Entouré d'une vingtaine de plaisanciers grecs munis de cornes de brume, le Belem a quitté Athènes hier matin. À son bord, conservée dans une lanterne, la flamme allumée à Olympie le 16 avril. Le voilier, splendeur de trois-mâts mis à l'eau en 1896, année de naissance des Jeux olympiques modernes, est attendu le 8 mai à Marseille. Un millier de bateaux les escorteront jusqu'au Vieux-Port, où le champion olympique de natation Florent Manaudou se saisira de la torche devant 150 000 spectateurs. Cette cérémonie marquera le point d'orgue de l'aventure d'une vie pour 16 jeunes venus de toutes les régions françaises, sélectionnés au mérite après des parcours parfois cabossés. Tous ont quitté le port du Pirée à bord du navire, pour escorter le feu sacré pendant douze jours de traversée de la Méditerranée.
Ces « éclaireurs » juvéniles, selon l'expression consacrée pour désigner les participants au relais de la flamme olympique, ont pris la lumière jusqu'aux dernières minutes, avant que le Belem n'appareille hier. Salués longuement par le président du comité d'organisation (Cojop), Tony Estanguet, qui a tenu la barre pour quitter le port, et la ministre des Sports, Amélie Oudéa-Castéra, ils sont réclamés pour des photos par de puissants sponsors et sollicités sur le pont par un photographe inattendu, seul capable de rivaliser en popularité avec eux : l'animateur franco-grec Nikos Aliagas, maître de la cérémonie de l'allumage de la flamme, il y a douze jours, et de celle du passage à la France, la veille.