Bayer replonge en Bourse, le dicamba de Monsanto visé par des agriculteurs américains

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(Crédits : Brendan McDermid)
Après la condamnation le 10 août de Monsanto en Californie, et la chute en Bourse le lundi suivant, l'action du groupe allemand d'agrochimie cède à nouveau ce jeudi 16 août à Francfort quelque 5,73%, de loin la plus forte baisse de l'indice DAX. Cette rechute pourrait avoir pour origine un article de l'hebdomadaire allemand "WirtschaftsWoche" évoquant de nouvelles procédures judiciaires contre le groupe aux Etats-Unis.

Le laboratoire Bayer, qui a déboursé 63 milliards de dollars pour s'emparer de Monsanto, géant mondial de l'agrochimie notamment des produits à base de glyphosate comme le Roundup, avait décidé de faire disparaître la marque, espérant mettre fin au risque réputationnel.

Mais la justice a la mémoire longue et, vendredi 10 août, la première condamnation de Monsanto à verser 289 millions de dollars (254 millions d'euros à un jardinier atteint d'un cancer du système lymphatique après avoir utilisé du Roundup, un herbicide à base de glyphosate, avait fait chuter Bayer dès le lundi suivant de 10,3%.

Ce jeudi, rebelote, Bayer est en forte baisse jeudi matin en Bourse de Francfort, amplifiant le repli entamé lundi.

Plusieurs intervenants expliquent le nouveau repli du titre par la publication dans l'hebdomadaire WirtschaftsWoche d'un article évoquant de nouvelles procédures judiciaires visant le groupe aux Etats-Unis.

Une possible "class action" d'agriculteurs de l'Arkansas et du Dakota

L'action du groupe allemand d'agrochimie cède 5,73% à 76,16 euros vers 10h05 GMT, de loin la plus forte baisse de l'indice Dax, alors en hausse de 0,38%.

Au plus bas depuis mars 2013, elle porte à 18,3% son repli depuis le début de la semaine.

Selon WirtschaftsWoche, plusieurs exploitants agricoles dans l'Arkansas et le Dakota du Sud ont engagé une procédure de plainte en nom collectif ("class action") contre Monsanto, que Bayer vient de racheter, et contre le groupe allemand lui-même en arguant du fait que leurs récoltes ont souffert de l'épandage par certains de leurs voisins d'herbicides à base de dicamba.

Ce composé chimique est utilisé par des producteurs de soja et de coton utilisant des semences génétiquement modifiées par Monsanto pour y résister.

Certains Etats américains ont édicté des restrictions à l'usage du dicamba et plusieurs procédures judiciaires sont déjà en cours au sujet des dommages que l'herbicide aurait causé à des cultures l'an dernier.

(Avec Reuters)

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a écrit le 18/08/2018 à 20:27 :
C'est tout de même bizarre car lorsque Mosanto était Américaine aucun souci avec les tribunaux US mais depuis qu'elle est Allemande la justice US s'acharne mais c'est normal.
a écrit le 18/08/2018 à 10:47 :
On peut présumer qu'ils ont acheté en connaissance de cause, étant donné qu'ils sont aussi chimistes, mais qui sait ?
Sans vouloir tomber dans les thèses complotistes, ce ne serait pas la première fois qu'un groupe ou un pays européen se ferait piéger par des manipulations. Si c'est le cas, le problème est qu'à force de piéger ses amis on perd des alliés précieux. Et vice versa.
Mais ne présumons pas et attendons la suite.
a écrit le 17/08/2018 à 12:23 :
Ce dossier du Dicamba (herbicide traditionnellement utilisé sur les dicots, donc en maïs, le soja étant bien sûr sensible) est compliqué. La logique technique est de pouvoir apporter des réponses aux cas de tolérances de certaines mauvaises herbes qui pourraient développer des tolérances au glyphosate, mais restent évidemment sensibles à d'autres herbicides, mais surtout de gérer les problèmes de voisinage (les questions de drift - dérives) quand on utilise des herbicides très efficaces tolérance de type glyphosate sur les bordures. Ces questions ne sont évidemment pas nouvelles, mais l'apparition de variétés résistantes (OGM) à des classes d'herbicides alors que l'espèce cultivée était sensible complexifie les rapports entre les voisins. Autrement dit, il ne suffit plus de regarder ce qui a été semé par son voisin (maïs ou soja) pour comprendre ce qu'il va utiliser, ou ce qu'il faut utiliser sur sa propre culture, comme herbicide (les questions de rifts étant en dépit des meilleures volontés et pratiques incontournables sur quelques mètres - il suffit d'un petit coup de vent). Et pour mémoire pour ceux qui s'interrogent sur la toxicité du Dicamba, les herbicides traditionnels (sulfonylurées) utilisés sur soja na sont pas terribles sur les question de rémanence (impacts sur les culture maïs n+1), les Round-Up Ready en soja ayant réglé cette question).
Réponse de le 19/08/2018 à 9:15 :
que le texte du commentaire que je viens de lire n’a pas été conçu par Bayer
a écrit le 17/08/2018 à 9:58 :
Fait du hasard ? ils ont vendu juste à temps.
Une vraie leçon de cynisme, précédée ou suivie par de l’opportunisme.
Ce n'est plus le monde des affaires économiques, c'est devenu autre chose.
Au Bull et au Bear, faudra t'il rajouter le "vultur" ?
a écrit le 17/08/2018 à 9:08 :
Stupides actionnaires européens qui ont dépensé une fortune pour acquérir Monsanto alors que des centaines de procès le menaçaient aux états unis.

LE problème majeur de notre europe, repus à la compromission hommes d'affaires-politiciens qui fonctionne beaucoup moins bien aux états unis qui eux ne sont pas en déclin.

La Chine, les états unis et le Japon ont vraiment beaucoup de chance d'avoir un "concurrent" économique aussi incompétent. Notre profonde faiblesse fait leur force.

Vite un frexit.

"Le verdict du premier procès contre Monsanto est très attendu aux États-Unis" https://www.la-croix.com/Economie/Monde/Le-verdict-premier-proces-contre-Monsanto-tres-attendu-Etats-Unis-2018-08-09-1200960897
a écrit le 16/08/2018 à 14:24 :
exactement ce que je disais il y a une semaine!
maintenant que monsanto est allemand, les proces et les demandes d'indemnisations vont pleuvoir, avec l'aval de l'administration trump........
curieusement, avant il n'y avait aucun proces, et ca ne choque personne!
pas plus que les amendes qu'on prises les banques europeennes dans l'affaire des subprimes developpes par les banques yankees!
Réponse de le 17/08/2018 à 10:12 :
Je n'avais pas vu votre commentaire il y a une semaine mais effectivement vous avez parfaitement raison.
Le pire dans cette histoire c'est que cela donne un droit tacite à polluer tant qu'une entreprise exporte et est 100% américaine.
Quant aux agriculteurs US qui portent plainte, on peut se douter qu'ils ne vont pas se convertir à l'agriculture biologique ni opter pour des produits moins polluant.
Par ailleurs, on connait les usa, ils ne vont pas abandonner le glyphosate pour autant, il faut bien que les récoltes génèrent du fric ...

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