Au terme de la procédure de redressement judiciaire, le fabricant stéphanois d’armes est finalement repris par le distributeur ligérien Rivolier. Son offre a été préférée à celle du belge FN Browning.
Deux offres étaient en concurrence pour la reprise de l'armurier stéphanois Verney-Carron, placé en redressement judiciaire en février dernier : celle de la puissante manufacture d'armes belge FN Browning et ses quelques 930 millions d'euros de chiffre d'affaires, et celle du ligérien Rivolier (320 salariés, 150 millions d'euros de chiffre d'affaires), distributeur notamment d'armes et équipements pour les forces de l'ordre et l'armée française.
Le Tribunal de commerce a tranché ce mercredi après-midi : c'est l'offre de Rivolier qui a été retenue, et ce malgré les recommandations de plusieurs des acteurs du dossier à l'occasion de l'audience qui s'était tenue mercredi dernier.
Selon le délibéré, dont La Tribune a pu prendre connaissance, l'administrateur judiciaire avait mis en avant la sécurité financière apportée par FN Browning, même si « son choix du cœur » était stéphanois et donc celui de Rivolier. Les Belges avaient aussi obtenu le soutien du mandataire judiciaire, de l'actionnaire sortant (Cybergun), du représentant de l'AGS-CGEA (le régime de garantie des créances des salariés), et plus important encore de la représentante du Parquet.
La position de cette dernière était attendue des observateurs dans un contexte de réarmement de la France et d'économie de guerre. Toujours selon le délibéré, celle-ci avait souligné la solidité des deux offres, mais estimait la pérennité de l'entreprise mieux garantie par le projet FN Browning. Les représentants des salariés n'avaient, quant à eux, pas pris position estimant les deux offres très solides.
Malgré ces recommandations, le Tribunal de commerce a donc choisi une autre voie, celle de l'ETI française Rivolier. Sa décision s'appuie sur deux points principaux : la « très bonne connaissance de la société Verney-Carron, de ses produits, de ses compétences », par Rivolier et le fait que celui-ci soit français. « Le Tribunal tient à ce que le patrimoine, le savoir-faire, les marques et autres droits de propriété intellectuelle, (...) dans le secteur stratégique de la filière armurière soient conservés en France et plus particulièrement à Saint-Etienne ».
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