pendant quatre ans, avant de se retirer progressivement.

"Nous avons d'ores-et-déjà neuf nouvelles entreprises à installer avant le printemps dans toute la France", affirme l'ancien biologiste, selon qui le premier entrepreneurs incubé par Sous les fraises, à Lyon, "se paye déjà un salaire, quelques mois seulement après le début de l'activité".

Quel intérêt à renoncer ainsi à une partie des profits d'un projet qui a demandé des années de recherche et qui fonctionne?

"Si j'avais été dans une telle logique, j'aurais déjà bien pu vendre mes membranes, mes brevets, mon entreprise...", répond Yohan Hubert. "Mais le mien est un projet de société, visant à assurer une véritable résilience des villes par la création de nouveaux écosystèmes. Mon 'monopole', je veux donc le partager".

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Commentaires
a écrit le 01/11/2018 à 19:18 :
La France a trop de territoires agricoles,
n'arrive pas a exporter ses produits agro-alimentaires.
Quel est l'interet de subventionner, developper une agriculture urbaine ?
a écrit le 03/10/2018 à 4:47 :
ON ne voit pas très bien comment ces fruits et légumes ne pourraient ne pas être contaminés par les gaz de la ville de Paris, les cheminées, les voitures, le chauffage, la respiration le rejet de co2 de millions de gens, la concentration humaine, contaminent l'emplacement, les avions, les trains la pollutions font que ces fruits et légumes sont contaminés.
Réponse de le 11/10/2018 à 9:11 :
.. et rajoutons les produits utilisés par nos citadins: hormones médicamenteuses, insecticides, eau de javel, métaux divers (piles, ..), lessives, drogues, etc.. le nouveau "soleil vert". Mais soyons confiants, certains ont vu une abeille sur les fraisiers.. Chacun sait que la problématique avec les produits est la possibilité d'une concentration (dans la chaine alimentaire, mais aussi par des effets de recyclages,..) et là, on tient le pompom..
a écrit le 28/09/2018 à 11:59 :
Diversification ou alternative intéressante, mais probablement pas exploitable à l’échelle agro-industrielle. Quand à l’intérêt pour les abeilles, il a déjà été démontre par installation de ruches sur les toits parisiens, qu'elles survivent parfois mieux en environnement urbain que dans certaines régions agricoles.
La démonstration, c'est probablement cela qui fait l’intérêt du projet,qui consiste à cultiver hors contexte habituel. On pourrait presque en conclure que c'est par une forme d'absurdité, mais si le contexte habituel est aussi devenu déraisonnable en donnant dans la démesure ou l’excès (reportage "Big Food" de George Steinmetz), il faut bien envisager des alternatives, en attendant le retour sur terre.
L’idéal serait bien sûr de cultiver dans un environnement agricole traditionnel, ancestral. On commence à se rendre compte que l’agronomie se heurte aussi à des limites naturelles et nécessite de la régulation. Régulation de la production, régulation de l'usage d'artifices chimiques ou industriels, dans le but de la préservation de l'environnement, aussi des agriculteurs et des consommateurs.
a écrit le 27/09/2018 à 16:49 :
Des initiatives intéressantes (il ne peut y avoir un seul modèle pour nos productions agricoles). Mais soyons aussi réalistes: ces productions urbaines sont des productions hors-sol, que l'on baptise de noms de concepts à la mode (permaculture en tête que l'on nommait avant cette "invention" sous d'autres vocables -cultures associées notamment-). Les tenants de ces pratiques sont heureux de voir "revenir" les abeilles, qui trouveraient cependant de meilleurs environnements sur un simple sophora, et qui, si on se réfère à l'excellente production (record) de miel de 2018, ne sont pas si en danger que cela (ce qui est somme toute logique pour un animal domestique)..
a écrit le 27/09/2018 à 13:28 :
"Elle utilise en effet une technologie unique, inventée par son fondateur: une membrane composée de laine de mouton et de chanvre, munie de poches où l'on ajoute du compost et où l'on installe les plantes"

Attention quand même, voici un principe intelligent,écologique et économique trois mots auxquels sont allergiques nos crétinéolibéraux du coup ça peut capoter à n'importe quel moment du fait de leurs stupides réseaux.

Maintenant il est évident que c'est une formidable idée, le principe de la permaculture est en train de se répandre en force étant donné que tue au sein des médias de masse, des décideurs économiques et politiques parce que franchement efficace.

Par ailleurs quand on comprend le principe de la permaculture on comprend également pleinement à quel point on s'est fait mettre par l'agro-industrie et du coup à quel point il faut que ce secteur soit puissant et infiltré chez la plupart de nos politiciens pour nous avoir imposé le principe de tuer la terre pour y mettre des produits chimiques et générer l'empoisonnement généralisé.

Ah oui au fait les américains se sont débarrassés de MONSANTO et nos actionnaires milliardaires européens non seulement incapables d'en comprendre l'idée n'ont rien trouvé de mieux que d'endetter BAYER de 65 milliards d'euros pour acquérir cette fabrique de mort.

Ya des claques qui se perdent.

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