Cegid, pépite lyonnaise créée il y a 33 ans à Lyon par Jean-Michel Aulas, sera vendue dans les prochains mois à des capitaux américano-anglais. Pierre Blangero, vice-président de Clust'r Numérique et co-fondateur de Winsoft International, un éditeur isérois de logiciels basé à Montbonnot, réagit à cette annonce pour Acteurs de l'économie-La Tribune.Acteurs de l'économie-La Tribune : Que représente pour vous Cegid ?
Pierre Blangero:C'est aujourd'hui un grand acteur de l'édition de logiciels et des services associés. Il a résisté et acquis des parts d'un marché qui pendant longtemps a été le théâtre d'opérations de consolidation. J'espère que les principaux cadres de Cegid qui sont impliqués dans le cluster numérique continueront à s'engager en faveur de la communauté numérique régionale.
Comment réagissez-vous à l'annonce de la cession à venir de Cegid à un consortium composé d'un fonds américain et d'une société de capital investissement britannique ?
Cela fait toujours quelque chose surtout quand on est créateur d'une société de la voir partir dans les mains d'actionnaires étrangers. Cela signifie que les décisions à venir seront essentiellement financières sans forcément tenir compte des intérêts de la région.C'est donc un pouvoir de décision qui va échapper à la région. De ce point de vue, ce n'est pas une bonne nouvelle pour la filière locale. D'un autre côté, c'est peut-être l'occasion pour Cegid de se déployer à l'échelle internationale.Au bout d'un certain nombre d'années de développement il est normal que le passage à un autre stade se fasse sentir et que les propriétaires veuillent valoriser leur patrimoine. A un moment donné, Jean-Michel Aulas, qui est aussi le président de l'Olympique Lyonnais, ne pouvait plus continuer à mener de front deux passions.
Le fait que ce soit des fonds plutôt que des industriels, est-ce rassurant ou au contraire ?
Le but d'un investisseur est de voir l'entreprise croître. Et il va donc faire confiance au management en place pour l'opérationnel.