Les clichés du tir à l’arc dans le viseur d’un champion
Propos recueillis par Mickaël Caron
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Jean-Charles Valladont en 2023 aux championnats du monde de tir à l’arc à Berlin.
© LTD / Ina FASSBENDER / AFP
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Jean-Charles Valladont en 2023 aux championnats du monde de tir à l’arc à Berlin.
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À partir de jeudi, Jean-Charles Valladont, 35 ans, partira en quête d'une deuxième médaille olympique en tir à l'arc. En attendant, à l'Insep, au milieu de ses rivaux sud-coréens alors en stage dans le saint des saints du sport tricolore, il s'est amusé à commenter les clichés les plus tenaces sur sa discipline.
À 18 ans, je suis entré à l'Insep en même temps qu'un perchiste, un poloïste et une nageuse. J'étais considéré comme le moins sportif des quatre. J'ai dû me battre contre cette idée. Le jour où je leur ai proposé d'essayer mon arc, aucun n'a réussi à le bander correctement. Avec le perchiste, c'était la guéguerre : il s'entraînait deux heures par jour à tomber sur un tapis, alors que je tire jusqu'à 500 flèches lors d'une séance qui peut durer cinq heures. Le tic à l'arc a une dimension psychologique certaine, mais c'est aussi une grosse épreuve physique.
Quel enfant ne connaît pas le prince des voleurs, qui vole aux riches pour donner aux pauvres ? Kevin Costner [1991] ou Russell Crowe [2010] ont incarné le personnage au cinéma et nourri ma passion. En 2016, j'ai gagné les championnats d'Europe à Nottingham, la ville anglaise la plus proche de la forêt imaginaire de Sherwood.
Pour le clin d'œil, les organisateurs m'avaient choisi pour apparaître sur l'affiche officielle de la compétition.
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Louper la cible n'est pas monnaie courante. À l'Insep est installée une palissade de 6 mètres de haut derrière nos cibles pour se prémunir d'un accident. Je n'en ai jamais vu. Les rares incidents sont liés à des flèches qui cassent et peuvent blesser le bras de l'archer. Nous portons des protections corporelles. Aux Jeux, il n'y aura personne derrière les cibles ni à côté. Une flèche vole à 200 km/h, mais pas en ligne droite. Lors des 70 mètres de la distance olympique, elle monte à 4 mètres de hauteur avant de redescendre vers la cible. En tir tendu, une flèche parcourrait une centaine de mètres.
Propos recueillis par Mickaël Caron