Lyon Start Up fait sa rentrée
Maxime Hanssen
Maxime Hanssen
Sacs sur le dos ou en bandoulière, une poignée de personnes attendent de pénétrer dans l'établissement. C'est une rentrée des classes. Une rentrée particulière. Dans le Pôle Pixel de Villeurbanne, ce bâtiment à la façade multicolore, Lyon Start Up a donné rendez-vous, mercredi 10 septembre, aux 100 porteurs de projets sélectionnés (sur les 220 candidatures), pour sonner la cloche départ de cette aventure entrepreneuriale, et en dessiner le programme.
De septembre à mars avril 2015, cette structure accompagnera des idées innovantes via un programme de formation (EM Lyon, Mentors sessions...) « J'ai hâte de confronter notre idée à l'avis des professionnels », s'enthousiasme Adrien, dans un regard complice à son frère, tous deux cofondateurs de la startup Pretik, un réseau social qui permet le prêt d'objets entre particuliers.
Dans le studio 24 du Pôle, les confortables sièges rouges tranchent avec les bancs de la fac, que certains occupent encore (18 % des sélectionnés sont encore étudiants). L'amphi est bondé. Les startepeurs, cahiers de notes pour certains, smartphones pour d'autres, attendent les interventions des trois entrepreneurs invités, dont Jean-Frédéric Geolier, fondateur de 1001 repas et parrain de cette première promotion. Il s'agit pour eux de distiller des conseils via leurs expériences acquises, mais aussi, d'exprimer leur vision de l'entrepreneuriat, prenant garde de ne pas ériger leur prêche en parole d'apôtre. « Nous ne sommes pas des fabricants d'entrepreneurs, mais plutôt des passeurs à la création », nous confie en aparté Jean-Frédéric Geolier.
La personnalité de l'entrepreneur est au cœur des discours. « C'est quelqu'un de simple et de humble » qualifie Jean-Frédéric Geolier. Et surtout, le chef d'entreprise ne connait que très rarement le succès tout seul. « On se plante tout seul, mais on réussit à plusieurs », établit Nicolas Davy, fondateur d'Iperlink, dans l'une de ses « trois règles de l'entrepreneur pour une personne normale ». Fabrice Plasson, patron d'Améoba, renchérit : « L'entrepreneuriat est un monde d'entraide. L'humain, dans la réussite, est très important. Il faut savoir s'entourer de gens compétents et en qui on a confiance. C'est ce que j'appelle des collaborateurs-entrepreneurs. »
Le projet n'a pas besoin d'être hyper technologique. Il peut également partir d'une idée simple. « Il faut penser à révolutionner ce qui peut l'être. Parfois, c'est une idée très simple. Il faut voir le monde pas tel qu'il est, mais tel qu'on voudrait qu'il soit », explique M. Geolier, prenant à témoin son expérience personnelle, où il a révolutionné la restauration collective. En contrepoint, il faut noter que l'évolution technologique représente 1/3 des projets de la promotion.
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Micro à la main, occupant tour à tour la grande scène du Studio 24, les trois intervenants insistent sur la dimension de l'entrepreneur. « C'est un sentiment de liberté intense », souligne Nicolas Davy. « C'est être un homme libre, mais avec beaucoup de contraintes », relativise Jean-Frédéric Geolier. Avant de résumer. « En devenant entrepreneur, vous changez de monde ».
Mais pour changer de monde, la première des maximes est celle de croire en soi. « Vous êtes le seul au monde à croire dans votre idée. »

Ce précepte, Adrien Smajdor, 18 ans et benjamin de la promotion l'a déjà assimilé. Lors du cocktail post conférence, autour d'une des tables à hauteur, ce grand jeune homme aux yeux verts, veste de blazer ouverte, déroule son pitch. « Je veux créer un espace convivial permanent où les gens peuvent se rencontrer, selon un concept espagnol », explique-t-il, convaincu. À ses côtés, Xavier Noris porte le projet Laps Box, une caméra connectée qui permet la suivi de chantiers. À 38 ans, il n'est pas le plus âgé de la promo (celui-ci à plus de 60 ans). « Tu pourras être mon papa spirituel » lui lance hilare, Adrien Smajdor.
C'est que Xavier Noris à déjà une carrière derrière lui. Pendant 11 ans, il a été le patron de One Cut, une entreprise spécialisée dans l'audiovisuel. « Je n'avais plus envie d'être tout seul. La crise de 2012 m'a permis de ressortir d'un carton cette vieille idée », raconte celui qui vient d'obtenir le contrat du château de Versailles. Entre-deux rafraîchissement, les cartes de visite s'échangent, les connexions s'établissent. « Ça fait deux heures que certains discutent. C'est aussi ça Lyon Startup. Le simple fait de partager ses idées permet de les faire mûrir », analyse le PDG de 1001 repas.
Lyon Start Up, c'est aussi la variété des profils. 36 % des sélectionnés sont salariés. C'est le cas de Yann Chabot, 36 ans, architecte-paysage, qui veut lancer un site visant à offrir plus de visibilités aux consommateurs.
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Plus que d'autres concours ou incubateurs, Lyon Start Up focalise en priorité son intention sur l'idée, avant le business plan ou l'étude de marché. C'est LA particularité de ce programme, dont l'objectif final est cependant clair : « le but est de créer des emplois. Nous détectons dès maintenant les futurs ETI », explique Benoît Ducrest, chargé de projet Lyon Start Up. Avant de devenir ces futurs générateurs d'emplois, les candidats s'affronteront tout au long de l'année, en parallèle du programme, dans un contest de pitch, en 3 étapes éliminatoires. Les 60 rescapés recevront 500 euros, 1 000 euros + la labélisation Lyon Start Up et un mentor pour les 20 derniers et, pour les 3 gagnants, 5 000 euros ainsi que des prix partenaires et un business trip.
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